Pourquoi les Bulls sont mauvais (en ce moment)

Les Chicago Bulls traversent une mauvaise passe actuellement. La franchise souffre de l'absence de... Mike Dunleavy, devenu indispensable dans l'Illinois.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Pourquoi les Bulls sont mauvais (en ce moment)
Entre l’ascension fulgurante de Jimmy Butler, la renaissance spectaculaire de Pau Gasol et les envolées passagères de Derrick Rose, Mike Dunleavy passe presque inaperçu à Chicago. Joakim Noah est le seul joueur du cinq à marquer moins de points par match que le vétéran. Toujours parmi les titulaires, seul Rose dispose d’un temps de jeu moins conséquent. L’ailier de 34 ne semble pas indispensable et pourtant son équipe affiche un tout autre visage en son absence. Blessé à la cheville, il a manqué les sept dernières rencontres des Bulls. Bilan : 3 victoires dont un succès étriqué contre Boston et 4 défaites dont deux face aux modestes formations que sont Utah et Orlando. Les taureaux ne sont pas au mieux et l’absence de l’ancien troisième choix de draft (2002) pèse sur les hommes de Tom Thibodeau. Selon NBA.COM, les Bulls inscrivent 106,2 pts et en encaissent 102,1 sur 100 possessions avec Dunleavy sur le parquet. Ces deux statistiques classeraient la franchise parmi les 12 équipes les plus efficaces de la ligue des deux côtés du parquet. Sans lui, Chicago a pris du plomb dans l’aile. Ses coéquipiers tournent à 101,2 pts marqués et 104,4 encaissés sur 100 possessions au cours des sept derniers matches disputés sans leur habituel titulaire à l’aile.

Une efficacité offensive en baisse sans Mike Dunleavy

[caption id="attachment_174209" align="alignleft" width="300"] Les Bulls ont perdu 4 de leurs 7 derniers matches disputés sans Mike Dunleavy.[/caption] Les Bulls sont nettement moins efficaces en attaque sans Mike Dunleavy. Sa capacité à créer des espaces pour ses coéquipiers est essentielle au bon fonctionnement de l’équipe.
« Il leur ouvre le jeu. Il joue intelligemment, il a des fondamentaux. C’est un peu le Kyle Korver des Bulls », explique John Wall. « Ils ont une identité différente sans lui. »
On pourrait penser que Mike Dunleavy profite de la présence de Pau Gasol ou Derrick Rose pour obtenir des paniers faciles. En réalité, on oublie à quel point son simple positionnement sur le parquet – derrière la ligne à trois-points – facilite le jeu et optimise le rendement des stars de Chicago. Prenons l’exemple de Jimmy Butler. Révélation de la saison du côté de l’Illinois, il cumulait 21,9 pts à 48% aux tirs avant la blessure de Dunleavy. Depuis ses statistiques sont descendues à 14,5 pts à 32% de réussite.
[superquote pos="d"]"Il est un peu le Kyle Korver des Bulls." John Wall au sujet de Mike Dunleavy[/superquote]« Mike Dunleavy écarte très bien le jeu. Lorsqu’il est placé dans le corner à l’opposé de l’action, vous savez que vous ne pouvez pas aller aider sur le porteur de balle. Vous ne pouvez pas le quitter. Vous gardez toujours un œil sur lui », poursuit John Wall.
Mike Dunleavy convertit 41% de ses tentatives derrière l’arc. C’est un danger permanent de loin et les défenses adverses ne peuvent se permettre de le laisser seul trop souvent, sous peine de prendre l’eau sous un déluge de tirs extérieurs. Sa présence sur le parquet offre des espaces à Derrick Rose et Jimmy Butler, deux « slasheurs ». Comme l’expliquait le meneur des Washington Wizards, les défenseurs adverses vont réfléchir à deux fois avant de laisser Dunleavy libre de tout marquage pour venir aider sur Butler ou Rose. Aucun autre joueur de Chicago ne peut assumer ce rôle. Le vétéran n’est pas le meilleur élément de l’effectif mais il est difficilement remplaçable. Thibodeau a essayé de jouer avec deux meneurs en décalant Butler à l’aile et en intronisant Kirk Hinrich dans le cinq. Ce fut un échec. Il essaye désormais de relancer Tony Snell mais le sophomore ne suscite pas la même crainte auprès des défenses adverses et son QI basket, son sens de la passe et du démarquage sont à des années lumières de ceux de Dunleavy. Nikola Mirotic est un rookie prometteur et talentueux mais il peine à trouver ses repères à l’aile et il est nettement plus intéressant dans un rôle d’intérieur hybride. Seul le rookie Doug McDermott pourrait contribuer à résoudre en partie les problèmes de spacing rencontrés actuellement par les Bulls mais il est blessé.

Des (nouvelles) lacunes en défense

[caption id="attachment_134323" align="alignleft" width="300"] Joakim Noah n'a pas son rendement habituel des deux côtés du parquet.[/caption] La défense de Chicago n’est plus aussi imperméable que par le passé, notamment en ce moment. Si Mike Dunleavy est souvent synonyme de shoot extérieur, on oublie parfois que c’est aussi un vétéran dur au mal, parfois vicieux, et un défenseur sous-coté. Son absence déséquilibre son équipe des deux côtés du parquet, d’autant plus que Thibodeau se retrouve parfois contraint d’aligner de plus en plus deux meneurs ensembles (Aaron Brooks et Rose par exemple) afin d’espacer le jeu en attaque. Cet ajustement se fait au dépend de la défense. L’ancien MVP manque parfois de concentration (ou de jambes) et Brooks est un peu petit pour défendre sur un meneur scoreur même s’il a démontré des sérieux progrès au contact du staff des Bulls. [superquote pos="d"]L'association Noah-Gasol déçoit [/superquote]L’association entre Joakim Noah et Pau Gasol a elle aussi montré des limites jusqu’à présent. Les Bulls n’inscrivent en moyenne « qu’un » petit point de plus que leurs adversaires sur 100 possessions avec les deux intérieurs All-Stars sur le parquet. On pouvait s’attendre à ce que cette raquette domine la ligue mais ce n’est pourtant pas le cas, du moins pas pour l’instant. L’Espagnol n’est pas un défenseur d’élite et « Jooks » semble encore gêné par son genou (il a été opéré cet été) ce qui explique peut-être en partie ses prestations décevantes. Nous ne sommes qu’à la mi-saison et les Bulls ont encore du temps pour peaufiner leurs systèmes. Chicago occupe la quatrième place à l’Est (26 victoires, 14 défaites). Il y a clairement du positif à retenir. La franchise montera sans doute en puissance d’ici les playoffs et le retour de Mike Dunleavy devrait permettre aux hommes de Tom Thibodeau de relancer la machine. Mais il est toujours important de noter ces petits détails susceptibles de faire la différence en avril prochain.
Afficher les commentaires (10)
Atlantic
Central
Southeast
Pacific
Southwest
Northwest