Cinq ajustements pour que les Cavaliers évitent le sweep

Cinq ajustements pour que les Cavaliers évitent le sweep

Nettement battus lors du Game 1, les champions en titre doivent se ressaisir sur plusieurs aspects du jeu. Sous peine de prendre une correction.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse

Une défense digne d'un champion en titre

A ce stade de l’année, les Cleveland Cavaliers sont qui ils sont : une équipe menée par l’un des meilleurs joueurs de l’histoire à la force de frappe offensive impressionnante et à la défense… irrégulière. Ce n’est pas comme si le problème était tout nouveau. Il est connu. Et les membres de la franchise de l’Ohio n’ont même pas cité leurs errements défensifs comme la principale explication de leur large défaite dans le Game 1. Ils n’ont pas besoin d’en parler, ils sont conscients de leurs lacunes depuis déjà un bon moment. La NBA a beau avoir fortement évolué, avec de plus en plus de tirs extérieurs et de jeu rapide, les titres se gagnent encore en défense. Les Cavaliers doivent  afficher un visage digne d’un champion. Ils doivent s’appliquer sur chaque action. Jeudi soir, la différence était frappante : les joueurs de Golden State ne laissaient aucun panier facile à leurs adversaires, contraints de batailler pour leurs points, alors que ceux de Cleveland ont lâché plusieurs possessions. La faute à un manque de concentration, parfois. Une absence de communication, souvent. Le niveau d’effort général n’était pas bon et il a d’ailleurs été souligné par LeBron James. Son équipe est souvent exposée sur les picks-and-roll. Les rotations sont trop lentes ou trop hasardeuses. Voire les deux. Ils ont encaissé 56 points dans la peinture, dont sept dunks en première période. Et encore, les Warriors ont manqué une dizaine de layups. Impossible pour les Cavaliers de gagner dans ces conditions. C'est presque psychologique. Ils ne doivent plus se relâcher une seule fois d'ici la fin de la série. Ils leur faut mieux protéger le cercle et verrouiller leurs vis-à-vis pour éviter les rebonds offensifs (11 en première mi-temps pour Oakland). Rien de sorcier, juste une détermination à le faire encore et encore sur chaque possession en espérant que cela fasse la différence.

Plus de précision dans l'exécution

20 ballons perdus, c’est beaucoup, beaucoup trop. L’excellente défense des Warriors a bien gêné les Cleveland Cavaliers. Mais de la même façon qu’ils doivent être plus réactifs en défense, ils ont aussi intérêt à se montrer plus concentrés en attaque. Plus appliqués. Les bonnes coupes, les bonnes passes, dans le bon timing. LeBron James a par exemple concédé huit pertes de balle. Là encore, c’est beaucoup trop pour un joueur de son calibre. Mais c’est rare que le King ait autant de déchets. De la même façon, les Cavs ont rarement perdu autant de ballons. Il y a donc de fortes chances qu’ils fassent nettement mieux dans se secteur lors du Game 2.

Plus de mouvement chez les Cleveland Cavaliers

La question, c’est comment arriver à une meilleure exécution ? Il ne s’agit pas de simplement se dire dans sa tête « je vais faire une bonne passe ». Il y a des situations à créer pour justement faciliter la tâche des créateurs. Et ça, c’est un ajustement à la portée des Cavaliers. Et il est très important. Il faut plus de mouvement. Avec ballon et surtout sans ballon ! Ce n’est pas un hasard si Cleveland a terminé le Game 1 avec juste quinze petites passes décisives pour 20 balles perdues. Un ratio bien dégueulasse. Il est plus facile de défendre sur des plots. Et des plots, les Cleveland Cavaliers en ont un paquet. Que J.R. Smith, Richard Jefferson, Kyle Korver et compagnie soient considérés comme des shooteurs, c’est une chose. Ils ont pour mission de se coincer derrière l’arc et de dégainer dès réceptionner de la balle. Tout ça, OK. Mais rien ne les empêcher de… bouger ??? Il n’y avait aucun mouvement ! D’où les ballons perdus sur des drives-and-kick, avec la défense des Warriors presque en zone pour recouvrir facilement sur des snipers immobiles. Avec deux ou trois petits pas, un shooteur peut créer un décalage et ouvrir un nouvel angle de passe, plus facile, à Kyrie Irving ou LeBron James sur leurs pénétrations. Moins de tirs forcés, moins de pertes de balles… et donc moins de paniers encaissés en contre-attaque. Les Warriors sont dévastateurs en transition. Ils se sont régalés dans le Game 1. En bougeant un peu plus, les Cavaliers impliqueraient mieux leurs joueurs de complément et pourraient régler en partie leurs soucis des deux côtés du parquet.

Un meilleur coaching de Tyronn Lue

Il est vrai que le tacticien des Cleveland Cavaliers peut d’abord composer avec l’effectif à sa disposition. Les champions en titre ont un groupe très talentueux, l’un des plus forts de la ligue. Mais ils n’ont que deux joueurs capables de faire la différence balle en main (LeBron et Kyrie) et ils manquent d’un protecteur du cercle (Andrew Bogut s’est blessé juste après les avoir rejoint en février). Mais Tyronn Lue peut tout de même éviter certaines configurations. Le coach veut défendre en attaquant. Mais associer Kyle Korver, Richard Jefferson et Kevin Love sur de trop longues séquences, c’est tout de même l’assurance de prendre l’eau en défense. Ne plus filer la moindre minute à Deron Williams, ou au sosie en surpoids de Deron Williams, est une autre idée. Il y a en tout cas des choses à tenter comme utiliser un peu plus Tristan Thompson ou donner du temps de jeu à Channing Frye, resté sur le banc tout le match.

Ralentir le rythme

Les Cleveland Cavaliers ne sont pas mauvais quand le tempo est rapide. Mais personne ne peut battre ces Warriors-là, ceux avec Kevin Durant, en faisant ça. Ils sont juste trop dominants. Ils ne peuvent plus vraiment être battus à leur propre jeu. Il faut trouver une autre stratégie. Essayer au maximum de briser le rythme de Golden State est une idée. Kevin Love évoquait notamment l’importance de jouer plus physique. Perturber les Warriors, les chambouler. Les « bumper » que chaque coupe. Essayer de jouer un match dans les 90 points plutôt que dans les 110. Se rapprocher du basket des 90’s. Les Californiens brillent en transition et ils ont des joueurs capables de faire la différence seul balle en main. Mais ils ne sont pas aussi forts que les Cavaliers sur demi-terrain. L’isolation est même l’une des composantes importantes des systèmes offensifs de Cleveland. LeBron James a absolument TOUS les duels avantageux dans cette configuration. Il est plus costaud. Ou plus rapide. Ou les deux. Kyrie Irving peut lui aussi marquer face à n’importe quel défenseur. Les deux hommes pourraient d’ailleurs exploiter un peu plus leur combinaison sur pick-and-roll. Les deux stars ont développé une alchimie meurtrière sur cette action mais ils ne l’ont presque pas utilisé dans le Game 1. La faute à du jeu trop rapide, finalement assez peu posé. Nous ne serions pas surpris si le rythme était nettement plus lent lors des matches à venir, notamment quand la série prendra la direction de l’Ohio.
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