Les Cleveland Cavaliers, une dynastie assurée à l’Est ?

Dominateurs à l'Est cette saison, les Cleveland Cavaliers ont l'opportunité de disputer plusieurs finales de suite tant leur Conférence est ouverte.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Les Cleveland Cavaliers, une dynastie assurée à l’Est ?
Le basket-ball est un sport d'équipe qui se joue à cinq et, à la fin, c'est celle de LeBron James qui gagne (enfin, trois fois sur sept). Avec seulement dix acteurs sur un parquet, il arrive parfois, voire même souvent, que le plus brillant d'entre fasse pencher la balance en faveur des siens même quand sa formation n'est pas particulièrement la plus talentueuse. Une règle déjà maintes fois vérifiée en playoffs. Les Cleveland Cavaliers n'étaient pas nécessairement plus forts que les Golden State Warriors - ce qui pousse Klay Thompson à penser que son équipe est toujours la meilleure du monde - mais ils ont été guidés vers la délivrance par un homme tout simplement bien plus fort que tous les autres. Les Cavaliers vont pouvoir compter sur un James stratosphérique pendant encore quelques années, n'en déplaise à Stephen A. Smith - un animateur narcissique à la langue bien pendue - et Adrian Wojnarowski, pape du scoop mais en froid avec l'entourage du King depuis plusieurs années. Les fantasmeurs peuvent toujours rêver d'un nouveau départ de LeBron, il semble indiquer que l'enfant de l'Ohio jouera encore quelques saisons "at home". Le natif d'Akron va fêter ses 32 ans en décembre prochain et, si son shoot extérieur ne connait pas un déclin trop rapide, il devrait évoluer au meilleur niveau pendant au moins quatre à cinq saisons. De quoi assurer à Cleveland la possibilité de conquérir de nouvelles bagues. La cité a attendu plus d'un demi-siècle avant de fêter à nouveau un sacre dans l'une des grandes ligues majeures d'Amérique du Nord mais elle peut maintenant jubiler. Les Cavaliers ont le profil réaliser le "back-to-back" l'an prochain... et plus encore.

Un effectif de qualité pour encore plusieurs saisons

[caption id="attachment_329155" align="alignleft" width="318"] Tant que LeBron James sera au sommet, les Cavaliers seront candidats au titre.[/caption] Car LeBron James n'est pas (plus) tout seul. Avec un Kyrie Irving de 24 ans à ses côtés, il peut compter sur le soutien d'un meneur déjà All-Star et étincelant lors des NBA Finals. Le premier choix de la draft 2011 n'a pas attendu cette saison pour s'affirmer comme l'un des quinze meilleurs joueurs de la ligue mais il a gagné le respect en claquant 41 points dans le Game 5 avant de crucifier les Warriors d'un tir décisif dans le Game 7. Irving est jeune et il commence tout juste à apprendre - justement par le biais de James et des autres vétérans des Cavaliers - les ficelles du métier. Le vrai métier. Le jeu des playoffs, de la gagne. Le talent, il l'a depuis longtemps. C'est désormais le leadership et les "winning plays" dans les matches à enjeux que le meneur des Cavaliers intègre depuis le retour du King. Peut-être même que les deux superstars échangeront leur rôle dans un futur pas si lointain, lorsque James sera un peu moins tranchant et Irving au sommet de son art. Avec Tristan Thompson, ils ont trouvé un troisième larron pour former un trio atypique mais efficace. Le Canadien n'est pas une star mais lui aussi est jeune (25 ans) et ses qualités se marient bien avec celles de James et Irving, deux machines à créer des paniers sur pick&roll. Kevin Love arrive dans la force de l'âge - 27 ans - et il n'a jamais perdu la moindre série de playoffs jusqu'à présent. Les lacunes de l'ex-All-Star ont été exposées en pleine lumière lors des dernières finales NBA mais Love avait assuré sa part du travail lors des oppositions à l'Est et il a même été solide dans le Game 7 avec notamment une défense décisive sur Stephen Curry en fin de match.  Il n'est pas garanti pour autant qu'il reste dans l'Ohio, même après le titre. Ni David Blatt ni Tyronn Lue n'ont vraiment réussi à exploiter au mieux son talent offensif ni même à masquer ses failles défensives. Peut-être que le staff finira par trouver une solution. Ou peu-être que Love sera envoyé sous d'autres cieux, échangé pour un ou plusieurs joueurs dont le profil correspond mieux aux besoins des Cavaliers. Mais avec l'explosion du Cap à venir et les bases solides déjà en place, Cleveland a largement les moyens de s'affirmer comme une place forte de la NBA pendant quatre ou cinq saisons de suite. Il en faudra évidemment plus pour remporter des titres. Les Golden State Warriors, les San Antonio Spurs et le Oklahoma City reviendront peut-être encore plus forts l'an prochain. Les Los Angeles Clippers sont toujours à surveiller de près. Un point commun entre ses quatre équipes ? Elles évoluent toutes au sein de la Conférence Ouest. Les Cavaliers ne les rencontreront jamais avant les finales NBA.

Qui pour rivaliser avec les Cleveland Cavaliers à l'Est ?

Car c'est bien au sein de leur propre Conférence, une partie du pays annexée par LeBron James depuis presque dix ans, que les Cavaliers ont l'opportunité d'asseoir leur domination. Les équipes de l'Est ont progressé dans leur globalité la saison dernière. Mais, hormis Cleveland, aucune d'entre elles ne faisait réellement figure de favori au titre. Les Toronto Raptors ont réussi un très bel exercice, le meilleur de l'histoire de la franchise, mais ils ont eux aussi montré des vraies limites en playoffs. Il sera difficile pour Masai Ujiri d'effectuer les ajustements susceptibles d'amener les Raptors au niveau de Cleveland. Les prolongations de DeMar DeRozan et Bismack Biyombo vont coûter chères aux Canadiens, même après hausse du Cap. L'équipe a une marge de progression, certes, mais grimper les trois ou quatre rangs - pour ne pas dire plus - qui séparent les Raptors du niveau affiché par les Cavaliers en finales NBA. DeRozan et Lowry ont tous les deux brillé par intermittence en playoffs (ils ont aussi beaucoup galéré) et aucun des deux n'a la capacité de James à se sublimer sur l'intégralité d'une série au mois de mai, encore moins en juin après une centaine de matches dans les jambes. Les Atlanta Hawks se sont qualifiés pour les playoffs lors des neuf dernières saisons mais ils n'ont joué les finales de Conférence qu'à une seule reprise - et ils ont été sweepés par les Cleveland Cavaliers. La franchise est susceptible de remanier ses troupes cet été. Jeff Teague est poussé vers la sortie par Dennis Schroder. Al Horford est free agent. Kyle Korver est vieillissant. Cette équipe a du talent mais il lui manque plusieurs pièces avant de réellement inquiéter des Cavaliers au complet. Ces pièces, les Chicago Bulls étaient les plus à mêmes de les compter dans leur effectif mais la mésentente - ou l'absence de vraie alchimie - entre Jimmy Butler et Derrick Rose, les pépins physiques du MVP, les choix débiles des dirigeants et la situation contractuelle de plusieurs cadres de l'effectif devraient pousser la franchise de l'Illinois à elle aussi effectuer un lifting cet été. Le Miami Heat a du potentiel mais il manque au moins une star de plus pour que les Floridiens soient en mesure de se frotter aux troupes de leur ancien général LeBron James. Les Washington Wizards et les Boston Celtics ont tous des arguments mais, sans une signature de Kevin Durant cet été, ils ne seront pas favoris les finales NBA l'an prochain. D'ailleurs, l'arrivée de "KD" à l'Est est peut-être la seule donnée susceptible de bouleverser un peu une Conférence dont le scénario semble déjà inscrit dans le marbre pour les prochaines saisons. Et encore, si jamais Durant venait à quitter le Thunder pour une équipe de l'Est, encore faudrait-il au moins une ou deux saisons avant que l'alchimie - un facteur ô combien important pour arriver jusqu'au titre NBA - se crée. Pour l'instant, LeBron James n'a pas d'égal au sein de sa Conférence et c'est aussi l'une des raisons qui explique les six finales consécutives disputées par le King. Le Miami Heat en a profité pendant quatre ans et c'est maintenant aux Cleveland Cavaliers de défendre leur trône.  
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