Ce que l’on a retenu de France-Australie

Voici les quatre points qui nous ont marqués hier soir à l'occasion de France-Australie.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Ce que l’on a retenu de France-Australie
Que retenir des matches de préparation ? C’est la question que l’on peut se poser après les deux défaites consécutives de l’équipe de France, d’abord face à l’Ukraine puis contre l’Australie hier soir. Les Bleus quittent Antibes avec une victoire et deux revers dans la sacoche. Boris Diaw et ses coéquipiers sont encore en rodage et il est évident qu’il est encore un peu tôt pour tirer des enseignements définitifs sur ce groupe amputé de Tony Parker, Kevin Seraphin, Joakim Noah, Alexis Ajinça et désormais Nando de Colo. Mais la Coupe du Monde en Espagne approche à grands pas (premier match le 30 août) et la rencontre amicale d’hier soir s’est jouée sur un rythme proche de celui d’un match du premier tour d’une compétition international. Alors que retenir ? Le résultat ou la manière ? Nous avons eu quelques indices sur la façon dont l’équipe de France peut gagner un match… mais aussi le perdre. Voici donc les différents faits qui nous ont marqués hier soir.

Nicolas Batum, taille patron

« Merci Hervé Dubuisson pour tes conseils et merci de m’avoir passé ton shoot. » Après la rencontre, Nicolas Batum a rendu hommage à l’ancien international français, encore considéré aujourd’hui comme la plus grande gâchette de l’histoire du basket tricolore. L’homme de tous les records s’est entretenu avec l’ailier de l’équipe de France avant la rencontre face à l’Australie et cette discussion a porté ses fruits. Dès le début du match, « Batman » a planté un panier primé après un stepback suivi d’un autre tir lointain, d’un dunk en contre-attaque et d’un alley-oop parfaitement négocié avec Antoine Diot. Les premières actions étaient annonciatrices d’un grand match pour le nouveau leader désigné des champions d’Europe en titre. Comme on pouvait s’y attendre, Batum s’est imposé naturellement comme la première option offensive du groupe en l’absence de Tony Parker. Même si Vincent Collet rappelle à juste titre « qu’il doit faire du Batum et qu’on ne peut pas lui demander de jouer comme Tony », on constate tout de même que les Bleus ont cherché le joueur des Blazers – ou à défaut Boris Diaw – à chaque fois qu’ils étaient à la recherche d’un panier important pour reprendre le contrôle de la rencontre ou casser l’euphorie australienne. Nic’ a ainsi bénéficié de plusieurs isolations. En réussite, il a délivré l’une de ses plus belles prestations sous le maillot de l’équipe de France avec 25 points, 24 d’évaluation mais aussi 6 rebonds et 5 paniers à trois-points. S’il est facile de retenir sa performance offensive, on a apprécié l’attitude générale de Batum, impliqué des deux côtés du parquet, lui qui dit vouloir « impacter le jeu même sans marquer. » C’est d’ailleurs lorsque l’ancien Manceau s’est reposé dans le quatrième QT que les Australiens sont repassés devant. Malgré un nouveau tir décisif à trois-points, son retour en jeu n’aura pas suffi à inverser la tendance mais Nicolas Batum a fait le boulot hier soir.

Un manque de rigueur…

C’est d’ailleurs dommage de « gâcher » une belle performance avec cette défaite mais les Bleus sont trop souvent retombés dans leurs travers pour espérer l’emporter. Encore à la recherche d’automatismes, ils ont perdu des ballons (20 TO au total) précieux qui ont menés aux contre-attaques et aux paniers faciles des Australiens. Même si les adversaires du soir n’ont pas démérité en défense en fin de rencontre, ces pertes de balles sont plus l’œuvre de la maladresse et du manque d’application des joueurs de Vincent Collet que du pressing défensif australien. Et c’est à priori plutôt une bonne nouvelle. En effet, avec une concentration accrue et « plus de lucidité », dixit Nicolas Batum, les Français devraient corriger le tir. Ils doivent gagner en constance afin d’éviter les passages à vide. La France a ainsi dominé dans le premier et le troisième QT avant de perdre pied dans le second et le dernier. On attend des champions d’Europe qu’ils disputent un match plein. Au plus haut niveau, chaque possession compte. Mais ça, les cadres du groupe en sont bien conscients et Mickael Gelabale, Boris Diaw, Florent Piétrus et consort répondront présents dès le début de la compétition. Il est tout de même préférable de gommer le plus tôt possible ces sauts de concentration et de gagner en constance. Pourquoi pas dès le prochain match face à un adversaire nettement plus faible – et donc plus propice aux pertes de motivation – à savoir la Finlande ? … mais de belles séquences ! « Du mieux à tous les niveaux. » Tel est le message passé par le capitaine Boris Diaw, et repris par la majorité des joueurs, après la défaite contre l’Australie. Si l’on a souligné les passages à vide, il ne faut pas oublier pour autant que la France a connu de très belles périodes, notamment en début de match et dans les cinq dernières minutes du troisième QT. Alors, oui, on en demande encore. Mais la défense coriace dans le troisième quart et les séquences offensives intéressantes nous ont séduits. Vincent Collet avait déjà prévenu que son équipe serait moins forte en pick&roll en l’absence de Tony Parker – et c’est on ne peut plus logique. Antoine Diot et Thomas Heurtel sont de très bons gestionnaires mais ils n’ont pas cette faculté à scorer sur pick&roll à la manière du meneur des San Antonio Spurs. Le sélectionneur a donc axé son attaque sur ce qu’il appelle « le jeu de démarquage ». Si la France n’a pas encore la maitrise totale de son sujet sur les phases offensives, elle est en nette progression. Plusieurs systèmes débutent avec un démarquage des ailiers venus prendre un écran en bas avant de remonter. La balle circule bien, les grands posent des écrans et jouent le main-à-main avec les extérieurs et on a même vu plusieurs extra-pass qui ont menés à des tirs ouverts à trois-points dans le corner. Les Bleus ont repris plusieurs systèmes des San Antonio Spurs – une franchise dont le jeu se rapproche justement de celui d’une grande équipe européenne – et on espère que ces progrès seront confirmés tout au long de la préparation et de la compétition.

Dante Exum encore un peu tendre

Même si on a beaucoup parlé de l’équipe de France, on a apprécié la prestation des Australiens. On a notamment suivi avec attention chaque passage de Dante Exum sur le terrain. Le cinquième choix de la dernière draft n’a pas noirci la feuille de statistiques – ou du moins pas de manière positive – et il a terminé avec 2 points à 1/8 aux tirs, 2 passes décisives et -2 d’évaluation. Mais le gamin de 19 ans a démontré quelques flashes de son potentiel. Si George Eddy estime que le jeune homme pur produit de la formation australienne (il jouait pour l’INSEP local la saison dernière) passera une majeure partie de la prochaine saison en D-League, nous ne sommes pas du même avis. Certes Exum ne s’est pas mis en valeur hier soir mais il avait été plutôt bon en sortie de banc lors des deux premières victoires de l’Australie face à l’Ukraine et les Philippines. Surtout, le Jazz est une franchise en reconstruction et le jeune joueur prometteur va pouvoir apprendre les ficelles du métier sans pression. Présenté comme un meneur dans un corps d’arrière, le rookie de Salt Lake City est un combo-guard. Son profil rappelle un peu celui de Penny Hardaway. Dante Exum a le potentiel pour s’imposer comme un « slasher » de talent en NBA. Son premier pas est très rapide et il est à l’aise balle en main. Il peine encore à finir près du cercle – la plupart de ses doubles-pas ont rebondi sur l’arceau ou ont été contrés par Rudy Gobert – en raison de son manque de muscles. Son approche est encore trop prévisible mais une fois qu’il aura pris du poids – les rookies gagnent tous en gabarit une fois en NBA – et de la bouteille, le jeune prodige australien sera nettement plus dur à arrêter. En revanche, son tir est en chantier et Dante Exum devra travailler cet aspect essentiel du jeu s’il espère devenir une star en NBA.

Aaron Baynes et Matthew Dellavedova ont du talent plein les mains !

S’ils ne seront sans doute jamais des stars, les deux autres australiens évoluant dans la grande ligue ont fait forte impression hier soir. Matthew Dellavedova n’a pas été étincelant mais il a parfaitement joué son rôle de meneur distributeur capable d’apporter de l’énergie et un brin de folie. Il a terminé la rencontre avec 10 points et 5 passes. Le meneur remplaçant des Cleveland Cavaliers, nouveau back-up attitré de Kyrie Irving depuis le départ de Jarrett Jack, pourrait surprendre du monde la saison prochaine. On espère qu’Aaron Baynes aura un peu plus de temps de jeu du côté de San Antonio car le géant australien a clairement du basket dans ses gênes. Véritable monstre à l’intérieur, il a dominé les pivots français tout au long de la partie. Le chauffeur des bancs des Spurs a ainsi compilé 21 points et 9 rebonds ainsi qu’un titre honorifique de meilleur joueur du match. Les stats de France-Australie
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