France-Pologne, comment les Bleus peuvent atteindre la finale

France-Pologne, comment les Bleus peuvent atteindre la finale

L'équipe de France n'est qu'à une marche de la finale de l'Eurobasket 2022. La Pologne se dresse sur son chemin. Voici quelques pistes pour ne pas tomber dans le piège.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / NEWS / Équipe de France

L'équipe de France joue sa place en finale de l'Eurobasket 2022 ce jeudi à 17h30. Face à la Pologne, les Bleus seront à nouveau favoris mais devront, comme lors des deux tours précédents, se méfier comme de la peste de leurs adversaires. Les Polonais ont sorti la Slovénie de Luka Doncic et vont arriver sans le moindre complexe dans cette affiche du dernier carré.

Voici quelques pistes à explorer pour éviter de rater cette opportunité en or d'aller en finale.

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En prenant soin du ballon... et du 3e quart-temps

On le répète à chaque match mais le péché hideux mignon des Bleus et l'une des raisons pour lesquelles ils se rendent les matches compliqués, reste les pertes de balle. La France est l'équipe qui perd le plus de ballons dans cet Eurobasket et a encore commis 18 face à l'Italie. On a quand même peur qu'au bout d'un moment ça finisse par se payer trop cher. Les 13 équipes qui suivent la France dans ce classement peu enviable des pertes de balle sont toutes éliminées à l'heure qu'il est...

Les turnovers arrivent en plus toujours en escadrille et coïncident fréquemment avec les énormes trous d'air constatés sur les 3e quart-temps. Il faut absolument éviter ça face à la Pologne, qui sera sans pitié sur le jeu en transition. Les adversaires des Tricolores pour cette place en finale préfèrent nettement les contre-attaques conclues à deux points que le shoot extérieur, où ils affichent un piètre 33.8% depuis le début de la compétition, contre 36% pour les Bleus.

Pour ce qui est de ce fichu 3e quart-temps qui nous met dans l'embarras depuis deux matches, on aimerait voir les Bleus passer en mode muraille et ne pas jouer contre-nature. Bonne nouvelle, les Polonais ne sont pas fans non plus du 3e quart-temps. Ils viennent de prendre un 24-6 contre la Slovénie mais ont tout de même survécu...

En freinant Mateusz Ponitka et en appuyant à l'intérieur

Les amateurs de basket européen connaissaient Mateusz Ponitka avant son match exceptionnel contre la Slovénie en quarts de finale. Ponitka, qui a signé le troisième triple-double de l'histoire de l'Eurobasket avec 26 points, 16 rebonds et 10 passes, a bourlingué avec succès entre la Belgique, la Turquie, l'Espagne, la Russie et l'Italie (à partir de cette année), après avoir été l'un des meilleurs prospects européens de sa génération.

En 2011, le Polonais était le coéquipier d'Evan Fournier au Hoop Summit de Portland avec l'équipe internationale. Les deux hommes vont se retrouver, probablement dans les mêmes zones de jeu de temps en temps qui plus est, 11 ans après pour une place en finale de l'Euro...

On imagine que Vincent Collet demandera à ses défenseurs les plus tenaces de s'occuper au mieux de la star de la sélection polonaise. Histoire d'éviter que ne se produise quelque chose de fou comme ce qui suit...

Ponitka n'est pas le seul danger polonais, bien entendu. Le backcourt qu'il forme avec AJ Slaughter (20 d'évaluation contre la Slovénie) et même le trio formé avec le très bon shooteur et défenseur Michal Sokolowski sont à l'origine de leur succès. Ce qui nous fait dire qu'il va encore falloir profiter de notre supériorité théorique dans la raquette.

La taille et les caractéristiques de Rudy Gobert ont encore fini par payer face aux Italiens et le scénario pourrait se répéter. En empêchant les "petits" de rayonner, les Bleus devraient pouvoir s'éviter trop de souffrances face au secteur intérieur adverse, clairement pas le point fort des Polonais.

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En relançant Poirier et Fall

Rudy Gobert est phénoménal et c'est une très bonne nouvelle pour les Bleus dans cet Euro. Simplement, ce ne serait pas du luxe de pouvoir faire souffler Rudy un peu plus fréquemment, surtout avec les deux autres big men que Vincent Collet a sous la main. Vincent Poirier et Moustapha Fall n'ont joué que cinq minutes chacun contre l'Italie, sans que ce soit probant.

Ce match est peut-être l'occasion de les utiliser davantage pour user les Polonais et permettre à Rudy de rester frais et à l'écart des problèmes de faute. On a vu dans les compétitions précédentes qu'ils étaient capables, même sur un temps limité, de tenir ce rôle de point d'ancrage. Le moment serait bien choisi pour le démontrer à nouveau, alors qu'ils ne sont pas à leur avantage dans ce tournoi.

Si ce n'est pas possible, on pourra tout de même, normalement, utiliser l'arme fatale qu'est Rudy. La preuve en chiffres ? Lorsque le nouveau pivot des Wolves est sur le terrain depuis le début de l'Eurobasket, la France est à +70. Quand il est sur le banc, elle est à... -51.

En laissant le Plus-Minus King, Terry Tarpey, sur le terrain pendant 40 minutes

On plaisante. Mais pas tant que ça. Le capitaine du Mans continue d'attirer la fortune et la réussite dès qu'il foule le parquet. Le différentiel lorsqu'il est en jeu est toujours aussi épatant. Contre l'Italie, Tarpey a fini à +18 et été le seul joueur avec Gobert à être au-dessus de +9. En 34 minutes de jeu, il a compilé 8 points, 8 rebonds, 2 passes et 1 interception, en jouant à nouveau un rôle très précieux pour les Bleus.

On nous aurait dit que Terry Tarpey serait titulaire quasi-indiscutable chez les Bleus pour une demi-finale d'Eurobasket il y a un an, on n'y aurait pas cru une seconde. Là, on a envie que la belle histoire se poursuive et on ne s'imagine plus se passer de lui. Tarpey a en plus un petit challenge personnel à défendre contre les Polonais, puisqu'il est à cette heure toujours en tête du classement des interceptions dans ce tournoi avec 14 steals. Parmi les seuls qui peuvent encore le rattraper car ils sont toujours qualifiés, le premier poursuivant n'est autre que... AJ Slaughter.

En faisant attention aux 4 taupes polonaises

Sur les 12 joueurs retenus par Igor Milicic pour cet Eurobasket, quatre ont un lien avec la France et sont a priori très au courant du style pratiqué par les Bleus :

  • Aaron Cel est franco-polonais, né à Orléans et a joué 8 saisons dans l'élite avant de rejoindre le championnat polonais
  • AJ Slaughter, le meneur naturalisé, a passé 5 ans en France entre Cholet, Chalon, Strasbourg et Villeurbanne. L'Américain a été All-Star (2014), vainqueur de la Coupe (2019) et du championnat (2019) lors de son aventure sur nos terres.
  • Dominik Olejniczak, le pivot remplaçant, a rejoint Gravelines la saison dernière, après cinq ans dans des universités américaines en NCAA.
  • Jakub Schenk, le meneur remplaçant, a fini la saison à Tours l'an dernier et tentera de faire remonter le club en Pro B en 2022-2023.

En espérant que Amadeusz "Ferrari" Roslik ne se pointe pas en conf' d'avant-match

Les Polonais sont un peuple qui aime la bagarre. En MMA, Amadeusz "Ferrari" Roslik a une spécialité un peu particulière, au-delà de ses prouesses dans l'octogone. Roslik, polonais de son état, est connu pour venir prendre ses adversaires et rivaux par surprise pendant qu'ils répondent aux journalistes en marge de leur combat, pour leur envoyer d'énormes mandales.

On espère que les Bleus ont prévu un service de sécurité autour de leurs cadres pendant les interviews, au cas où la Fédération de basket polonaise ait mandaté "Ferrari" pour une expédition d'avant-match...

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