Jaylen Brown, petites minutes, grosse impression

Jaylen Brown n'a pas besoin de beaucoup de temps de jeu pour prouver que les Celtics ont réussi un superbe coup il y a près d'un an.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Jaylen Brown, petites minutes, grosse impression
Début juin 2016, on vous avait parlé de celui que l'on nommait alors "le petit génie de la Draft 2016". Un gamin sûr de lui et de son talent. Extrêmement intelligent au point d'en agacer ses profs, obsédé par Kobe Bryant et son stakhanovisme et bien décidé à gérer ses intérêts lui-même, loin des agents véreux. Jaylen Brown n'avait alors pas encore été drafté par les Boston Celtics avec le 3e choix. On ne savait pas grand chose d'autre sur le plan du basket que ce que l'on avait vu lors de la saison et du Tournoi NCAA. De prime abord, on savait que l'on avait affaire à un athlète incroyable, mais dont les autres qualités ne paraissaient pas encore bien définies. [caption id="attachment_331639" align="alignleft" width="318"] Jaylen Brown, flat-top et barbe bien taillée.[/caption] Un an après, Brown n'a pas cassé la baraque dans le sens classique du terme : quelques dunks tonitruants, de bonnes séquences de quatre ou cinq matches en termes d'adresse et une discipline défensive intéressante au milieu d'un collectif aguerri et qui ne peut pas se permettre de développer ses jeunes comme une équipe de bas de tableau. Sauf surprise, il ne sera pas élu rookie de l'année lors des awards de fin de saison. Dix-sept minutes par match et un rôle de remplaçant, c'est généralement trop peu pour devancer la concurrence, même lors d'une saison aussi particulière pour les débutants. Dario Saric et Malcolm Brogdon, dans des profils et des situations différentes, le devanceront probablement. Mais ce titre ne veut finalement pas dire grand chose quand on se projette un peu. [superquote pos="g"]"Je ne pense pas avoir déjà vu quelqu'un défendre aussi bien que lui sur un joueur du niveau de Bradley Beal"[/superquote]Ni Saric, ni Embiid, ni Brogdon ne sont encore en lice dans ces playoffs. Jaylen Brown joue peu pendant cette campagne, mais c'est justement ce qu'il propose à chacune de ses courtes apparitions qui permettent d'être optimiste pour le Californien. Après une série douloureuse contre Chicago au 1er tour où Brown a cumulé 27 maigres minutes en 5 matches et été laissé sur le banc lors du game 6, Brad Stevens ne s'est évidemment pas amusé à donner 40 minutes de temps de jeu à son rookie contre Washington. Mais lors de chacune des deux victoires des C's, le swingman a réussi à se faire remarquer en un temps record. Au-delà de statistiques forcément légères (5 points, 2 rebonds, 1 passe à 2/3 dans le game 1, 4 points, 2 passes et 2 rebonds à 2/3 dans le game 2), Jaylen Brown a montré une énergie, une implication et un QI basket bien supérieurs à ce que proposent des rookies généralement lancés dans un tel contexte. Dans le game 1 : en deux actions offensives, en plus de son travail acharné en défense, Brown a affiché un sang froid impressionnant : un shoot à trois points dans le corner et une passe décisive après pénétration pour Jae Crowder qui ont permis aux Celtics de plier le match. http://www.dailymotion.com/video/x5kvc5z_jaylen-brown-with-the-triple-dime-youtube-720p_sport Mieux, dans le game 2 il a davantage joué comme un vétéran qu'on lancerait dans la bataille à un moment-clé que comme un perdreau de l'année. Sur trois possession consécutives, on l'a vu littéralement éteindre John Wall, Bradley Beal et Otto Porter. Excusez du peu ! Beal, en particulier, a eu l'air complètement désarmé par l'agressivité et le placement de son vis à vis et a totalement déjoué.
"Je ne pense pas avoir déjà vu quelqu'un défendre aussi bien que Jaylen sur un joueur du niveau de Bradley Beal. Jamais je ne me serais attendu à autant de maturité de la part d'un rookie", a salué Brad Stevens sur ESPN après le game 2 au TD Garden.
Il fallait quand même avoir sacrément confiance pour lancer un première année en manque de temps de jeu dans un pugilat de cette intensité...

Encore un joli coup de Tonton Danny

Fin juin, Danny Ainge a provoqué pas mal de scepticisme en utilisant le 3e choix pour sélectionner Jaylen Brown. On se demandait si les Celtics n'auraient pas mieux fait de trader ce pick ou de faire venir un intérieur comme Dragan Bender, sur lequel Boston avait paraît-il flashé. Encore une fois, Ainge a visé juste. Plutôt que de parier sur un prospect encore brut, le General Manager a opté pour un garçon dont il avait bien cerné la mentalité lors du seul entretien qu'il avait eu avec lui. [superquote pos="d"]"Il veut savoir pourquoi on va lui demander de faire certaines choses sur le terrain plutôt que de les exécuter bêtement"[/superquote]
"C'est un gamin incroyablement malin. Il est curieux de tout et pose constamment des questions. Je sais que cela peut être intimidant pour certaines équipes. Il veut savoir pourquoi on va lui demander de faire certaines choses sur le terrain plutôt que de les exécuter bêtement. Certains peuvent prendre ça pour une remise en question de l'autorité, notamment les coaches un peu old-school. Mais c'est en fait l'un de ses atouts", avait prévenu un scout sous couvert d'anonymat en début de saison.
C'est très exactement ce qu'apprécient Stevens et Ainge chez lui. Une approche méticuleuse et exigeante du métier empruntée à son idole et qu'il avait expliqué sur Sports Illustrated avant même d'être drafté par Boston.
"Kobe se levait à 4 ou 5 heures du matin pour aller à la salle et se mettre minable jusqu'à 6h30, avant de faire de la muscu à 8h et de poursuivre avec l'entraînement collectif à 10h. Tout ce qu'il a accompli c'est grâce à cette discipline. Je suis persuadé que c'est en s'astreignant à ça qu'on peut devenir grand. Je veux suivre ce modèle, cette représentation de ce que doit être un athlète. Ce que des gars comme lui ou Isiah Thomas (Zeke, ndlr) peuvent me conseiller, je le note dans un carnet plutôt que sur mon téléphone".
Capable de couvrir trois postes selon les situations, Brown a toutes les qualités pour aider Brad Stevens à se passer, tôt ou tard, d'Avery Bradley ou Jae Crowder, deux des élements que les C's ont pour le moment rechigné à inclure dans un deal pour faire venir une superstar. Avec l'échantillon de performance qu'est en train de livrer le garçon, il faut s'attendre à ce que les Celtics, une fois leur campagne terminée, passent enfin à l'action... http://www.dailymotion.com/video/x54o8vt_jaylen-brown-cale-un-gros-poster-sur-nikola-vucevic_sport  
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