Kevin Love et Kevin Martin en chefs de meute

Kevin Love et Kevin Martin forment un duo redoutable depuis le début de la saison. Les deux hommes se complètent et rendent les Wolves ambitieux.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Kevin Love et Kevin Martin en chefs de meute
"On se met au défi tout le temps, c'est ce que j'aime dans notre relation". Kevin Martin n'est pas en train d'évoquer le quotidien à la maison avec sa femme Jill, rencontrée au lycée dans la bourgade paumée de Zanesville dans l'Ohio. Aussi charmante soit-elle, on préfère entendre l'arrière des Wolves parler de basket. Et c'est justement de sa nouvelle conquête sportive, un All-Star du nom de Kevin Love, que Martin vante les mérites. Si la saison vient à peine de débuter en NBA, les deux hommes ont fait très forte impression pour le début de leur collaboration dans le Minnesota. Affuté et plus mince, Love est au moins aussi terrifiant qu'il y a deux ans en termes d'implication au rebond (14.5 de moyenne) et semble plus fort que jamais offensivement. Avec 27.2 points par match et des qualités de playmaker en pleine maturation (5 passes de moyenne), il sera logiquement dans la conversation pour être MVP s'il maintient une telle cadence et que Minny accroche un spot en playoffs. L'intérieur de 25 ans s'est donné trois saisons pour transformer sa franchise en contender, sans quoi on l'imagine parfaitement retrouver sa Californie natale et un big market en faisant jouer une clause de son contrat. Jalen Rose, qui aime bien délivrer des prophéties plus ou moins loufoques, voit par exemple Love et Westbrook unir leur forces chez les Lakers dans un futur pas si éloigné. Grâce à Kevin Martin, la progression des Wolves est envisageable et les fans du Target Center peuvent espérer conserver leur franchise player devenu le nouveau buddy de Spike Lee grâce à ses exploits au Madison Square Garden.[superquote pos="g"]Certains voient Love quitter Minny pour Los Angeles si la franchise ne progresse pas.[/superquote]

Une vraie émulation entre les deux hommes

A Oklahoma City, une contrée aux paysages encore moins funky que le glacial Minnesota, Martin n'a jamais pu trouver sa place. Le Thunder et son public attendaient, à tort, que l'ancien joueur des Kings et des Rockets prenne la place de James Harden, 6e homme au style difficilement imitable. Etouffé derrière Kevin Durant et Russell Westbrook, le trentenaire n'a pas convaincu et s'est contenté de quelques matches appliqués à 3 points, sans briller en l'absence du meneur All-Star. En 6 matches sous les ordres de Rick Adelman, K-Mart est déjà en train de prouver à OKC qu'il n'a sans doute pas été utilisé de manière optimale ces derniers mois : 23.3 pts de moyenne (avec des pics à 30 et 32 pts face aux Knicks et aux Mavs), une adresse extérieure assassine sur les 4 derniers matches (65%) et une vraie implication dans le jeu. Martin revit en partie grâce à l'émulation provoquée par Love.
"On se défie tout le temps avec Kevin, c'est ce que j'aime. Même pendant les temps morts. Contre les Mavs, juste avant son tir à 3 pts qui nous a donné un avantage définitif, il m'a demandé de lui donner la balle. Je lui ai dit en le titillant : 'Qu'est ce que tu vas en faire ?' Il m'a juste répondu de me débrouiller pour lui filer et il est allé marquer. C'est un joueur incroyable", a expliqué Martin sur ESPN.
Un temps considéré comme un potentiel franchise player lorsqu'il scorait en abondance au début de sa carrière, Kevin Martin est aujourd'hui prêt à entendre le public de son équipe scander des "MVP ! MVP !" à un autre joueur de son équipe. On se souvient de ses déclarations quelques semaines plus tôt, sur sa joie d'évoluer dans un groupe où personne n'essayait à tout prix de finir meilleur scoreur de la ligue. S'il a démenti viser KD ou Westbrook (l'âme soeur de Kevin Love à UCLA), le shooteur semble quand même davantage apprécier la compagnie du #42. [superquote pos="d"]"Je voulais jouer avec une superstar, c'est le cas avec Kevin Love".[/superquote]
"J'ai eu pour habitude d'être le seul joueur de mon équipe capable de marquer 30 pts par le passé. Aujourd'hui, je voulais vraiment jouer avec une superstar. C'est le cas avec Kevin Love".
Ca tombe bien, Love est ravi de pouvoir compter sur un lieutenant de la trempe de Martin. Trop longtemps obligé de porter l'équipe entière sur ses épaules, le voilà capable de décharger quelques responsabilités sur son nouveau coéquipier.
"Il sait où se placer sur le terrain et est terrible dans les moments-clés en fin de match. C'est un vrai shooteur et il nous fait déjà énormément de bien. Il va continuer à le faire toute la saison, c'est certain", a salué Love.
Au fil des semaines, les Wolves auront quand même besoin que d'autres joueurs sortent un peu du lot pour que l'équipe reste crédible dans l'optique des playoffs. Pour le moment, Ricky Rubio est un peu en dedans, Derrick Williams à la ramasse et Nikola Pekovic peut faire bien mieux. Contre Dallas vendredi, le supporting cast a shooté à 38.7% (19/49), un mal récurrent bien que pas trop handicapant pour l'instant. Mais il y a fort à parier que le dynamic duo formé par les deux Kevin arrivera à entraîner la meute dans son sillage pour suprendre et coiffer pas mal de monde à l'Ouest...
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