Pourquoi les Knicks auraient dû faire revenir Jeremy Lin

Jeremy Lin ne reviendra probablement jamais à New York, terre de ses exploits éphémères. Pourtant, les Knicks auraient probablement dû y songer.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Pourquoi les Knicks auraient dû faire revenir Jeremy Lin
  En 2012, au sortir de la Linsanity et d'une élimination des Knicks en playoffs, la saga Jeremy Lin avait animé l'été. Les fans de la franchise de Big Apple, en manque de belles histoires et de joueurs à aduler, espéraient voir à nouveau l'improbable meneur californien à la rentrée. James Dolan et ses administrés semblaient prêts à s'aligner sur à peu près n'importe quelle offre pour conserver leur poule aux oeufs d'or sur le marché asiatique et mondial. Pas celle des Rockets : 25 millions de dollars sur 3 ans avec 15 millions la dernière année. Une opération financière certes risquée pour un joueur encore inconnu trois mois plus tôt, mais qui n'aurait pas dérogé aux habitudes des Knicks, coutumiers des salaires trop élevés. Certains ont avancé que le camp de Carmelo Anthony avait mis la pression à la direction parce que la popularité de leur client était mise à mal par celle grandissante et à leurs yeux injustifiée de Lin. D'autres qu'il s'agissait, pour une fois, d'un bon choix sportif de la part d'une organisation généralement déraisonnable. Avec un peu de recul, il n'est pas évident de désigner un gagnant dans cette histoire. Lin n'a jamais retrouvé le niveau incroyable qui a été le sien pendant 3 mois mais a collecté ces dollars inespérés sans broncher, tout en restant abordable et professionnel entre Houston et Los Angeles. Les Knicks, bien qu'ils aient confié exclusivement les clés de la boutique à Carmelo Anthony, n'ont connu qu'une seule saison acceptable depuis son départ avant de sombrer et d'être la risée de la ligue. Il n'est pas dit que Jeremy Lin aurait aidé New York à éviter cette descente aux enfers. Mais le faire revenir cet été, alors qu'il était free agent et prêt à accepter un contrat de 4 millions de dollars sur 2 ans comme il l'a fait avec Charlotte, n'aura pas été une mauvaise idée...

Parce que les fans en avaient besoin

Le public du Madison Square Garden est à moitié composé de fans hardcore hyper pointilleux et connaisseurs du basket à l'extrême. L'autre moitié : des touristes ou des gens invités par leur boîte. Dans ce melting pot, beaucoup ont un besoin vital de s'enflammer pour un joueur, ce qui ne leur est pas arrivé depuis le départ de Jeremy Lin. Le seul "chouchou" des fans, Carmelo Anthony, est de plus en plus discuté et n'a pas le côté outsider sorti de nulle part de Lin. En faisant revenir ce dernier, Phil Jackson se serait assuré un boost conséquent en termes de popularité et cela n'aurait probablement pas perturbé plus que cela son fameux plan à long terme pour les Knicks... Satisfaire le peuple fait partie du deal lorsque l'on gère une équipe, qui plus est dans un haut lieu du basket comme New York.

Parce que sportivement, ça n'aurait pas été scandaleux

Jeremy Lin a eu un coup de chaud incroyable en 2012 et n'a jamais retrouvé le même niveau depuis, certes. Mais personne ne pourra dire le contraire, il a prouvé qu'il était un joueur de rotation parfaitement compétent dans la NBA d'aujourd'hui. Il serait étonnant de le revoir mettre 38 points dans un match (cf l'une de ses première apparitions contre les Lakers) ou planter des buzzer beaters sur la truffe de meneurs chevronnés (cf contre Toronto la même année vs Calderon). Mais en 6e homme ou en back-up, il n'a pas à rougir de grand monde dans la ligue. Ses qualités offensives seront précieuses aux Hornets quand il sortira du banc pour remplacer Kemba Walker. Les Knicks, qui pour le moment partiront avec José Calderon et le rookie Jerian Grant à la mène, auraient pu lui trouver une place sans problème.

Pour le côté marketing

Evidemment, la popularité de Jeremy Lin aux Etats-Unis, en Asie et dans le monde ne sera jamais aussi élevée que lors de ses 3 premiers mois phénoménaux à New York. Mais la communauté asio-américaine et la base de fans immense qu'il possède à Hong Kong, Taïwan et dans une bonne partie de la Chine, assurent à la franchise au sein de laquelle il évolue des revenus très importants au niveau de la vente de maillots. Ajoutez à cela le côté populaire de New York et les Knicks auraient pu faire gonfler leurs bénéfices dans ce secteur. Bien plus qu'avec Derrick Williams ou Kyle O'Quinn en tout cas... Pour ceux qui auraient raté la courte mais intense épopée de Jeremy Lin avec les Knicks, voici un petit rappel. https://www.youtube.com/watch?v=CBz5b7y-S8I

 
Afficher les commentaires (0)
Atlantic
Central
Southeast
Pacific
Southwest
Northwest