Mais qui est Langston Galloway ?

Trois ans après avoir révélé Jeremy Lin, les Knicks comptent désormais dans leurs rangs Langston Galloway. Il est l'unique motif de satisfaction de la saison à New York.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Mais qui est Langston Galloway ?
Vous-vous souvenez de la « Linsanity » ? En février 2012, un dénommé Jeremy Lin, illustre inconnu passé par la prestigieuse université d’Harvard, enflammait le Madison Square Garden et relançait la saison des New York Knicks. Le phénomène a pris une proportion planétaire et même les journaux télévisés français ont eu l’occasion de parler de NBA. Oui, même France 2 a consacré un reportage à « la nouvelle superstar du basket » (sic). [youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=yu5jsbbzIm4[/youtube] Préparez-vous désormais pour la « Langsanity ». Trois ans après l’avènement de Jeremy Lin, une nouvelle belle histoire est en passe de s’écrire dans la grosse pomme. Celle-ci ne fera pas les gros titres. Elle ne dépassera pas la sphère basket. Peut-être qu’elle n’aura que peu d’écho, même auprès des fans NBA. Mais au sein d’une saison catastrophique, au moment même où les yeux sont déjà tous tournés vers l’avenir et l’été prochain, chaque rayon de soleil est apprécié au sein de la grisaille new-yorkaise. Cet espoir a un nom : Langston Galloway. Il n’a eu besoin que de cinq matches pour inscrire le terme « Langsanity » dans le dictionnaire des reporters du New York Post. Pourtant, le jeune homme revient de loin.

De non-drafté aux Knicks, en passant par la D-League

[caption id="attachment_231947" align="alignleft" width="300"] Langston Galloway a fait du chemin depuis son départ de St Joseph's.[/caption] Galloway est originaire de Baton Rouge, en Louisiane. Il y a découvert le basket et a développé ses talents à la Christian Life Academy de la ville avant de rejoindre l’équipe universitaire de Saint Joseph’s, où son oncle, Geoff Arnold, est assistant coach. Les Hawks ne sont pas aussi prestigieux que les Wildcats ou les Blue Devils de Duke mais ils ont disputé la March Madness à 19 reprises et ont formé plusieurs joueurs NBA (dont Jameer Nelson, par exemple). La sensation des Knicks a passé quatre années complètes sur les bancs de la faculté située en Pennsylvanie. Il y a disputé 133 matches, compilant plus de 1990 pts, 590 rebonds, 290 passes décisives et 340 paniers primés. Lors de sa dernière saison en NCAA, il tournait à 17,7 pts et 4,3 rbds à 44% de réussite derrière l’arc. Il a même été élu dans le cinq majeur de sa conférence. Ce ne fut pas suffisant pour se faire une place dans la ligue. Perdu au sein d’une cuvée remplie de freshmen talentueux et moins bien préparés que lui, il a été ignoré par toutes les franchises et n’a donc pas été drafté en juin dernier.
« C’était frustrant de ne pas être drafté », avoue-t-il aujourd’hui. « J’ai pris un jour de repos et je me suis remis au boulot pour prouver que j’avais ma place dans cette ligue. Je devais juste travailler dur et progresser encore. »
[superquote pos="d"]"Il a le bon état d'esprit. C'est un jeune joueur qui n'a peur de rien." Derek Fisher. [/superquote]Langston Galloway a tout de même repéré par un homme, Clarence Gaines Jr Proche de Phil Jackson, ce dirigeant des Knicks recruté par le Président en personne (le seul à ce jour au sein de la direction) est réputé pour repérer des joueurs susceptibles de s’intégrer au sein des systèmes de l’ancien coach légendaire. Il a évoqué le nom du combo-guard de St Joseph’s. Ce dernier a donc été invité à participer au camp d’entraînement estival des New-yorkais. Il n’a pas été conservé, le staff lui préférant Shane Larkin. Il a pris son mal en patience et a été récupérer par les Knicks… de Westchester, la franchise du même nom affiliée en D-League. Galloway a impressionné  l’échelon inférieur, convaincant ainsi les dirigeants de lui offrir chez les professionnels. Il a été réquisitionné par l’équipe première de New York début janvier et vient de signer récemment son deuxième contrat de dix jours. A l’expiration de ce dernier, les Knicks devront lui offrir un contrat jusqu’à la fin de la saison s’ils souhaitent le conserver.
« Il fait exactement ce que l’on attendait de lui », estime le coach Derek Fisher. « C’est pour cela que l’on le voulait avec nous depuis cet été. Il ne se contente pas de mettre des tirs, il joue avec le bon état d’esprit. Vous voulez quelqu’un comme lui dans votre équipe. C’est un jeune joueur qui n’a peur de rien. »
En effet, au-delà de ses qualités purement techniques, Langston Galloway est un guerrier. Il a dû affronter des épreuves parfois délicates pour se frayer un chemin jusqu’en NBA et il n’a donc pas l’intention de laisser sa chance s’envoler. Il joue comme un mort de faim, une attitude qui manquait cruellement aux Knicks depuis le début de la saison. Il en veut et cela se sent. Ses efforts devraient finir par payer. La franchise devrait lui offrir un contrat jusqu’à la fin de la saison et peut-être même plus.

Le meneur idéal pour l'attaque en triangle ?

Le joueur de 23 ans n’est pas un pur meneur et il est un peu petit pour jouer arrière (1,88 m). C’est un combo-guard capable d’occuper les deux positions. Justement, l’attaque en triangle prôné par Phil Jackson ne nécessite pas un meneur créateur fort mais plutôt un shooteur susceptible de mettre dedans de loin, de jouer dur et de faire circuler la gonfle sans la monopoliser. Galloway correspond au profil. Il a même été comparé à… son coach, cinq fois champion NBA avec les Los Angeles Lakers à l’époque où Jackson était encore en place sur le banc.
« J’ai entendu des gens le comparer à moi. Je n’aime pas vraiment me lancer dans ces trucs-là. Il a beaucoup de potentiel », note Derek Fisher.
Galloway n’a pas l’expérience, la science, le sang-froid ou même l’adresse de « Fish ». Il débute seulement sa carrière en NBA. Mais il est déjà beaucoup plus athlétique. La preuve en images. [youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=U2KCJtC9ZFI[/youtube] [superquote pos="d"]Langston Galloway est déjà comparé à Derek Fisher[/superquote]Rien n’indique que l’ancien pensionnaire de la D-League s’imposera comme le prochain meneur titulaire des New York Knicks. Les dirigeants ont l’intention de signer un ou plusieurs joueurs d’impact (le nom de Goran Dragic revient fréquemment) cet été et Galloway sera peut-être encore parmi les laissés-pour-compte. Mais c’est une option. Il est adroit de loin (38% de réussite) et ses prestations actuelles – 12 pts et 3 pds de moyenne en 25 minutes – sont encourageantes. Aligné dans le cinq pour la première fois contre New Orleans, il a porté les Knicks vers leur première victoire après 16 défaites consécutives en inscrivant 21 points. Langston Galloway ne laisserait sans doute pas une trace indélébile en NBA. On l’aura peut-être oublié d’ici deux ou trois ans, si ce n’est six mois. Mais il a déjà l’exploit d’apporter un peu de joie et d’espoir aux supporteurs new-yorkais au beau milieu d’une saison terriblement terne. Son rêve de jouer en NBA est en passe de se réaliser… et il ne semble pas prêt à vouloir s’en arrêter-là.

Les highlights de Langston Galloway contre New Orleans

[youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=cexEvfoE6r8[/youtube]
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