5 ajustements tactiques pour sauver le Miami Heat

Le Miami Heat est dos au mur mais les Floridiens peuvent encore espérer relancer un peu ces finales NBA 2023.

5 ajustements tactiques pour sauver le Miami Heat

Duncan Robinson ou Caleb Martin dans le cinq majeur

Erik Spoelstra n’a pas peur de changer son groupe de départ de série en série ou même carrément d’une rencontre sur l’autre. Il a début ces finales NBA avec Caleb Martin dans le cinq majeur à la place de Kevin Love, scotché sur le banc tout au long du Game 1, avant de finalement relancer l’ancien champion NBA directement parmi les titulaires le match d’après. Un ajustement payant puisque le Heat l’a emporté au Game 2.

Mais Miami a encore besoin d’une nouvelle formule après deux défaites consécutives de 15 et 13 points sur son parquet. Peut-être que la solution passe par l’entrée de Duncan Robinson dans le cinq, ou alors le retour de Martin. Mais pas à la place de Love, quelle que soit l’option choisie. L’intérieur All-Star apporte du spacing, de l’adresse extérieure – une clé pour les Floridiens depuis le début des playoffs – du rebond et de la taille sur Aaron Gordon en défense.

Caleb Martin

C’est plutôt Max Strus qui doit perdre sa place. Il passe complètement à côté de sa série (16% aux tirs, 19% à trois-points). Gabe Vincent est aussi en difficulté mais c’est l’un des rares manieurs de ballon de l’effectif et Kyle Lowry est parfait dans son rôle d’organisateur qui met du rythme en sortie de banc. Ce n’est donc pas vraiment un changement de style puisque un ailier en remplacerait un autre dans le groupe de départ en changeant Strus par Robinson ou Martin.

Sauf que ces deux-là sont meilleurs balle en main. Le Heat a besoin d’un peu plus de rythme et de percussion. Martin et Robinson – et oui ! – peuvent attaquer en dribbles. Ils amènent plus de mouvement, notamment Robinson, qui n’est tout de même pas un slasheur mais qui sait aussi se déplacer très intelligemment sans la balle. Sa connexion avec Bam Adebayo est particulièrement intéressante et elle peut booster d’entrée une attaque de Miami bien trop limitée depuis deux matches.

Commencer fort, avec un quart-temps à 30 ou 35 points, peut aider les snipers floridiens à se mettre en rythme. Cette équipe est redoutable quand elle met dedans à trois-points. Duncan Robinson affiche un très bon 44% de réussite depuis le début des finales et Caleb Martin s’est bien repris en convertissant 9 de ses 21 derniers tirs après avoir été très discret (et malade) lors des deux matches d’ouverture de la série, au cours desquels il avait converti seulement 2 de ses 10 tentatives.

De la taille sur Aaron Gordon

Aaron Gordon n’est pas une star dans cette ligue mais c’est une star dans son rôle. Et ses tâches sont très variées, ce qui donne une idée de la palette du bonhomme. Un pur « all-around player. » L’intérieur sait aussi assumer plus de responsabilités offensives si la situation l’exige. Comme lors des Games 1 et 4, quand il a systématiquement (ou presque) puni la défense du Heat dès qu’il se trouvait marqué par un adversaire plus petit et/ou moins costaud que lui.

Aaron Gordon, la magnifique copie du Monsieur Plus des Nuggets

Erik Spoelstra a contré en mettant Love dans le cinq majeur dès le Game 2. Ça a bien marché et c’est pourquoi l’ancien champion NBA doit garder son rôle de titulaire. Gordon a surtout fait mal au Heat lors des minutes sans Nikola Jokic au dernier matches. Des minutes jouées en « small ball » par les Nuggets. Il est important pour Miami de s’assurer qu’il y aura toujours au moins un défenseur athlétique sur lui. Que ce soit Bam Adebayo, qui généralement se repose en même temps que Jokic, ou un autre. Parce que autant Gordon est fort pour poster, autant il est plus limité quand il doit constamment faire la différence balle en main, même sur des joueurs moins mobiles comme Love.

Faire rejouer Haywood Highsmith

C’est lié à Aaron Gordon. Excellent dans le Game 1 qu’il avait terminé avec 18 points en 23 minutes, Haywood Highsmith a disparu de la rotation depuis : 6, 2 puis 0 minute. C’est le moment de le relancer. Il est suffisamment long et athlétique pour se coltiner AG une fois les deuxièmes cinq sur le terrain. Il peut même défendre sur Jokic pas séquences. De toute façon, il ne peut pas faire pire que Cody Zeller et lui a même l’avantage de pouvoir s’en sortir plus que décemment s’il venait à switcher sur Jamal Murray.

Miami doit contrer le « small ball » de Denver avec son propre cinq de petite taille en misant sur le fait que le Heat va défendre encore plus dur que les Nuggets avec Lowry, Martin, Highsmith, éventuellement Vincent, etc. Quitte à vraiment limiter les minutes de Max Strus s’il ne met pas vite ses tirs ce soir.

Revenir à de la zone

NBA BAM ADEBAYO vs Boston

Ça peut paraître contre-productif de jouer en zone contre une équipe de Denver qui peut s’appuyer sur le meilleur intérieur playmaker de l’Histoire. Mais ça a plutôt bien marché dans l’ensemble. Les statistiques avancées montrent que les Nuggets s’en sortent bien mieux que les Celtics ou les Sixers dans cette configuration contre le Heat mais le point par possession élevé s’explique aussi par le fait que Jamal Murray (entre autres) et compagnie ont mis quelques trois-points difficiles face à la zone. Ils ne mettront pas toujours dedans.

Il faut en partie miser là-dessus. C’est risqué, évidemment. Mais ça se tente. Michael Porter Jr est à 13% à trois-points depuis le début des finales. 28% pour Kentavious Caldwell-Pope. Bruce Brown et Aaron Gordon ont mis dedans mais ce ne sont pas des spécialistes. Miami va de toute façon devoir compter sur un brin de réussite – dans le sens où ses adversaires rateront leurs tirs – pour réussir une remontée historique. Mixer la zone, en empêchant le plus possible Jokic d’accéder au poste haut, avec de l’individuelle est l’une des clés.

Ça peut aussi contribuer à freiner un tant soit peu le jeu à deux dévastateur entre Jamal Murray et Nikola Jokic. Il faut alterner les défenses pour constamment pousser les Nuggets à réfléchir comment s’adapter en espérant qu’ils fassent des erreurs.

Sentiment d’urgence !!!!

Miami n’a pas joué le Game 4 comme s’il y avait 2-1 pour Denver. Les joueurs d’Erik Spoelstra ont paru moins concernés par moment. Il faut revenir à leurs bases : jouer dur, défendre fort, intensité permanente, mouvement permanent. C’est l’ajustement le plus lambda et le moins tactique du lot. En étant plus agressif, le Heat aura peut-être plus de tirs (l’un des problèmes de l’équipe actuelle) et donc, c’est mathématique, plus de chances de marquer. Jimmy Butler et ses partenaires n’ont passé qu’une seule fois la barre des 100 points durant ces finales et c’est le seul match remporté par la franchise de South Beach.