10 prédictions pour la nouvelle saison

10 prédictions pour la nouvelle saison

La NBA reprend ses droits demain soir avec le coup d’envoi de la saison 2018-2019. On a donc sorti la boule de cristal pour prédire ce qui va se passer pendant les prochains mois.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Les Milwaukee Bucks vont finir sur le podium à l’Est

Giannis Antetokounmpo était déjà présenté comme l’héritier du trône de la Conférence Est avant même que LeBron James parte installer son royaume à Los Angeles. C’est d’ailleurs le même refrain depuis que le King a signé aux Lakers : le Grec serait devenu de facto le meilleur joueur de sa moitié de pays (Kawhi Leonard et Joel Embiid ont évidemment leur mot à dire). Alors il est temps de concrétiser. Un homme seul, supérieur aux autres, peut faire la différence sur un terrain de basket. Depuis qu’il a découvert ses supers pouvoirs, Giannis a mené son équipe à deux qualifications de suite aux playoffs. Mais pour deux sorties au premier tour. Il est temps que ça change. Déjà parce qu’il n’est finalement pas esseulé. Les Daims ont l’une des armadas les plus massives de la Conférence. Parce que derrière Antetokounmpo, il y a aussi Khris Middleton, Eric Bledsoe, Brook Lopez, Malcolm Brogdon, etc. Il y a surtout enfin un coach sur le banc. Mike Budenholzer a débarqué cet été et ça peut (va) faire toute la différence. Les Bucks ne manquaient pas de talents. En revanche, ils souffraient d’une absence totale d’identité de jeu. Malgré ça, ils ont poussé les Boston Celtics, finalistes à l’Est, en sept manches au premier tour des playoffs. Ils ont même gagné trois des cinq derniers matches de la série après s’être complètement plantés sur les deux premiers. Même Philly n’a pas offert une telle résistance aux joueurs de Brad Stevens (qui n’étaient pas encore rôdés, il faut le reconnaître). Budenholzer est le tacticien parfait pour exploiter le potentiel de ce groupe talentueux. Sa patte s’est déjà fait sentir en pré-saison – ALERTE CONCLUSIONS HATIVES. Milwaukee a gagné trois de ses quatre matches en terminant meilleure attaque de la ligue. Ça va donc jouer vite autour du « Greak Freak ». Ce dernier sera peut-être même un candidat très sérieux au MVP si les Bucks font une saison pleine. Allez, tablons sur 50 victoires et une troisième place à l’Est.

Bam Adebayo va déloger Hassan Whiteside du cinq majeur à Miami

Lors des derniers playoffs, Hassan Whiteside a passé autant de temps (en moyenne) sur le parquet que le jeune rookie Bam Adebayo. Quinze minutes chacun. Le second nommé ne jouait pas beaucoup parce qu’il manquait évidemment d’expérience à ce niveau. Pour le premier, c’est une toute autre histoire. Whiteside a été laissé sur le banc parce que sa présence sur le terrain avait des effets négatifs sur les résultats du Miami Heat. Et oui, la NBA a beaucoup changé. Aujourd’hui, même un pivot athlétique et honnêtement pas lourdaud comme lui n’a presque plus sa place en playoffs. C’est l’ère du « small ball » mais surtout des switches défensifs permanents ! Et vous savez combien de pivots sont vraiment capables de passer d’un intérieur de plus de deux mètres à un meneur véloce en défense ? Sans doute moins de cinq. Mais Adebayo en fait partie. Il est l’un des rares grands à même de ralentir un extérieur après le changement de vis-à-vis sur un pick-and-roll. Une qualité extrêmement importante en NBA de nos jours. Le joueur formé à Kentucky n’est pas excessivement long – 2,08 mètres – mais il a de l’envergure grâce à des bras extensibles. Il est vachement mobile et même à l’aise en dribbles. Il est tout simplement plus « moderne » que Whiteside. Mais aussi plus jeune et moins grassement payé. Autant de raisons pour le Heat de le développer. Il va évidemment commencer la saison sur le banc. Mais il y a des chances qu’Erik Spoelstra donne de plus en plus de responsabilités, et donc de temps de jeu, au sophomore. Titulaire en février.

Jayson Tatum sera la deuxième option offensive des Celtics

Les Boston Celtics venaient d’être éliminés de la course aux playoffs que certains se demandaient déjà comment Brad Stevens allait faire jouer ensemble tous les talents dont il dispose. En effet, la franchise du Massachussetts a atteint les finales de Conférence sans ses deux All-Stars, Kyrie Irving et Gordon Hayward. D’autres (jeunes) joueurs se sont révélés en leur absence. Problème de riche : comment faire fonctionner une rotation avec autant de basketteurs aussi doués ? Et rien que ça extrapolait au sujet de quel joueur majeur accepterait de laisser sa place sur le banc. Bordel. Non, non et non. Répétons-le : il n’y a plus de positions spécifiques en NBA ! Ou comme le dit le génie Stevens : il y a ceux qui portent la balle, ceux qui posent les écrans et ceux qui étirent les lignes. Autrement dit : ne nous casser pas la tête, bien sûr que Jayson Tatum va jouer ailier-fort. Les Celtics vont aligner un cinq « cinq étoiles » avec Irving, Hayward, Tatum, Jaylen Brown et Al Horford. Mais il va bien falloir qu’au moins deux de ces gars se mettent un peu en retrait au scoring. Horford va le faire, c’est évident. Le pivot dominicain est le parfait liant entre tous ces joueurs. Brown n’est pas un énorme scoreur même s’il progresse en attaque saison après saison (14,5 points l’an dernier). Irving sera la première option. Et son lieutenant sera donc… ben Tatum. Pas Hayward. Déjà parce que ce dernier retrouve seulement le rythme après une grave blessure à la cheville et un an sans jouer. Il est rouillé. Si vous avez été impressionné par Tatum l’an passé, attendez seulement cette saison. Il va (déjà) franchir un cap. Et frôler la barre des 19-20 points par rencontre. Comme pendant les playoffs. Le deuxième meilleur joueur des Celtics, c’est bientôt lui.

LeBron James sera tout proche des 30 points par match

Le King veut devenir le G.OA.T. Il ne s’en cache pas (plus). Mais, hey, ça va être compliqué de rivaliser avec Michael Jordan en ayant perdu autant de finales que MJ en a gagné (six). Déjà, il y a une notion très, très importante dans toute cette affaire : le débat sur le meilleur joueur de tous les temps est d’abord une question de perception (en plus d’être inutile mais ça fait parler, écrire, vendre, etc.) Et ça, LeBron James l’a compris. Il faut savoir orienter les discussions. Les amener vers le point où il peut faire penchant les arguments en sa faveur. Sur le terrain des bagues, c’est mort. Game over. Alors il est temps de jouer sur les statistiques et la longévité. Vous avez remarqué à quel point James ne parle quasiment plus jamais de titres mais presque uniquement de… ben de stats et de longévité, justement. Même pas trois semaines après sa signature aux Lakers, le natif d’Akron annonçait déjà la couleur : le titre, ce n’est pas pour tout de suite. « Nous sommes loin du niveau de Golden State. » Avec un autre refrain : « il n’y a qu’un seul champion, ça ne veut pas dire que vous n’avez pas eu de succès. » Il prépare déjà le public à un échec – l’absence de lutte pour le titre – qui s’annonce inévitable. En trouvant une autre manière de définir la réussite. C’est exactement la même logique dans le débat au sujet du G.O.A.T. James a besoin de scorer. Littéralement. Lui qui se targue d’être d’abord un playmaker altruiste va devoir marquer un paquet de points. 7000 et des poussières. Pour ainsi devenir le meilleur marqueur de tous les temps. Parce qu’avouez que ça en jette. Dépasser le légendaire Kareem Abdul-Jabbar et accrocher un nouveau record qui paraissait pourtant intouchable il y a peu. Magic Johnson, le Président de L.A., lui a justement concocté un plan qui va dans ce sens. Plutôt que d’entourer la star de shooteurs (plots) comme c’était le cas à Cleveland, les Angelenos vont l’associer à plusieurs créateurs. Moins de pression pour initier du jeu, moins de fatigue accumulée, plus de moments sans ballon, plus de coupes, de ballons au poste et de tirs après réception. Plus de finition. Et donc un retour aux 30 points par match, une barre qu’il n’a plus franchie depuis 2008.

Zach LaVine, Kevin Love, Anthony Davis, C.J. McCollum, Andrew Wiggins et Marc Gasol seront cités dans les rumeurs mais ne seront PAS transférés

Chaque année, c’est la même histoire. Des noms plus ou moins glorieux font les titres des rumeurs de transfert de novembre à février. Et ce sont ensuite des seconds (huitièmes) couteaux comme Shelvin Mack ou Evan Turner qui sont échangés le soir de la deadline. (Le nom de Turner n’a pas été choisi au hasard si une franchise pouvait par pitié accepter de récupérer le contrat du bonhomme, merci). Parce que les dirigeants hésitent toujours à sacrifier leurs meilleurs joueurs et c’est tout à fait logique. Alors ils jouent la montre. Ils attendent. Ils espèrent. Puis ils finissent par brader leur star parce que cette dernière vient soudainement de demander son transfert. En tout cas, la presse US va se régaler en citant quotidiennement des basketteurs cotés comme Zach LaVine, Kevin Love, Anthony Davis (évidemment), C.J. McCollum, Andrew Wiggins ou Marc Gasol. Spéculations, spéculations. Les Bulls voudront bazarder LaVine dès qu’ils se rendront compte que c’était une erreur de l’avoir signé à ce montant (80 plaques sur quatre ans). Mais personne ne voudra de son deal. Les Wolves essayent déjà de faire pareil pour Wiggins sans trouver preneur. Les rumeurs sur Love, McCollum, Gasol et Davis seront d’abord motivés par des journalistes/insiders qui misent sur une reconstruction de leur franchise respective. Mais ce n’est pas comme ça que ça marche. Sinon, difficile de savoir ce qui sera attendu le plus longtemps : le passage des Bleus sur les Champs Elysée ou le transfert de Jimmy Butler.

Trae Young va claquer un match à 40 points

Trae Young est victime de deux injustices. Premièrement, il a été (trop souvent) comparé à Stephen Curry. Deuxièmement, les Atlanta Hawks ont zappé Luka Doncic pour le sélectionner lui. Et ça, ce n’est pas de sa faute. Ses performances sont depuis jugées avec le prisme « mais ce n’est pas Curry » et le prisme « mais Doncic est plus fort ». On sait. Mais ça n’empêche pas le fait que Young soit un jeune basketteur prometteur titulaire au sein d’une équipe en complète reconstruction. Il a déjà les clés du camion, il peut maintenant foncer dans le mur. Les Hawks s’en contrefichent, ils auront peut-être trois picks dans le top dix de la prochaine draft. Young reste un sacré shooteur (mécanique pure !) et un incroyable playmaker. Donnez-lui tous les ballons et il va faire des statistiques. 17 points ? 7 passes par rencontre ? Pour nous ça se tient. Bien sûr que les pourcentages seront peut-être dégueulasses. Comme tellement de meneurs US à leur sortie de l’université. Mais le jour où Trae sera en réussite, parce qu’il y en aura des soirs comme ça, ça va donner une belle pointe à 40 pions avec 9 paniers primés.

Les Dallas Mavericks gagneront plus de 40 matches

Restons sur les rookies. Young et Deandre Ayton seront les favoris pour le trophée parce qu’ils aligneront les chiffres. Peut-être même un double-double costaud pour le pivot des Phoenix Suns. Mais est-ce qu’ils vont faire gagner des matches ? Ben non, évidemment. Luka Doncic, lui, va sensiblement faire progresser les Dallas Mavericks dès sa première saison dans la ligue. Trop d’insiders ferment les yeux sur la franchise texane alors qu’il y a un vrai potentiel. Doncic et Dennis Smith Jr s’entendent bien et ils vont se tirer vers le haut. Se rendre la vie plus facile. Le cinq est d’ailleurs bien calqué sur les valeurs modernes en NBA. Il y a un pivot très athlétique, qui protège le cercle et se régale sur pick-and-roll avec DeAndre Jordan. C’est une énorme progression pour Dallas. Il y a deux joueurs capables de shooter en « spot-up » avec Harrison Barnes et Wesley Matthews. Et deux playmakers. C’est top. Le banc est faible mais si dégoûtant avec J.J. Barea, Dirk Nowitzki (cœur sur lui) et Dorian Finney-Smith. Les Mavericks ont perdu une trentaine de matches super serrés (moins de cinq points d’écart) l’an dernier. Ils étaient déjà plus forts que ce que leur bilan l’indiquait. 40 victoires grand minimum cette saison. Neuvième ou huitième à l’Ouest.

Les Denver Nuggets vont retrouver les playoffs

Celle-là ça fait deux ans qu’on la tente donc elle va bien finir par passer. 40 victoires en 2017, 46 en 2018. C’est bon maintenant les gars. Faut franchir le palier. Faut aller jouer les playoffs. Pour la première fois depuis 2013. De toute façon, Mike Malone va sauter si l’équipe ne se qualifie pas donc cette fois-ci c’est la bonne !

Oklahoma City ira en finales de Conférence en battant Houston

Les Houston Rockets étaient le concurrent absolu des Golden State Warriors l’an passé. Ce n’est peut-être pas le cas cette saison. Déjà parce que le Oklahoma City Thunder a refourgué Carmelo Anthony aux Texans (enfin, via un transfert aux Atlanta Hawks). Cœur sur Melo mais il était un vrai boulet en playoffs l’an passé. Les Rockets ont perdu Trevor Ariza et Luc Mbah a Moute pour chopper Anthony à la place. Défensivement parlant, c’est chaud. Surtout que l’ancien All-Star ne pèse pas forcément beaucoup plus qu’Ariza en attaque DANS CETTE NBA (parce que oui, bien sûr qu’il est beaucoup plus talentueux mais son jeu est daté maintenant). Dans le même temps, le Thunder s’est vachement renforcé. Il n’y a pas un effectif avec plus de profondeur. Pas même celui des Warriors. Pas même celui des Celtics. Du talent triplé à tous les postes. OKC ne finira peut-être pas deuxième à l’Ouest à cause des blessures pendant la saison régulière (Russell Westbrook, Andre Roberson). Mais si l’effectif est au complet en playoffs, ça va taper Houston en six ou sept manches. Sauf si le Thunder a le malheur de finir quatrième, dépassé par le Jazz (belle saison à venir à Utah) avant de se faire sortir au second tour par Golden State. Bon, ça sera toujours mieux que l’an dernier.

Kevin Durant va rejoindre les New York Knicks en 2019

Notez bien que celle-là, on en parlait avant même que les rumeurs se densifient dans la presse américaine. Pour nous, c’est tout naturel pour un paquet de raisons. Déjà parce que Kevin Durant ne s’attendait pas à ce que le public soit aussi féroce envers lui, même deux ans après sa décision. Bien sûr qu’il s’attendait à devenir le vilain petit canard. Mais pas aussi longtemps. Il pensait que les titres lui referaient gagner un peu de sa cote de popularité. Parce que c’est ce qui s’est passé pour LeBron James. Le King a été détesté à son départ de Cleveland en 2010. Mais il n’a pas attendu son retour aux Cavaliers pour retrouver l’amour du plus grand nombre. Ses deux bagues à Miami lui avaient permis de remonter dans les sondages tout en gardant un nombre important de détracteurs. Et KD s’inspire de James. Sauf qu’il n’est pas James. Il le dit lui-même, il « sent la haine ». On parle d’un gars qui a été adulé toute sa vie. Parce qu’il était le gentil perdant. Il est devenu le méchant vainqueur. Il est sensible, même si ça le soule de le reconnaître. Il n’y a pas de mal à être sensible. Durant fait attention à ce qui se dit sur lui. Il lit tous (enfin tous, façon de parler) les commentaires sur internet. Il répond à ses haters. Toute l’attitude d’un gars qui va sérieusement songer à soigner son image de marque. Le rôle du vilain, dans le fond, ça l’use. Steve Kerr a avoué que son joueur était « moins heureux » la saison dernière. Les Warriors se préparent même psychologiquement à son départ d’après les propos rapportés par le très sérieux insider local Marcus Thompson. Ce dernier pense aussi que Durant va se barrer à la fin de l’année. Il a besoin d’un nouveau défi. Et là encore, il pourrait suivre l’exemple de James. Son ami. Son grand frère. Il rivalise avec lui mais il n’a pas peur d’admettre qu’il l’imite. LeBron a quitté une équipe forte pour relancer une franchise historique dans une ville où il entretient tous ses business. En prenant le pari d’être la seule superstar de l’équipe (pour l’instant). KD va faire de même. Mais à New York. Bordel, imaginez déjà la NBA vendre un duel de titans entre Lakers et Knicks. Los Angeles contre New York. James contre Durant. Pourquoi la grosse pomme ? Parce que c’est sa ville de cœur. L’associé et agent de KD, Rich Kleiman, est originaire de NYC. C’est là qu’ils font leurs affaires. Là qu’il passe ses étés. Vous-vous souvenez quand Durant clamait haut et fort son amour pour Kristaps Porzingis ? Et ben ils seront coéquipiers en 2019.
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