Nicolas Batum, monsieur plus : Comment le Français a transformé un favori pour le titre

Nicolas Batum, monsieur plus : Comment le Français a transformé un favori pour le titre

Nicolas Batum s'est affirmé en quelques mois comme l'un des joueurs essentiels des Clippers. Une aventure qui pourrait se finir en beauté.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

En NBA, un joueur n’est jamais vraiment jugé uniquement sur sa production. Ses performances sont le plus souvent ramenées à son statut, aux attentes et donc, de manière plus ou moins indirecte, à son contrat. Son salaire. Nicolas Batum a toujours été un basketteur solide dans la plus grande ligue du monde. Mais sa cote et la perception des fans à son égard ont changé au fur et à mesure des années passées de l’autre côté de l’Atlantique.

Les dirigeants des Charlotte Hornets ont fait une erreur d’appréciation. L’ailier français sortait d’une très belle saison individuelle en Caroline du Nord, avec 15 points, 6 rebonds et 6 passes par match. Il n’avait alors que 27 ans et entrait doucement dans son « prime. » Il faut comprendre qu’une franchise comme celle-là ne peut que rarement conserver ses meilleurs joueurs. Pas autrement qu’en mettant le prix.

Un contrat mérité mais trop lourd à porter

Coup de chance pour le natif de Lisieux, le meilleur exercice de sa carrière coïncidait (tiens, tiens) avec l’expiration de son bail ainsi qu’une hausse MASSIVE du cap en 2016. D’un coup, les franchises disposaient de tout un tas de millions de dollars en surplus. Et comme chaque humain, ou presque, elles l’ont balancé par les fenêtres en dépensant à tout va. 120 millions sur cinq ans.

Dès ce moment-là, le regard sur Batum avait changé. Il était pourtant toujours le même joueur. Mais justement, ses émoluments impliquaient un autre statut. Un autre profil. Et c’est injuste. Ça n’a pas marché. Et c’était prévisible. Il a fini par s’éclipser petit à petit de la rotation des Hornets pour finir avec 3,6 points par match la saison dernière.

Pour le public, le constat semblait simple à tirer : l’ancien manceau était terminé. Mais ça aussi, c’était bien trop hâtif. Nicolas Batum a fini par se libérer de sa dernière année de contrat – tout en percevant toujours son salaire de la part des Hornets. Il allait enfin pouvoir rebondir. Plusieurs équipes se sont mises sur les rangs, dont le Utah Jazz. Mais il a finalement opté pour les Los Angeles Clippers.

Nicolas Batum leader surprenant d’une stat qui montre son importance chez les Clippers

Des mois plus tard, la valeur portée au vétéran est encore une fois différente. Il joue pour le minimum syndical avec les Clippers. Et tout d’un coup, sa contribution paraît plus importante. Il est pourtant encore et toujours le même joueur. En plus serein tout de même. En plus fort. Plus fort mentalement après les épreuves traversées ces dernières années. Revanchard aussi, sans doute. Il est surtout déterminant dans le succès de l’une, si ce n’est la meilleure équipe de la NBA.

Le Monsieur Propre des Los Angeles Clippers

« Batman » fait à L.A. ce qu’il a toujours su faire : il s’applique dans son rôle. Sans en dépasser les limites. Il est ce joueur propre, complet, capable d’impacter le jeu de plusieurs manières différentes sans pour autant être le male alpha qui marque tous les points. Ses statistiques illustrent bien ses fonctions. 7 points, 7 rebonds, 4 passes, 3 interceptions et 1 block en 32 minutes lundi soir. Avec un différentiel de +11. Depuis le début des playoffs, il compile 9,3 points à 48% aux tirs, 37% à trois-points, 5,5 rebonds, 2,3 passes et 1,5 interception. Monsieur propre.

Monsieur plus, aussi. Parce que quand il joue, tout roule pour les Clippers. Il se concentre sur les petits détails qui font gagner. Une attitude qui lui a permis de gagner le respect et la confiance de ses coéquipiers et de son coach. Et Tyronn Lue a de nombreuses raisons de le faire jouer. 102 plus précisément. 102, comme le différentiel – positif ! – de l’équipe californienne à chaque fois que Nicolas Batum est sur le terrain. Il est de loin le premier de ce classement au sein des Clippers, avec 28 longueurs d’avance sur son dauphin Terrance Mann.

Nicolas Batum, au coeur du système

Avec son profil polyvalent, le joueur de 32 ans donne une flexibilité très précieuse à sa formation. Il est celui qui rend le « small ball » possible et, attention spoiler, le Jazz n’a aucune solution contre cette configuration. Ses bras sont suffisamment longs pour contenir les intérieurs les moins dangereux dos au panier et ses jambes sont suffisamment mobiles pour ralentir les ailiers adverses. Il est grand, il est costaud. Fier de défendre sur les scoreurs d’en face.

En attaque, Batum n’a plus besoin d’assumer le poids de son salaire. Il peut se contenter de prendre des tirs ouverts, de jouer quelques drives quand l’occasion se présente ou de faire profiter ses coéquipiers de sa lecture du jeu. C’est simple. Dans le bon sens du terme. De toute façon, Kawhi Leonard et Paul George sont là pour prendre les possessions en isolation. Ce que fait le Français autour, c’est du bonus.

Il apporte aussi son expérience. Celle d’un basketteur qui a joué de grandes compétitions. Une expérience de vie aussi. Un homme de groupe. Tout le monde ne peut pas devenir une star. Il y a ceux qui sont nés pour mener, pour être sous le feu des projecteurs. Et il y a les autres, qui complètent les rares étoiles surdouées et les aident à atteindre leur but. Ça ne les rend pas moins importants. Nicolas Batum fait partie de ceux-là.

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