Batum, Fournier, Noah, Mahinmi : Pourquoi les Français ont gagné le jackpot

Nicolas Batum, Ian Mahinmi et Evan Fournier ont tous les trois signés des deals bien juteux cet été. Focus ce qui attend désormais les trois Français.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Batum, Fournier, Noah, Mahinmi : Pourquoi les Français ont gagné le jackpot
L’entrée en vigueur des nouveaux droits TV a bel et bien fait exploser le Salary Cap cet été. Les franchises ont de l’argent à profusion et certaines dépensent (presque) sans compter. Tout bonus pour les joueurs free agents et leurs représentants qui négocient des contrats records. Parmi eux, quatre Français dont trois qui ont la particularité d’être représenté par le même agent Bouna NDiaye. Les tricolores ont eux aussi pu profiter des salaires revues à la hausse avec des deals historiques.

Nicolas Batum, 120 millions sur cinq ans aux Charlotte Hornets

[superquote pos="d"]Batum est l'un des meilleurs "all-around" de la NBA[/superquote]Le contrat le plus élevé signé par un sportif originaire de l’Hexagone. En attendant celui de Rudy Gobert. Et la note aurait pu être encore plus salée. Nicolas Batum pouvait peut-être (certainement) prétendre à quelques millions de plus en laissant traîner les négociations ou en rencontrant d’autres franchises afin de mettre plus de pression sur les Hornets. Les dirigeants de Charlotte tenaient absolument à conserver l’un de leurs meilleurs joueurs et ils étaient prêts à mettre le prix. 120 millions, c’est énorme. Mais c’est en accord avec l’évolution du marché. Et c’est en-dessous du max. DeMar DeRozan va toucher une vingtaine de millions de plus sur la même période. Mike Conley a gratté 153 plaques pour rester fidèle aux Memphis Grizzlies. « Batman » avait intérêt à rapidement boucler le deal pour pouvoir rejoindre l’équipe de France à Manille et ensuite participer au TQO. Les deux parties n’ont donc pas traîné et l’ailier de 27 ans est désormais le joueur le mieux payé de sa franchise. Une juste récompense après une saison pleine. Il a tout simplement réussi son meilleur exercice en NBA avec 14,9 points, 6,1 rebonds et 5,9 passes de moyenne en 35 minutes. Batum est l’un des principaux créateurs des Hornets en attaque. Il peut marquer des points ou offrir des paniers à ses coéquipiers. Il défend, il prend des rebonds... la cote des « all-around » a grimpé en flèche au cours des dernières années et il n’est pas étonnant que l’un des meilleurs joueurs de ce profil hérite d’un contrat aussi important.

Evan Fournier, 85 millions sur cinq ans au Orlando Magic

« Trois équipes ont proposé le max. Mais des équipes qui ne nous intéressaient pas, qui n’ont pas les moyens de gagner », confiait Bouna Ndiaye à L’Equipe après la signature de son client avec le Magic. Les dirigeants d’Orlando ont offert un beau contrat à Evan Fournier mais l’arrière français a aussi donné un coup de main à sa franchise. En acceptant 85 millions plutôt qu’une centaine, il permet au Magic de dégager encore de la marge sous le Cap. Une somme que les dirigeants ont utilisé pour compléter leur emplettes puisque Bismack Biyombo, Jeff Green ou encore D.J. Augustin ont eux aussi été recrutés par le Magic. [superquote pos="d"]En prenant moins d'argent, Fournier a aidé son équipe à recruter d'autres joueurs[/superquote]Le jeune homme a de toute façon réussi son pari en refusant une extension à hauteur de 32 millions sur quatre ans en octobre dernier. Il a continué sa progression (plus de 14 points par match) et le voilà désormais l’un des cadres d’une équipe ambitieuse à l’Est. Fournier va pouvoir jouer les Jeux Olympiques en cas de qualification des Bleus, ce qui aurait été impossible si les négociations s’étaient éternisées. Fournier n’a même pas signé une offre avec une autre franchise. Il aurait pu profiter de ce levier pour forcer les dirigeants du Magic à s’aligner et à ainsi toucher plus d’argent. « Gagner 17 ou 20 millions au bout d’un moment, cela ne change pas grand chose. Cela n’a plus de sens », poursuit son agent. Le joueur de 23 ans est un compétiteur et il se sent l’âme d’un joueur important en NBA. Et il a bien raison. Avec le départ de Victor Oladipo et la philosophie défensive que Frank Vogel s’apprête à mettre en place, Fournier pourrait bien devenir le leader offensif de son équipe. Du moins dans la création. Attaquant percutant ballon en main - et intelligent sans la gonfle - il ne serait pas étonnant le voir terminer meilleur marqueur (et deuxième meilleur passeur) du Magic à l’issue de la saison prochaine. 85 millions sur cinq ans... et 20 points et 5 passes de moyenne ?

Joakim Noah, 72 millions sur quatre ans aux New York Knicks

Il revient à la maison. Natif de New York, Joakim Noah va retrouver une ville qu'il affectionne particulièrement. Il va aussi retrouver son ami Derrick Rose, transféré aux Knicks avant la draft. Les dirigeants de la grosse pomme ont mis le prix pour acquérir les services de l'ancien DPOY. 72 millions, c'est beaucoup pour un joueur de 31 ans handicapé par des blessures la saison dernière (et les années précédentes). Robin Lopez, envoyé aux Chicago Bulls dans le cadre du transfert de Rose, était en meilleur santé et possédait un salaire moins élevé. Les deux pivots ont la caractéristique commune de protéger la raquette. Mais, à son meilleur niveau, Noah a nettement plus d'arguments. C'est un excellent passeur au poste haut. Il apporte son énergie et son leadership des deux côtés du parquet. En forme, il peut former une raquette complémentaire avec la jeune star en herbe Kristaps Porzingis. S'il s'est remis de ses pépins physiques à l'épaule, l'ancien All-Star peut faire une belle saison avec les Knicks et prouver ainsi que Phil Jackson a bien fait de miser sur lui.

Ian Mahinmi, 64 millions sur quatre ans aux Washington Wizards

En voilà un qui a profité de la signature d’Al Horford aux Boston Celtics. Les Washington Wizards cherchaient un nouveau pivot et ils ont été en course jusqu’au bout sur le dossier Horford. Ils se sont ensuite rabattus sur l’un des meilleurs joueurs disponibles sur le poste. Ian Mahinmi s’est imposé comme un titulaire crédible en NBA, surtout à l’Est, avec plus de 9 points et 7 rebonds de moyenne avec les Indiana Pacers l’an passé. A 29 ans - 30 en novembre - l’ancien champion NBA est encore dans la force de l’âge. Le deal sera peut-être nettement moins intéressant d’ici trois saisons mais les Wizards ont l’habitude de ce genre de « panic moves ». Ils veulent gagner maintenant, pas dans trois ans. Mahinmi devrait se partager le temps de jeu avec Marcin Gortat. Il pourra profiter des caviars de John Wall sur pick-and-roll en attaque et apportera sa présence près du cercle en défense. Nouveau contrat, nouvelle équipe et nouvelle crédibilité, le Français continue sa progression en NBA.
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