Scandale dans le monde de la sneaker  : La VP de Nike démissionne à cause… de son fils

Scandale dans le monde de la sneaker : La VP de Nike démissionne à cause… de son fils

L'incroyable histoire de Resell Boy et Backdoor Mum, ou comment la vice présidente de Nike US a dû démissionner, suite à la découverte du business de revente de son fils.

HangtimeMarsPar HangtimeMars | Publié  | BasketSession.com / HOOP CULTURE / Sneakers

Amateurs d'histoires improbables, prenez votre temps et asseyez vous tranquillement pour écouter l'annonce d'un coup de tonnerre : hier matin a été annoncée la démission de la très influente Ann Hebert, VP de Nike pour la partie Nord Américaine du globe, c'est à dire le vaisseau amiral.

Tout est parti de la publication d'un article sur le média économique Bloomberg qui s'est intéressé au business très lucratif du "resell" de sneakers. A 19 ans, le dénommé Joe s'et fait une belle réputation dans le game, notamment grâce à son compte Instagram West Coast Streetwear. Les images partagées parlent d'elles même : des centaines de paires exposées, toutes plus rares les unes que les autres, et même des Air Mag trouvées soit disant dans un garage (!).

En plus de ça, Joe est un personnage incontournable d'un groupe de revendeurs via la messagerie Discord, grâce aux infos exclusives sur les releases et previews qu'il partage (moyennant finances, bien sur...).

132 000 dollars pour ramasser 600 paires de Yeezy

Les chiffres donnent le tournis : 132 000 dollars pour ramasser 600 paires de Yeezy, 42 000 dollars récupérés pour les Mag achetées 22 000, et au total des centaines de milliers de billets verts de gains mensuels. Donc jusque là, rien de foufou, juste une histoire de reseller qui a la chance d'avoir des infos avant tout le monde, et des bots performants qui permettent de récupérer des stocks énormes pendant que nous, pauvres sneakerheads mortels, nous entassons les L week-end après week-end.

Les mises en scène du jeune homme au visage flouté sont devenues de nos jours tristement habituelles et ce type de comportement a été récemment pointé du doigt lors de la très médiatisée sortie de la Air Jordan 1 en collaboration avec le shop Trophy Room de Marcus Jordan, fils de qui vous savez.

La sortie avait été très limitée, et les photos des resellers entourés de la paire en des dizaines d'exemplaires avaient choqué le grand public, relançant le débat sur le fameux "backdoor" et autres avantages privant les fans de leurs silhouettes favorites au prix retail pour alimenter les seconds marchés où les prix n'ont parfois plus aucun sens. Nike et Jordan Brand se seraient bien passés de cette mauvaise pub, même si elle est restée confidentielle et connue uniquement des passionnés.

Nike

Nike

Mais soudainement, l'article de Bloomberg prend une incroyable tournure : trop occupé à faire le mariole sur les réseaux sociaux, le gamin ne réfléchit pas beaucoup, et parmi les documents et informations fournis au journaliste se trouvent un numéro de téléphone et de carte de crédit au nom de Ann Hebert... sa mère !

Le fiston avait pris grand soin de ne pas citer cette dernière, mais se voit rattrapé par la patrouille et un journaliste compétent. Il supplie alors l'auteur de ne citer aucun nom et ne répond plus à aucune demande, mais bien sûr la découverte est trop belle pour rester dans un carton.

Resell Kid et Backdoor Mum

Sentant le vent tourner, Nike annonce qu'en 2018, Madame Hebert avait d'ores et déjà informé son employeur des activités professionnelles de son rejeton, sans que cela n'affole personne dans l'Oregon.  Apparemment, aucune collusion ou conflit d'intérêt n'avait été retenu. Seulement, en trois ans (et avec la pandémie), le marché de la revente est devenu une économie parallèle incontournable.

Forcément, le coup des paires de Mag "trouvées" dans un garage, les centaines de paires de Off White devant un immense hangar et les infos confidentielles partagées, tout cela prend subitement un autre sens, surtout quand les sommes sont avancées par maman.

Alors certes, Joe se défend que son business est plus large que Nike, mais le mal est fait, et Ann se voit gentiment poussée vers la sortie et forcée à démissionner, le tout annoncé par un communiqué de Nike. Depuis hier, le pauvre enfant a annoncé que du fait du licenciement de sa mère, il n'aurait plus aucune information à partager, remerciant tout de même pour l'expérience. Encore un bel aveu de collusion entre Resell Kid et Backdoor Mum.

Depuis cette nouvelle, internet (qui ne perd jamais) s'en donne à cœur joie dans la rigolade, et l'on se demande si cette affaire va changer quelque chose sur les systèmes de sortie. Les plus optimistes se disent que, dès samedi, la réussite sera au rendez-vous sur l'application SNKRS et que les bots seront mieux contrôlés. Les autres pensent que tout cela ne changera rien, et que c'est certainement orchestré par les équipementiers pour alimenter un manque et un buzz permanent.

L'immonde Roy Cohn, mentor des non moins affreux Roger Stone et Donald Trump, adorait dire "peu importe qu'on parle mal de toi, du moment qu'on parle de toi".

Nike

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