Oklahoma City Thunder : et maintenant ?

Apres l'extension de contrat de Serge Ibaka, le Thunder va devoir s'attaquer à celui de James Harden. Affaire de gros sous...

Benoît JametPar Benoît Jamet  | Publié  | BasketSession.com / NEWS
Oklahoma City Thunder : et maintenant ?
Mine de rien, et peu à peu, les finances de la franchise d'Oklahoma City s'approchent de la zone rouge ou plus exactement de la zone plancher pour la "Taxe de Luxe" (70 millions de dollars tout en sachant qu'il existe le "tablier" qui y ajoute 4 millions de dollars pour les calculs concernant les clauses disponibles aux équipes payant cette taxe). La payer ou ne pas la payer, c'est une décision économique tout autant que sportive et les dirigeants pourraient s'orienter sur une décision intermédiaire, comme se donner les moyens de gagner un titre dans les deux ans avant de repenser l'équilibre économique de l'équipe, elle qui ne peut compter que sur le deuxième plus petit marché de toute la NBA.  

La rançon du succès

  [caption id="attachment_38810" align="alignleft" width="250" caption="Sam Presti, le cerveau derrière le succès d'OKC."][/caption] Après quelques saisons à récolter les fruits d'excellentes drafts (Durant, Westbrook, Ibaka, Harden, Green transformé en Perkins...), le GM, Sam Presti, s'est déjà vu "contraint" il y a deux ans d'assurer le futur de la franchise en faisant tout d'abord signer un contrat max à Kevin Durant (85 millions sur 5 ans signés en 2010 et qui a pris effet en 2011) puis à Russell Westbrook au mois de janvier dernier (78 millions sur 5 ans qui vont prendre effet au mois de novembre). Avec ces deux piliers de la franchise, ce sont plus de 30 millions de dollars (30,4 la saison prochaine) qui sont occupés pour les 4 années à venir. Le contrat de Kendrick Perkins courant encore pour 3 saisons à un taux plutôt raisonnable pour un big-man (une moyenne de 9 millions par an), ce sont les deux autres solistes ayant emmené le Thunder en finale, James Harden et Serge Ibaka, qui ont posé question durant cette intersaison. Cette question était assez simple pour le GM : les deux joueurs étant restricted free-agents (RFA) lors de la prochaine inter-saison (où OKC pourrait donc proposer le même contrat que celui offert par une franchise concurrente en juillet 2013 sans se soucier de dépasser le salary cap  - 58 millions de dollars - comme cela s'est passé pour Nicolas Batum et Portland), le Thunder avait le choix entre essayer de trouver un arrangement pour une extension de contrat avant le 31 octobre (date butoir pour signer ces extensions) ou bien tenter sa chance en juillet prochain, tout en sachant que le prix à payer serait sûrement élevé. Avec l'extension de contrat de Serge Ibaka, le GM a fait le choix de proposer une somme légèrement inférieure à ce que le joueur aurait pu obtenir sur le marché puisqu'un joueur avec moins de 6 années d'ancienneté dans la Ligue, comme Ibaka, peut en effet prétendre à un salaire maximum de 13,66 millions de dollars pour la saison 2012-2013. Le joueur a préféré jouer la carte collective en acceptant un deal à 12 millions par saison (48 millions sur 4 ans), un peu à l'image de ce pour quoi les Spurs Parker et Ginobili avaient opté à l'été 2010. Mais alors qu'Ibaka aurait peut-être eu du mal à trouver une franchise lui proposant un contrat max en juillet 2013 (quoiqu'un jeune joueur hyper-aérien de 23 ans, tournant à 8,5 pts,  7 rbds et 2,4 ctrs sur ses 3 saisons tout en shootant à 54%, est toujours tentant pour une franchise en quête de punch à l'intérieur), on sait déjà que pas mal de clubs se sont mis sur les rangs pour pouvoir accueillir James Harden dès l'été prochain, en lui proposant ce fameux contrat maximum. D'après Zach Lowe de Sports Illustrated, ce seraient même 13 teams qui seraient prêtes à proposer ceci au barbu. Certaines (comme Houston, Dallas, Cleveland, Charlotte, Atlanta et Detroit) auront l'espace nécessaire pour proposer directement ces 13,6 millions (Harden étant dans la même tranche que Serge Ibaka) tandis que d'autres (San Antonio, Toronto, Utah) devront d'abord renoncer à leurs droits sur leur propres free-agents (Ginobili, DeRozan, par exemple) avant d'avoir l'espace financier nécessaire. Enfin, quelques-unes (Phoenix et New Orleans) devront décliner leur "Team Option" sur des joueurs comme Wesley Johnson ou Xavier Henry pour avoir le droit de participer à la loterie Harden. Et c'est bien là la "chance" de Sam Presti, puisque le Thunder, lui, n'aura qu'à accepter ou refuser de payer ces 13,6 millions, sans se soucier de son salary-cap et vivra alors avec les conséquences. Alors, justement, quelles seraient les vraies conséquences financières sur le Thunder de ce contrat max pour le 4ème mousquetaire (enfin, eux, c'était plus la moustache que la barbe mais passons...) ?  

Resigner ou ne pas resigner Harden ?

  Avec un Harden à 13,6 millions de dollars, le Thunder devra payer dès 2013-2014 la "Taxe de Luxe". En effet, la somme des salaires de l'effectif atteindrait les 75 millions et ceci sans compter Maynor (RFA en juillet 2014 avec une Qualifying Offer de 3,3 millions), Aldrich (Team Option de 3,2 millions en 2014) ou Thabeet (contrat d'1,2 million garanti seulement partiellement dès 2014). En y additionnant les "petits" salaires, que l'effectif comprendrait forcément pour faire le nombre, Sam Presti serait à la tête d'un effectif lui coûtant environ 80 millions de dollars.
C'est entre 7,5 millions et 12,5 millions de dollars que le Thunder devra reverser à la Ligue dès 2013.
D'après les calculs de Lowe, le palier de la Taxe de Luxe se situerait en juillet 2014 aux alentours de 72,5 millions, ce qui mettrait au minimum le Thunder en "infraction" de 2,5 millions de dollars (mais, potentiellement, de 5 à 6 millions de dollars). Néanmoins,  ce ne sera pas seulement cette somme que Clay Bennett, le propriétaire, devra payer car dès l'inter-saison 2013-2014 se mettra en place le système de "Taxe exponentielle", mettant au rebus la règle du "1 dollar au dessus = 1 dollar de taxe". Avec cette augmentation du tarif, c'est entre 7,5 millions et 12,5 millions de dollars que le Thunder devra reverser à la Ligue, ce qui amènerait leur budget total entre 85 et 90 millions de dollars. C'est avec ces calculs en tête que Sam Presti devra décider de la suite à donner quand Rob Pelinka, l'agent de Harden mais aussi de Durant, Kobe ou Boozer, arrivera avec une offer-sheet à 13,6 millions de dollars. La logique économique mise de côté, c'est plutôt la courbe sportive suivie par le Thunder depuis 3-4 ans qui voudrait que Presti accepte ce deal pour de multiples raisons.  

Oui, Presti va garder Harden

  James Harden a été élu meilleur 6ème homme de NBA dès sa troisième année et son éclosion lors des playoffs 2012 fut une des raisons de l'apparition d'Oklahoma City en Finale, participant grandement au retour contre les Spurs en Finale de Conférence Ouest avant de sombrer quelque peu contre les Tres Amigos. Presti a été élevé à l'école Spurs (il fut celui qui encouragea San Antonio à drafter Tony Parker) et le Big Three texan, en place depuis plus de 10 ans, doit lui avoir donné des idees. Si le propriétaire donne son accord, Presti pourrait donc décider de payer la Taxe de Luxe pendant les deux prochaines saisons et garder l'ossature de ce qui ressemble au plus grand concurrent des Lakers au titre de Champion de l'Ouest. En effet, les contrats de Kendrick Perkins (un vrai défenseur à opposer à Dwight Howard) et de Nick Collison expireront en juillet 2015, libérant ainsi 12 millions de dollars et faisant ainsi repasser le total salarial du Thunder à 66 millions de dollars, sous la Taxe de Luxe. Avec son talent pour choisir d'excellents jeunes lors de la draft (Perry Jones sera forcément à suivre la saison prochaine), Presti pourrait alors déjà avoir sous contrat rookie les jeunes qui assureront la relève. A moins qu'il ne prenne cette première saison de Dwight Howard à Los Angeles comme un banc d'essai envers Perkins et que, le cas échéant, il ne s'en débarrasse à travers un trade ou l'Amnesty Clause (le contrat de Perkins a été signé avant l'entrée en vigueur du nouveau CBA, le rendant "amnistiable" pendant toute sa durée). Dans tous les cas, et même si James Harden n'est jamais meilleur qu'en contre-pied, il ne faudra sans doute pas attendre d'extension signée par le #13 d'ici le 31 octobre, vu la fortune qui lui est promise en juillet prochain. Si Sam Presti parvenait néanmoins à le faire signer pour moins de 13,6 millions, le deal prouverait qu'Harden pense véritablement qu'OKC peut gagner le titre dans les 2-3 prochaines saisons mais aussi que Sam Presti aurait déjà presque son nom sur le trophée d'Executive of the Year 2013.
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