Reggie Harding : le cauchemar américain

C'était dimanche les 40 ans de la mort de Reggie Harding, pivot des 60's à la réputation sulfureuse.

Yann LachendrowieczPar Yann Lachendrowiecz  | Publié  | BasketSession.com / NEWS
Reggie Harding : le cauchemar américain
C’est une histoire d'un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître et que certains auraient préféré oublier. C’était ce dimanche 2 septembre 2012 les 40 ans de la mort du tristement célèbre Reggie Harding, grand espoir déchu du basket US des années 60. Un destin unique entre drogue, violence et un peu de basketball. Enfant de Detroit, le jeune Reginald, surnommé Reggie, né un 4 mai 1942. Il devient rapidement la pépite du basket local et intègre le Detroit Eastern High School . Grâce à un talent précoce combiné à un gabarit hors norme (2m13), le jeune homme, issue d'une famille monoparentale, est drafté par les Pistons (#29) en 1962, devenant ainsi le premier joueur de l’histoire à intégrer la NBA sans être passé par la case université. L’inconvénient, c’est qu’à seulement vingt ans, le pivot prodige est fragile psychologiquement et surtout déjà accroc à la drogue. Un mal qui le rongera tout au long de son existence. Avec Detroit, il maintient néanmoins une ligne statistique honorable avec 10 points de moyenne pendant deux saisons sur les trois qu’il passera au sein de la franchise du Michigan. Efficace sur le parquet, sa réputation commence à s’assombrir en dehors du terrain. Il lui est notamment reproché de prendre régulièrement l’avion pour des voyages suspects.

Menaces de mort envers son GM et un coéquipier

Harding manque de plus en plus de matches et quitte Detroit pour Chicago en 1967, mais après une saison durant laquelle il jouera seulement 14 rencontres avec les Bulls où ses stats sont en chute libre, l'histoire tourne court. Malgré une image complètement détériorée, Indiana l'engage dans ses rangs et lui propose un nouveau challenge au sein de l'ABA. S'il se refait une santé sur le terrain, (13,4 points, 13,4 rebonds en 25 matchs), il est de moins en moins lui-même (mais l’a-t-il vraiment été un jour ?). Celui à qui les observateurs auraient promis la lune poursuit à Indianapolis sa descente aux enfers allant même jusqu’à menacer son coéquipier Jimmy Rawl avec une arme à feu. Le GM des Pacers de l’époque subira également le même sort mais par presse interposée. Devenu complètement incontrôlable, la rumeur dira qu'Harding a même pris l’habitude de se promener avec un flingue dans son sac de sport (Gilbert Arenas likes this). Marginalisé, sa carrière se termine aussi prématurément qu'elle a commencé. A 25 ans, il est désormais bien loin du monde du basket et zone dans Detroit entre alcool, drogue et braquages foireux qui l'emmèneront vers les tribunaux et la prison. Un jour, alors qu'il aurait tenté de braquer une boutique de Detroit à visage découvert, la légende raconte que le vendeur aurait reconnu la grande carcasse du bonhomme :
« Qu’est ce que tu fais, Reggie ? » « Ce n’est pas moi man », aurait alors répondu Harding qui ne savait pas encore qu'il vivait les dernières années de sa vie.

Une tragédie familiale

L’histoire de Reggie Harding connaîtra un dénouement aussi tragique que prévisible puisqu’il sera retrouvé sans vie au coin d'une rue de Detroit en 1972, assassiné de deux balles dans la tête après une banale embrouille sur fond de drogue et d'alcool… Deux semaines avant, c’est sa mère qui avait succombé à ses blessures après avoir été touchée par une balle perdue à la poitrine. Onze ans plus tard, son fils Reggie Jr suivra l'exemple paternel et sera lui aussi condamné, accusé de complicité de meurtre sur un étudiant pour une histoire à 1$... Enfin, pour ternir encore une mémoire déjà bien entâchée de son vivant, Harding finira par être accusé de viol à titre postume par la chanteuse des Supremes, Florence Ballard. Reggie Harding aurait eu 70 ans en 2012. Il n’en aura vécu que 30, à un rythme d'enfer...
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