Tim Duncan, icône tranquille d’une génération

Si beaucoup de fans considèrent que Kobe Bryant a davantage marqué les années 2000, Tim Duncan a laissé une empreinte au moins aussi indélébile.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Tim Duncan, icône tranquille d’une génération
"Vous pouvez le classer tout en haut, parmi les meilleurs big men". Le compliment adressé à Tim Duncan quelques heures après le 5e sacre de la figure de proue des Spurs ne vient pas du premier venu. Bill Russell, tout sourire au côté d'un joueur de 42 ans son cadet, tient Duncan en plus haute estime que quiconque parmi les légendes qui lui ont succédé au Panthéon de la NBA. Avec ses bagues rutilantes et son éternelle barbe blanche, le joueur le plus titré de l'histoire (11 fois champion avec Boston), voit chez l'intérieur des Spurs l'humilité et la sagesse qui a parfois manqué à certains de ses homologues. On le savait avant cette nouvelle consécration, cela s'est confirmé la nuit dernière : Tim Duncan est le plus grand champion de sa génération, celle des années 2000. D'aucuns avanceront que Kobe Bryant, qui possède le même nombre de bagues, mérite tout autant ce titre, d'autant qu'il possède un style plus funky et spectaculaire que le placide Duncan. Pour qui veut s'attacher à la manière dont sont garnies leurs armoires à trophées respectives, "Timmy" devrait pourtant être le premier choix. En plus de ses 5 titres de champion, il compte 3 distinctions de MVP des Finales et 2 de MVP de la saison régulière, soit à chaque fois une de plus que le "Black Mamba". Pour ne rien gâcher, le "Big Fundamentals est le premier joueur de l'histoire à remporter des titres sur une fenêtre de trois générations (les années 90, 2000 et 2010) ainsi que sous trois présidents américains différents : Bill Clinton, George Bush et Barack Obama... [superquote pos="g"]Des titres sous trois présidents différents : Clinton, Bush et Obama.[/superquote]Moins assassin au sang froid que force tranquille et indéboulonnable, Duncan a traversé les années avec une constance phénoménale. Après s'être appuyé sur l'expérience de David Robinson à son arrivée dans la ligue en 1997, c'est lui qui s'est mué en meneur respectable et respecté auprès de joueurs moins expérimentés que lui. Tous ceux qui sont passés par la case Spurs à un moment de leur carrière lors des 15 dernières années louent l'aura et le leadership du gamin des Iles Vierges. Froid et effrayant au début pour certains jeunots comme Tony Parker, qui racontait il y quelque temps que Duncan ne lui avait pas directement adressé la parole lors de toute son année rookie, le #21 est adoré de tous lorsqu'il daigne accorder sa confiance et son amitié.

Un impact jamais démenti, même à 38 ans

Ceux qui le qualifient d'inexpressif et de glacial n'ont qu'à regarder son visage se déformer de rage après sa claquette dunk énorme dans le game 3, son expression de gratitude lors de sa sortie sous une incroyable ovation la nuit dernière ou les trémolos dans sa voix au moment d'évoquer cet accomplissement et la fierté de ses enfants après les moments difficiles traversés par sa famille. Le plus fou à l'heure actuelle est sans doute qu'il continue d'avoir un immense impact sur le jeu à 38 ans. Là où Kevin Garnett et d'autres dinosaures, parfois moins âgés que Duncan, sont proches de l'extinction, l'intéressé sort d'une saison régulière à 15.1 points (mieux qu'il y a 4 ans) et presque 10 rebonds, sans parler de ses prouesses en playoffs où ses doubles-doubles lui ont permis de rayer Magic Johnson du livre des records en la matière en post-saison. S'il reste quelque peu énigmatique quant à la suite des opérations, on ne voit pas pourquoi il quitterait la ligue alors qu'il continue d'être l'un des spécialistes du poste. La presse évoquait récemment un challenge né en lui lorsqu'il s'est rendu compte que ses Spurs ne craqueraient pas contre le Heat comme l'an dernier : le back-to-back, un exploit pas si fréquent qui a jusque-là échappé aux Texans. Rien ne semble impossible pour Tim Duncan. Pas même remporter un 6e titre sous le mandat d'un 4e chef de l'état différent, lui qui aura la quarantaine passée lorsque Barack Obama quittera la Maison Blanche en 2016...  
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