« Thibs », tu nous manques

Une saison de NBA sans Tom Thibodeau et sa science, ça fait quand même drôle. On rêve de revoir Thibs reprendre du service, surtout s'il décide de s'occuper des jeunes Wolves.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
« Thibs », tu nous manques
Les coaches qui font l'unanimité ne sont pas si nombreux en NBA. Entre les types trop caractériels, les has been et ceux qui n'ont pas réussi la moindre saison honnête, un paquet de techniciens ne peuvent pas prétendre à n'importe quel poste qui se libérerait du jour au lendemain. Et puis il y a Tom Thibodeau. Dès que l'un de ses collègues prend la porte ou semble condamné, son nom est immédiatement évoqué. Mais le "Thibs" est un type précautionneux. Jamais il n'irait jouer les pompiers de service en cours de saison sans disposer d'aucune visibilité sur le projet. Comme à Chicago, où son règne de 5 ans s'est achevé l'été dernier, l'ancien adjoint de Doc Rivers a besoin de savoir qu'il aura les mains libres pour imprimer le style de basket qui lui est cher. On ne va pas le cacher, Tom Thibodeau nous manque. Sa voix cassée par la passion et les consignes. Ses décryptages sur tableau magnétique des tactiques adverses à deux heures du coup d'envoi aussi clairs que du klingon. Sa disponibilité et son côté prolixe dès qu'il parlait de ses Bulls. Son goût pour la défense et le boulot bien fait. Sa faculté à transformer Joakim Noah en point forward. Tout ça, en somme. On aimerait vraiment que l'une des rumeurs quasi quotidiennes sur son compte soit fondée. A vrai dire, l'une d'entre elles nous séduit particulièrement. Pas celle qui l'envoie aux Knicks à la fin de la saison. On a bien envie que New York arrête d'être la risée de la ligue, mais le risque de voir Thibodeau bridé par l'omnipotent Phil Jackson est réel et la mayonnaise a peu de chances de prendre. Pas non plus celles qui l'annoncent dans "un gros marché", sous prétexte qu'il aurait cette exigence après avoir enchaîné Boston et Chi-Town. Non, nous on voudrait qu'il aille se les geler un peu dans le nord du Midwest, du côté de Minneapolis, pour surprendre tout le monde.

Boucler la boucle

Le décès brutal de Flip Saunders, qu'il repose en paix, a contraint les Wolves a revoir leurs plans et à nommer le vénérable mais limité Sam Mitchell au poste de head coach. Mitchell a une certaine science du basket et une pédagogie plutôt bien adaptée à la situation (même si on a pu voir que sa patience avait des limites), mais pas les outils pour faire passer le niveau suivant à ce groupe bourré de talent mais encore un peu tendre et bancal. Qui d'autre que Tom Thibodeau pourrait mieux aider Andrew Wiggins, Karl-Anthony Towns, Zach LaVine ou Shabazz Muhammad à passer un vrai cap ? A leur inculquer des valeurs qu'ils ignorent pour le moment ? Quel autre coach aura immédiatement le respect des dinosaures du vestiaire, si toutefois ils sont encore là l'an prochain, que sont Kevin Garnett, Tayshaun Prince ou Andre Miller ? Wiggins et Towns ont tous les deux des qualités qui doivent leur permettre d'être des two-way players dominants, surtout Towns, ou au moins de niveau All-Star. La patte Thibodeau pourrait justement les aider dans cette voie. [caption id="attachment_313144" align="alignleft" width="200"] Oh le bel hidalgo ![/caption] La franchise du Minnesota a beau être l'une des moins sexy et performantes de la ligue depuis 10 ans, le frémissement ressenti par intermittence ces derniers mois nous fait dire qu'un type de la trempe de "Thibs", avec sa gouaille et son expérience du haut niveau (on l'oublie souvent mais il a aussi fait partie de la "galaxie" Gregg Popovich en étant son adjoint pendant trois ans), peut permettre à "Minny" de chambouler un peu l'ordre établi dans la Conférence Ouest et mettre fin à 12 saisons consécutives sans playoffs. Alors qu'il approche de la soixantaine, Tom Thibodeau pourrait, en plus, boucler la boucle. Avant d'être le spécialiste défensif des Spurs, des Sixers, des Knicks, des Rockets et donc des Celtics, c'est à Minneapolis qu'il a débuté sa carrière en NBA entre 1989 et 1992, sous la coupe de Bill Musselman. "Tom est jeune, mais c'est un vrai cerveau en matière de basket. Il a un bel avenir et je suis ravi qu'il nous rejoigne", avait alors déclaré le prophétique Musselman, décédé prématurément il y a 15 ans. On va suivre attentivement ce que décidera l'intéressé cet été, d'autant que l'on sait qu'il est très courtisé par plusieurs chaînes de télé avides d'utiliser son oeil expert. En espérant que le parfum des matches lui manque suffisamment pour qu'il décide de ne pas prendre une autre année sabbatique....
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