Brad Stevens : qui est le cerveau des Boston Celtics ?

Brad Stevens : qui est le cerveau des Boston Celtics ?

Brad Stevens a emmené ses Celtics jusqu'en finale de Conférence cette année, en attendant peut-être mieux. Voici le portrait que l'on avait fait de lui en 2018. Comment un petit génie sans réseau, ni grande carrière, a réussi à se poser en successeur potentiel des légendes du coaching.

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Brad Stevens

The Brad Stevens Way

Outre cette approche, c'est sa personnalité qui a convaincu Danny Ainge de miser sur lui pour relancer la franchise la plus titrée de l'histoire de la NBA. Sur les 29 autres bancs de la ligue, aucun technicien n'est aussi calme, placide et serein que lui. Ses critiques contre l'arbitrage sont rarissimes. Il n'est pas non plus du genre à fracasser une tablette après avoir perdu ses nerfs ou même à prendre un joueur à partie pendant un temps-mort. La présence d'une caméra ne fait pas soudainement de lui l'un de ces coaches possédés pris d'envolées lyriques que l'on ne voit qu'au cinéma. Au bord du terrain, il reste fréquemment les bras croisés, constamment dans l'analyse et la réflexion.

L'ancien Strasbourgeois Matt Howard, aujourd'hui à Tel Aviv, a été pendant quatre saisons l'un de ses hommes de confiance à Butler. Il nous a raconté « son » Brad Stevens.

« L'adjectif qui le définit le mieux, c'est ‘‘préparé’’. Je n'ai jamais joué pour un coach qui était autant dans l'anticipation de chaque situation. S'il ne s'emporte pas, c'est qu'il est préparé à tout ce qui peut survenir.

Tactiquement, psychologiquement, il aura une réponse. On savait exactement qui étaient nos adversaires, leurs tendances de jeu et comment les contrer. Au niveau de l'utilisation de la vidéo, des statistiques, je pense qu'on était mis dans des conditions privilégiées. »

Et Howard de mettre l'accent sur le flegme et le charisme du personnage.

« S'il veut corriger quelque chose, il montera un peu le volume, mais toujours positivement. Il veut que ses joueurs soient confiants, lucides et sûrs d'eux. Pas qu'ils perdent leurs moyens parce que leur coach les a humiliés.

J'ai vu Brad Stevens s'énerver une ou deux fois. Mais c'est justement parce que c'est rare que ça interpelle et que ça fonctionne. Par contre, croire que ce n'est pas un compétiteur parce qu'il est toujours calme et pondéré est une erreur. Il cherche toujours le moyen de prendre le dessus et de gagner. Sinon, on n'aurait jamais eu cette réussite-là. »

Paradoxalement, si Stevens semble effectivement avoir un coup d'avance à chaque fois sur le plan tactique, c'est sa capacité à chérir l'instant présent qui fait aussi sa force. Chaque séquence a de la valeur et est une sorte de mini-match dans le match. Il suffit d'observer le comportement de ses équipes après chaque temps-mort. En attaque, comme en défense, il est rare que la possession qui suit ne débouche pas sur un panier ou un stop. C'est en partie parce qu'il arrive à faire croire à ses joueurs que les secondes qui suivent vont décider du résultat final.

Collectivement, il est toujours parvenu à s'appuyer sur des éléments capables de pousser leurs adversaires à la faute et de leur faire payer au centuple leur éventuelle condescendance. A Butler, comme chez les Celtics, il est parvenu à sublimer des groupes qui ne transpiraient pas le talent individuel et ne suscitaient pas d'attentes extrêmement élevées.

« J'ai toujours essayé de recruter des joueurs qui avaient des qualités cachées, intangibles et qui, pour une raison ou une autre, n'étaient pas perçus comme excellents. Je veux des joueurs qui font le job au maximum de leurs capacités et ne se soucient que d'une chose : faire gagner l'équipe.

Lorsque l'on partage la balle, que l'on joue avec énergie et que l'on défend, on peut passer d'une bonne équipe de basket à une équipe extrêmement difficile à battre », racontait Stevens dans l'Indy Star il y a quelques années.

Qu'une équipe avec un palmarès aussi inexistant que Butler fasse la nique aux puissants a valu au jeune technicien un regain d'intérêt qu'il ne souhaitait pas forcément à l'époque. Des facs comme UCLA lui ont ainsi proposé près de trois millions de dollars par an (contre 750 000 à Butler) pour le débaucher. A chaque fois, l'offre a été déclinée.

« La fidélité n'est pas un vain mot chez lui. Quand il accorde sa confiance et qu'il sent que son projet est soutenu par sa direction et par ses joueurs, il ne lâche pas. Après, il y a des offres qui ne se refusent pas. Quand on peut coacher Boston, on ne dit pas non.

Ce que fait Gregg Popovich à San Antonio en termes de longévité, je pense que Brad y aspire et qu'il est capable de le faire », prévient Matt Howard.

Devenir une institution au sein d'une institution ne s'annonce pas simple, mais si on peut parier sur une chose pour redonner à Boston ses lettres de noblesse, c'est bien la « Stevens Way ».

Ce portrait de Brad Stevens est extrait du numéro 65 de REVERSE.

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