Les 5 coaches aussi méritants que Popovich et Kerr

Gregg Popovich et Steve Kerr vont très probablement occuper les deux premières places du classement des coaches de l'année dans quelques jours. Et si on décidait de se passer des deux cadors pour se concentrer sur d'autres prétendants légitimes ?

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Les 5 coaches aussi méritants que Popovich et Kerr
On peut voir les choses de deux manières différentes en ce qui concerne le titre de coach de l'année. On peut se dire que chaque saison ou presque, Gregg Popovich et le coach de la meilleure équipe de la ligue au classement (donc parfois Popovich lui-même), doivent obligatoirement occuper les deux premières places. Le travail de Pop pour que son équipe reste compétitive chaque année et joue au basket de manière aussi parfaitement calibrée peut justifier cette prise de position respectable. Honorer un type capable de faire en sorte que son équipe ait le meilleur bilan de l'histoire de la ligue, comme Steve Kerr, est aussi parfaitement compréhensible. Mais on peut aussi se dire que le but est de récompenser les coaches qui ont eu un impact clair sur la progression ou l'éclosion d'une équipe, particulièrement avec des effectifs nettement moins compétitifs que ceux dont disposent Popovich, Kerr ou même Doc Rivers. En excluant de manière totalement injuste les deux "stars" que sont le gourou des Spurs et le petit génie des Warriors, voici les 5 coaches qui, selon nous, méritent d'être récompensés et de figurer sur le podium. Pour l'ordre, c'est un peu à l'appréciation de chacun...

Brad Stevens (Boston Celtics)

Sur le papier, et en prenant ligne par ligne, le roster des Celtics n'est pas qualitativement catastrophique, loin de là. Mais combien de coaches auraient réussi à faire de ce groupe un 6e de Conférence et une équipe extrêmement solide sur le plan collectif ? Aujourd'hui, personne n'est choqué de voir qu'Isaiah Thomas est un All-Star et l'un des meilleurs meneurs de la ligue, ou que Jae Crowder est un two-way player extrêmement convaincant? On en oublie presque qu'au sein de la rotation serrée, seul Evan Turner et Marcus Smart (deux remplaçants) ont été draftés haut à leur arrivée dans la ligue. Derrière, on trouve une armée de joueurs soit sous-cotés dans leurs premières années, soit incroyablement bien coachés par Brad Stevens depuis qu'ils évoluent sous ses ordres : Avery Bradley (19e), Isaiah Thomas (60e), Jae Crowder (34e), Jared Sullinger (21e), etc...  On opte pour la seconde proposition. L'ancien coach de Butler a le chic pour faire en sorte que ses joueurs soient irréprochables tactiquement et il parvient à exploiter le maximum de leurs capacités. Il y a fort à parier que beaucoup de coaches n'auraient même pas atteint la post-saison avec un effectif aussi jeune et dépourvu de vrai franchise player. On a hâte de voir ce qu'il est capable de faire avec un vrai joueur polarisant l'an prochain ou dans un futur proche. Ce qu'il a de plus que Gregg Popovich et Steve Kerr : La jeunesse et des articulations en bonne santé.

Terry Stotts (Portland Trail Blazers)

Si on avait fait un sondage en début de saison pour interroger les observateurs sur le nom du premier coach viré cette saison, celui de Terry Stotts aurait été l'un des premiers cités.  Le coach des Blazers n'a pas pu emmener son équipe plus loin qu'en demi-finale de Conférence par le passé et on n'était pas sûr qu'un projet de reconstruction patient avec probablement l'une des deux ou trois dernières places de la Conférence Ouest à la clé était fait pour lui. Quelle erreur ! Avec le seul Damian Lillard en survivant du 5 des saisons précédentes et une légion de joueurs revanchards et prêts à faire le sale boulot, Stotts a décroché le 5e spot à l'Ouest. Mieux, on l'a découvert dans une posture beaucoup plus pédagogue et tacticienne que par le passé. Réussir à faire sur-performer une équipe où Al-Farouq Aminu, Mason Plumlee, Allen Crabbe et Gerald Henderson ont un temps de jeu faramineux mérite le respect. La confiance qu'il a instillée chez CJ McCollum, dont l'explosion a eu son importance dans la belle campagne de Portland, est aussi un coup de maître. Ce qu'il a de plus que Gregg Popovich et Steve Kerr : Il parle français grâce à ses 5 années de joueur à l'Etoile Voiron, la Chorale de Roanne et Sceaux. Cocorico.

Steve Clifford (Charlotte Hornets)

Michael Jordan aurait très bien pu, au sortir d'une saison 2015 sans playoffs, se dire que Steve Clifford n'était pas l'homme de la situation et qu'un nom plus ronflant serait plus adapté à ses ambitions. Moins spécialisé dans la bourde qu'à ses débuts de dirigeant, MJ a affiché toute sa confiance en Clifford et grand bien lui en a pris. Sous ses ordres cette saison, Charlotte est devenue l'équipe qui perd le moins de ballons en NBA, mais aussi un cauchemar en termes de matches-up pour ses adversaires. Clifford a su ressusciter Marvin Williams, redonner du jus à Jeremy Lin, faire accepter à "Big Al" Jefferson un rôle de remplaçant, permettre à Nicolas Batum de réussir la meilleure saison de sa carrière et Kemba Walker de franchir enfin le cap qui lui manquait pour être considéré comme un All-Star potentiel. Rien que ça. Cinquièmes de la Conférence Est, les Hornets ont progressé dans tous les secteurs et on sent que les joueurs ont beaucoup de respect pour leur coach, ce qui n'est pas le cas partout. Comme Brad Stevens, il prouve que même sans véritable franchise player, on peut tout de même jouer le haut de tableau. Ce qu'il a de plus que Gregg Popovich et Steve Kerr : Il a déjà montré qu'il était capable de faire bosser Dwight Howard correctement lorsqu'il était assistant à Orlando. Personne n'a réussi depuis.

Erik Spoelstra (Miami Heat)

Il a souvent été qualifié de pantin de Pat Riley, particulièrement durant la période "Tres Amigos" avec LeBron James, Dwyane Wade et Chris Bosh. Si son travail était déjà remarquable en présence des trois All-Stars (deux titres de champion en quatre ans), Erik Spoelstra brille encore davantage depuis que le "Chosen One" est rentré à Cleveland. Il reste de beaux joueurs du côté de South Beach, mais "Spo" ne se contente pas de gérer les égo ou de laisser carte blanche à D-Wade. Il a tactiquement géré avec beaucoup d'intelligence le forfait de Chris Bosh en redessinant le style de jeu de son équipe, a su faire progresser de manière assez incroyable le très brut Hassan Whiteside et a su intégrer à merveille un élément comme Joe Johnson à sa rotation. Riley est moins présent dans l'intimité du groupe et on a senti cette saison, plus encore que la précédente, que l'élève s'était un peu affranchi du maître. Décrocher la 4e place en dépit des déboires de Bosh et malgré la pression de ses concurrents est une performance à saluer pour Erik Spoelstra. Ce qu'il a de plus que Gregg Popovich et Steve Kerr : Une vraie cote de popularité auprès des cheerleaders. La preuve ? Il sort avec l'une des danseuses du Heat depuis quelques années.

Rick Carlisle (Dallas Mavericks)

Avec ce qu'il accomplit depuis son arrivée à Dallas, on peut considérer que Carlisle est quoi qu'il arrive l'une des pointures de cette ligue. Avec Gregg Popovich et Erik Spoelstra, il est le seul head coach à avoir déjà remporté le titre NBA à ce poste et on le sent dans tout ce qu'il propose au quotidien dans le Texas. Après le mélodrame DeAndre Jordan, on pensait que les Mavs et leur effectif un peu léger et limité allaient se crasher et manquer les playoffs. C'était sans compter sur l'ingéniosité de Carlisle, qui a géré intelligemment la condition de Dirk Nowitzki, a trouvé le moyen de relancer un meneur capricieux (Deron Williams) après avoir manqué son coup avec Rajon Rondo, de faire de Zaza Pachulia un All-Star potentiel (le Géorgien n'a raté le 5 de départ à l'Ouest pour quelques voix), de ressusciter des joueurs comme Raymond Felton, JJ Barea, Devin Harris ou David Lee et de faire toute une saison avec une raquette sur le papier extrêmement limitée (Pachulia, Salah Mejri, JaVale McGee).  Conscient du profil de son groupe, l'ancien Celtic a eu la bonne idée de demander à ses joueurs d'évoluer sur un tempo plus faible. Une décision payante, qui a conduit Dallas au 6e rang à l'Ouest. Ce qu'il a de plus que Gregg Popovich et Steve Kerr : Un sosie plus célèbre que lui : Jim Carrey. Moins maintenant qu'il a pris un peu d'âge et qu'il n'a pas utilisé la même technologie capillaire que l'acteur pour masquer la chute de ses cheveux, mais tout de même...
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