Derrick Favors, silence ça pousse !

Rarement exposé dans les médias, Derrick Favors est un jeune intérieur en progression saison après saison. Coup de projecteur sur une star montante du Jazz.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Derrick Favors, silence ça pousse !
Il y a quatre ans, les dirigeants du Jazz ont sacrifié un Deron Williams en fin de contrat et quelques éliminations supplémentaires au premier ou second tour des playoffs. Le meneur All-Star a été envoyé aux New Jersey Nets en échange de Devin Harris, Derrick Favors et un futur choix de draft (un pick expédié en compagnie d’un autre choix aux Wolves afin de mettre la main sur Trey Burke). Utah a participé aux playoffs la saison suivante et ne s’est plus jamais hissé parmi les huit meilleures équipes de la Conférence Ouest depuis. Salt Lake City a enclenché son processus de reconstruction en cédant sa star contre un jeune joueur drafté en troisième position quelques mois plus tôt. L’intérieur passé par Georgia Tech a pris le temps de se développer, d’abord dans l’ombre d’Al Jefferson et de Paul Millsap puis en tant que titulaire et cadre d’une jeune équipe prometteuse. Hier soir, Derrick Favors a inscrit 29 points lors de la rencontre face aux New York Knicks.
« Quand un gars comme Gordon (Hayward) n’est pas là, il faut qu’un autre joueur hausse son niveau de jeu », remarque le jeune homme au moment d’expliquer sa belle prestation.
Favors est réputé pour ses aptitudes défensives et son association avec le géant Rudy Gobert – The French Rejection – offre au Jazz une raquette imperméable ou presque. Depuis le transfert d’Enes Kanter et le passage du Français dans le cinq, Utah se classe parmi les équipes les plus efficaces de la ligue en défense. Je ne saurais expliquer comment je me suis retrouvé à regarder la rencontre entre le Jazz et les Knicks hier soir. Les Cavaliers infligeaient une rouste aux Mavericks, les Spurs se promenaient contre les Raptors alors j’ai switché vers Utah-New York pendant un temps mort. Et je n’ai plus quitté la partie malgré quelques pics de somnolence évidents. J’ai déjà eu l’occasion de regarder des rencontres du Jazz cette saison mais cela faisait un petit moment que je n’avais pas vu en direct un match de Rudy Gobert et de ses coéquipiers. Dès les premières minutes, j’ai été scotché par Derrick Favors. Il a enchaîné deux paniers près du cercle après une série de feinte au milieu de la défense – certes limitée – des Knicks.

Une nouvelle phase de son évolution

[caption id="attachment_207741" align="alignleft" width="300"] Avec Derrick Favors, Trey Burke et Rudy Gobert, le Jazz est armé pour l'avenir.[/caption] Favors a donc terminé la partie avec 29 points. Il ne m’avait jamais fait une forte impression en attaque alors que le récital qu’il a livré hier soir démontrait une progression certaine dans ce secteur. On en parle peu mais le joueur de 23 ans est effectivement monté en puissance : depuis la coupure liée au All-Star Game, il tourne à 17,7 points et 8,8 rebonds par match.
« Il a été excellent pour nous », témoigne Gordon Hayward, la première option offensive de l’équipe. « Il rentre ses tirs et cela nous libère des espaces. Les adversaires doivent respecter son adresse et cela crée des brèches dans la défense. On obtient des tirs ouverts à trois-points et des pénétrations faciles. Il joue vraiment bien. »
Lorsqu’il était aligné avec Enes Kanter, Derrick Favors jouait essentiellement près du cercle. Rudy Gobert n’est pas un shooteur extérieur et, même si ses qualités à la passe et son aptitude à rouler fort près du cercle après avoir posé un écran au poste haut sont indéniables, il est condamné à évoluer assez proche du panier, ce qui pourrait créer des embouteillages dans la raquette. Favors a donc été contraint de trouver une nouvelle zone de confort.
« J’ai pris un peu plus mes responsabilités en attaque depuis la reprise », reconnait l’intéressé. « J’essaye d’être une menace supplémentaire de ce côté du parquet. Je veux continuer à progresser. »
Le natif d’Atlanta n’a pour l’instant pas l’étoffe d’une première option offensive au sein d’une équipe vraiment ambitieuse mais il semble plus à l’aise dans son rôle de « menace supplémentaire » derrière Gordon Hayward. Le Jazz pensait tenir une raquette prometteuse avec son duo constitué de Kanter et Favors. Rudy Gobert a remplacé le Turc et cette nouvelle association inattendue est encore plus excitante. En 2011, Utah a sacrifié Deron Williams et s’est évité ainsi de resigner un meneur All-Star sur le déclin pour une centaine de millions de dollars. Quatre ans plus tard, Derrick Favors est déjà un meilleur joueur que le meneur des Nets…Il ne s'agit pas d'une analyse mais simplement d'un coup de lumière sur un joueur souvent laissé dans l'ombre.

Les highlights de Derrick Favors contre New York

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