99 BOS
91 IND
120 MIL
99 DET
118 HOU
98 UTA

Dirk Nowitzki, les derniers pas d’un géant

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Acclamé par le public rival de San Antonio, Dirk Nowitzki a joué le dernier match de sa magnifique carrière NBA cette nuit. Le départ de l’un des plus grands.

« J’ai quitté l’Allemagne il y a vint ans… et je suis devenu un Texan. » Dirk Nowitzki est parti de son Würzburg natal en 1998. Direction les Etats-Unis, à une époque où les Européens étaient encore regardés de travers en NBA. Le huitième choix de la draft cette année (échangé par les Milwaukee Bucks aux Dallas Mavericks) est arrivé sur la pointe des pieds. Un géant de 2,13 mètres qui a voulu se faire le plus discret possible. Coupe au bol, énorme anneau à l’oreille… il était loin de l’homme qu’il est aujourd’hui. Un gamin pas habitué à vivre seul, qui bredouillait quelques mots d’anglais et savait à peine s’occuper de lui-même.

Un blondinet présenté comme trop « soft », cliché qui colle tous les natifs du Vieux Continent qui débarque en NBA. Malgré son talent, il a hésité à rentrer rapidement au pays. Il était habité par le doute et le manque de confiance en lui. Vingt-et-un an plus tard, il est un basketteur adulé, respecté, et acclamé de tous pour sa dernière sortie sur les parquets US. Une source d’inspiration pour les jeunes du Texas, d’Allemagne et même du monde entier. Un joueur qui a contribué à révolutionner le jeu avec son adresse extérieure. Si les grands tirent de loin aujourd’hui, c’est en partie parce que Dirk a été l’un des premiers à le faire.

Le jeune homme peu sûr de lui est devenu l’icône d’une franchise. L’un des meilleurs joueurs de tous les temps. Mais même lui n’a pas pu s’empêcher de verser des larmes au moment d’être introduit une dernière fois dans une salle NBA.

Comme un symbole, c’est contre les San Antonio Spurs qu’il a terminé sa carrière. Une franchise voisine avec qui il a livré tant de batailles en deux décennies. Un public qui a détesté Nowitzki, parce que parfois trop fort, mais qui lui a évidemment rendu hommage cette nuit. Parce que vrais reconnaissent vrai.

Comme un symbole, c’est sur un tir en tête de raquette, à reculons, qu’il a inscrit ses derniers points. Un mouvement qu’il a reproduit tant de fois en vingt ans. Une arme qui a fait de lui l’un des six meilleurs marqueurs de tous les temps avec plus de 31 000 points en carrière. Avec 20 points et 10 rebonds, un dernier double-double pour la route.

Comme un symbole, c’est avec une tunique des Dallas Mavericks sur le dos qu’il a terminé sa carrière. Mais comment pouvait-il en être autrement ? Dirk Nowitzki est un joueur loyal. L’homme d’une seule organisation. Une franchise à qui il a offert son premier titre, l’un des plus beaux de l’Histoire récente, en venant à bout de la super armada du Miami Heat de LeBron James, Dwyane Wade et Chris Bosh en 2011. Lui qui a refusé les sirènes d’autres équipes plus ambitieuses pour rester avec la première franchise à lui avoir fait confiance. Quand il était encore personne. Aujourd’hui, c’est un très grand monsieur qui s’en va. Danke für alles, Dirk.