Looney va aller chercher ses thunes

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Membre discret des Golden State Warriors, Kevon Looney s’affirme comme un joueur MAJEUR des doubles-champions en titre sur ces playoffs.

Kevon Looney ne rejoindra sans doute pas Bugs Bunny et les « Looney Tunes » lors du prochain film Space Jam. Pas assez populaire. Trop méconnu du grand public. Et pourtant… c’est l’une des forces de l’ombre des Golden State Warriors. Un facteur X. C’est vrai que ça peut sembler dingue, surtout en regardant les noms de l’effectif des doubles-champions en titre, mais la formation d’Oakland n’en serait peut-être pas là sans lui. Qui aurait imaginé que ce col bleu natif de Milwaukee aurait un tel impact sur une armada aussi talentueuse ?

Bien sûr que les honneurs reviennent d’abord à Stephen Curry ou Kevin Durant. Sans eux, il n’y aurait pas de dynastie. Pas de record. Pas de titre. Le jeune intérieur de 23 ans ne peut pas prétendre au même statut. Mais il a sauvé son équipe à sa manière sur plusieurs matches depuis le début des playoffs. Rien que hier soir, quand les Portland Trail Blazers se dirigeaient vers un succès à l’extérieur.

Damian Lillard et ses partenaires menaient de 15 points à la pause. Tout a changé au retour des vestiaires, quand Steve Kerr a osé sortir son pivot Andrew Bogut pour faire démarrer l’énergique Kevon Looney en seconde mi-temps. Ça a changé la physionomie de la partie. Le garçon ne s’est pas de suite illustrer. Enfin si, mais dans un rôle obscure. En défendant dur. En prenant des rebonds, en posant des écrans précieux pour les tireurs d’élite que sont Curry et Klay Thompson. Et même en faisant des passes. Ses camarades ont fait le show, lui les sales corvées. C’est au cours de ce troisième quart temps de folie que les Dubs sont revenus à égalité avec les Blazers (89-89).

Et c’est dans le quatrième quart temps serré jusqu’au bout que Looney s’est montré décisif. 7 points sur la période, soit autant que Steph. Il était partout. C’est d’ailleurs lui qui a redonné l’avantage aux Warriors à moins d’une minute du buzzer, juste après un trois-points de Seth Curry. Au final, il a terminé avec 14 points, 6 sur 6 aux tirs, 7 rebonds et un différentiel de +8 (le meilleur de son équipe après Curry) en 29 minutes.

Kevon Looney (best) Squad

Ce n’est pas la première fois qu’il a un rôle majeur sur une victoire importante. Ses 14 points lors du Game 6 contre les Houston Rockets ont été capitaux dans la qualification des siens en finales de Conférence. Ses statistiques ne font pas lever les foules – un peu plus de 7 points et 4 rebonds – mais ses entrées sont tranchantes. Avec +13,6, il a le meilleur Net Rating de son équipe, devant les titulaires de Kerr.

C’est d’autant plus intéressant parce que le « cinq de la mort » des Warriors, celui avec Draymond Green en pivot et Andre Iguodala à l’aile, a été de plus en plus utilisé par le coach alors qu’il est de moins en moins efficace. Les adversaires de Golden State ont appris à contenir ce groupe mobile et dévastateur par le passé. Vous voulez connaître le point commun entre les six différentes « lineups » qui cartonnent le plus pour les Warriors depuis le début des playoffs ? Yep, Kevon. Avec même un impressionnant +30 en 35 minutes passés avec ses quatre coéquipiers All-Stars (Durant, Green, Thompson et Curry).

Le jeune homme arrive en fin de contrat cet été. Il risque d’aborder la free agency avec un troisième titre dans la poche. Peut-être le moment d’aller chercher un rôle plus important ailleurs, ou une place de titulaire à Golden State avec une revalorisation salariale. Dans tous les cas, Kevon Looney ira chercher ses thunes.