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Milwaukee, le candidat inattendu

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Cités, placés mais rarement transcendants depuis trois ans, les Milwaukee Bucks peuvent franchir un cap avec Mike Budenholzer aux commandes.

Les playoffs sont terminés depuis un moment maintenant, le titre des Golden State Warriors a été célébré, l’odeur du champagne s’est évaporée du vestiaire des Cleveland Cavaliers, les fresques en l’honneur de LeBron James ont déjà été vandalisées à Los Angeles… bref, tout le monde a maintenant le regard fixé vers la saison 2018-2019. C’est peut-être justement le moment idéal pour se pencher, juste une ou deux minutes, sur ce qui s’est passé sur les parquets NBA entre avril et juin. Surtout en avril en fait. Premier tour des playoffs à l’Est, les Milwaukee Bucks ont été éliminés par les Boston Celtics.

Sur le coup, cela ressemblait à une désillusion. Une nouvelle sortie de route prématurée, qui plus est contre une équipe privée de ses deux All-Stars – Kyrie Irving et Gordon Hayward – et essentiellement drivée par Al Horford et des jeunes joueurs, par définition, inexpérimentés. Mais la suite a démontré que les Jayson Tatum, Jaylen Brown et autres Terry Rozier sont de la trempe des futurs grands. Ils ont terrassé les Philadelphia Sixers (4-1) avant de pousser James et ses Cavs dans leurs derniers retranchements en finale de Conférence (défaite 4-3). Avec le recul, il n’est donc pas complètement absurde de penser que les Bucks n’étaient pas si loin d’avoir le niveau pour aller défier Cleveland au dernier round à l’Est.

Le tout sans un vrai coach. Ce n’est pas une injure envers Joe Prunty – enfin si, un peu – mais, comme le disait le journaliste Bill Simmons, cette équipe de Milwaukee était dirigée par un « professeur de lycée ». C’est physique, c’est méchant et gratuit mais l’idée est là. Les Bucks partaient avec un déficit tactique avant même d’avoir commencé la série, surtout contre Brad Stevens. Et ils ont tout de même tenu les Celtics en sept manches, juste au talent (NB : Boston prenait encore seulement le rythme des playoffs).

C’est justement la nouveauté de l’été. Maintenant, les Daims ont un commandant pour piloter le vaisseau. Une référence en plus. Mike Budenholzer, libéré par les Atlanta Hawks, a choisi le Wisconsin. Il était l’un des meilleurs tacticiens disponibles sur le marché. Ça manquait de systèmes et de principes de jeu (modernes) à Milwaukee. Il y a désormais de quoi bosser. The Ringer qualifie d’ailleurs sa signature de troisième mouvement le plus important à l’Est avec le départ de LeBron James et le transfert de Kawhi Leonard. C’est validé. L’effectif n’a pas trop bougé, il y a donc une certaine continuité qui accompagne paradoxalement ce changement d’entraîneur. Sans forcer la comparaison : un peu comme quand Steve Kerr a pris la place de Mark Jackson sur le banc des Warriors.

Tous les joueurs sont susceptibles d’en profiter (comme ça avait été le cas pour Stephen Curry ou Klay Thompson par exemple) mais surtout un. Le plus doué d’entre eux. Giannis Antetokounmpo. Budenholzer peut l’aider à rejoindre une toute nouvelle dimension. Le Grec a progressé chaque année depuis son arrivée en NBA et il était même candidat au MVP sur les deux premiers mois du dernier exercice. Il est fort probable qu’il le soit désormais sur l’intégralité d’une saison. Justement en évoluant au côté de son nouveau coach. Une suite logique, avec peut-être le timing idéal pour s’imposer comme une force encore plus dominante dans la ligue.

Il est potentiellement l’un des deux meilleurs joueurs de sa moitié de pays. Un joueur capable de s’aligner sur les cinq postes et de ce des deux cotés du terrain. Une machine statistique à 27-10-5. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant qu’il soit encore plus altruiste – et efficace – avec Budenholzer pour le guider. Plus de playmaking, plus proche des sept passes par match. Du James 3.0 avec 26-10-7 par exemple. Et ça, personne ne peut s’en vanter à l’Est. Ni Boston, ni Philly ne possèdent un joueur capable de faire de telles différences. Le basket a beau être un sport collectif, un homme seul au-dessus des autres tend généralement à faire gagner son équipe en playoffs. Mais à la condition que la cohésion d’ensemble soit un minimum respectée, ce qui n’était pas le cas sous les ordres de Prunty ou Jason Kidd auparavant.

Surtout que le roster ne s’arrête finalement pas à Giannis. Il y a du « Star power » aux Milwaukee Bucks. Khris Middleton, Mr Propre, est aux portes d’une sélection All-Star, surtout avec la fuite des talents vers l’Ouest. Il est le lieutenant idéal pour cette équipe. Il peut jouer avec ou sans le ballon, attaquer ou défendre, driver ou shooter, marquer ou passer… un joueur exemplaire, vraiment. Et il est lui aussi en pleine progression saison après saison. Autour, on retrouve Eric Bledsoe, décevant mais qui peut tout de même apporter des deux côtés du parquet, Malcolm Brogdon, Tony Snell, Matthew Dellavedova et son vice ou encore le nouvel arrivant Brook Lopez.

Le poste cinq constitue d’ailleurs une vraie progression. Lopez a toujours été un joueur un peu particulier à caser. Il date d’une autre époque – celle des intérieurs techniques – mais il a su se moderniser en ajoutant un tir extérieur. C’est une option offensive de plus et c’est important pour Milwaukee. Il y a déjà Antetokounmpo pour protéger le cercle. Le nouvel arrivant aura donc un vrai rôle offensif avec la capacité d’étirer les lignes. Les Bucks ont justement recruté intelligemment en ajoutant des shooteurs : Ersan Ilyasova, si précieux aux Sixers, est de retour et Pat Connaughton est arrivé en provenance de Portland. Sans oublier Thon Maker, doublure en pivot. Le jeune homme a montré de belles choses en playoffs et Milwaukee a gagné 3 des 5 matches auxquels il a vraiment participé (il a été lancé à 0-2) contre les Celtics.

Lopez et Ilyasova sont d’ailleurs les deux seuls joueurs âgés de plus de 30 ans. L’effectif est complet, séduisant, polyvalent et jeune ! Là encore, avoir Mike Budenholzer représente un avantage. Il a développé Tim Hardaway Jr, Dennis Schroder, Kent Bazemore, Taurean Prince, John Collins… il peut faire passer des caps à tous ces gars-là.

Les cartes sont redistribuées à l’Est et Toronto, Boston et Philadelphia sont présentés comme les favoris. Mais les Bucks sont plus que des candidats de l’ombre. Ils ont vraiment des possibilités cette saison.