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Curry, le MVP dans un coin de la tête

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

La course au titre de MVP ne doit pas se limiter à un duel entre James Harden et Giannis Antetokounmpo. A mi-saison, Stephen Curry a encore son mot à dire.

Avoir banalisé l'exceptionnel. Voilà la malédiction de Stephen Curry. Le terme est un peu fort, ce n'est pas comme si son niveau trop élevé l'avait empêché de remporter trois titres et de prétendre à deux ou trois couronnes supplémentaires avant de raccrocher. Simplement, en ce qui concerne les récompenses individuelles et la perception collective, le meneur des Golden State Warriors a un handicap. En alignant les saisons complètement insensées en matière de shoot, autant sur le volume que sur l'efficacité, Curry a habitué les observateurs au caviar. Et le fait qu'il ait, très logiquement, du mal à passer un cap supérieur dans le surnaturel statistique, joue en sa défaveur pour - au hasard - une candidature pour un troisième trophée de MVP.

La mi-saison est dépassée et le "Baby-Faced Assassin" est encore sur des bases incroyablement élevées. Après la démonstration de la nuit dernière sur le parquet des Denver Nuggets (142-111...), Stephen Curry tourne à 49.1% d'adresse globale, 45.6% à 3 points et 92% sur la ligne. Après avoir manqué l'essentiel du mois de novembre sur blessure et avoir progressivement repris le rythme en fin d'année, le double MVP réalise un mois de janvier stratosphérique avec 33 points de moyenne à 50.7% en global et 46.7% à 3 points, sans jamais vraiment avoir à se tuer à la tâche. Curry a augmenté la cadence avec 23 tirs pris en moyenne depuis le début de 2019, Kevin Durant observant la courbe inverse pour accompagner efficacement la montée en puissance de son camarade. Il n'y a, à cette heure, aucune raison pour que Stephen Curry baisse de pied et il est même possible que pour sécuriser la première place acquise cette nuit le All-Star passe un palier supplémentaire dans les semaines qui viennent. Là où on veut en venir, c'est qu'il va petit à petit falloir surveiller la considération qu'auront les médias pour ce qu'est en train de faire l'intéressé.

C'est à nouveau un panel de journalistes qui devra élire le successeur de James Harden dans quelques mois. Pour l'heure, ils penchent probablement pour un back to back de l'arrière des Rockets ou un premier avènement de Giannis Antetokounmpo. Attention à ne pas manquer de respect à Curry. La logique du MVP "meilleur joueur de la meilleure équipe" qui prime souvent (Harden l'an dernier) a des chances de lui être bénéfique si Golden State confirme son retour aux affaires à plein temps. Si Harden défie l'entendement tous les soirs et si le "Greek Freak" domine aussi son sujet avec une aisance folle, le meneur des Warriors a de bonnes chances de rééditer son exploit de 2016 : finir une saison dans le club des 50-40-90. Il ne lui manque, à cette heure, que 0.9% d'adresse globale pour réintégrer le cercle des 8 joueurs à y être parvenus au terme d'une saison régulière. Il l'avait pénétré il y a trois ans, à la faveur d'un 50-45-91 du plus bel effet.

Les huit joueurs du club 50-40-90 : Larry Bird (deux fois), Mark Price, Reggie Miller, Steve Nash (quatre fois !), Dirk Nowitzki, Kevin Durant et Stephen Curry.

C'est évidemment from downtown que Curry a construit sa montée en puissance et son retour dans la discussion. Le Californien est tellement prolifique ces dernières semaines qu'il pourrait se permettre de rater ses 1 000 prochaines tentatives extérieures et aurait quand même un meilleur pourcentage en carrière que son rival James Harden...

Le graphique de Kirk Goldsberry d'ESPN

Si Stephen Curry semble plus intéressé par l'héritage collectif qu'il laissera, l'opportunité de décrocher un troisième titre de MVP lui trotte forcément dans la tête malgré les 11 matches qu'il a déjà ratés jusqu'à présent.

"J'ai vu que le MVP avec le moins de matches au compteur, c'était Allen Iverson avec 70 ou 71 matches. C'est là que c'est un peu délicat. On peut regarder les chiffres comme on veut. Si on veut trouver quelque chose qui joue en note faveur, on peut. Les gens qui votent, les journalistes, devront décider à quel critère ils accordent le plus de valeur", a récemment déclaré le joueur de 30 ans sur ESPN.

On en reparlera après le break du All-Star Game, mais Curry sera beaucoup moins loin qu'on peut le croire dans le débat sur la plus haute distinction individuelle...