Steve Nash « Aux Lakers, c’était voué à l’échec »

Théophile HaumesserPar Théophile Haumesser Publié

Invité du récent podcast de Bill Simmons, Steve Nash est revenu sur son passage éclair (et galère) aux Lakers.

Avant de réussir à faire venir LeBron James, la dernière fois que les Los Angeles Lakers avaient frappé un grand coup durant l’été, cela remontait à 2012. En plein pendant les Jeux Olympiques de Londres, ils avaient réussir à faire venir Dwight Howard et Steve Nash pour épauler Kobe Bryant dans la quête d’un nouveau titre… ça a vite tourné au désastre.

Blessures, embrouilles en coulisses, problèmes de communication et d’alchimie, la saison a été un cauchemar qui s’est soldé par la blessure au tendon d’Achille de Kobe et le départ de D-12. Du coup, même Steve Nash – qui avait enchaîné les blessures cette année-là – n’en revenait pas de voir Howard revenir à L.A. cet été.

« J’étais surpris de le voir revenir aux Lakers, la dernière fois, ça ne s’était pas bien terminé. Mais franchement, dans la NBA actuelle, est-ce qu’on peut encore être surpris de quoi que ce soit ? Des choses encore plus étranges se sont déjà produites », expliquait-il à Bill Simmons de The Ringer.

Sans doute, mais pas beaucoup quand on se rappelle à quelle point la cote de Howard avait chuté par la suite. Mais même au-delà de tout ça, avec le recul, Steve Nash pense que cette équipe était trop mal construite pour avoir une vraie chance de réussite.

« Je ne pense pas que les pièces allaient vraiment les unes avec les autres. C’était une super idée et une super opportunité. Tout le monde pensait que ça serait top et que ça allait marcher et puis tout un tas de choses ont commencé à se produire.

Je me suis cassé le genou pendant le premier ou deuxième match de la saison et je n’ai plus jamais été le même après. Aujourd’hui encore je ne m'en suis pas tout à fait remis. »

Mais Nash n’était pas le seul à ne pas être au top. Manifestement vexé que Dwight Howard vienne lui prendre sa place de titulaire, Pau Gasol avait semblé très rapidement hors du coup.

« Je pense que Pau était dans une période où il était épuisé à force de jouer chaque été avec l’Espagne. Je ne pense pas que Metta était totalement le même non plus, il pouvait toujours faire mal et il avait ses passages, mais il n’était plus aussi tonique. Mais surtout, je ne pense pas qu’on collait vraiment les uns avec les autres. »

Et là, on en revient forcément à Dwight Howard. Vu la façon dont Steve Nash et Amar’e Stoudemire avaient détruit les défenses pendant des années en utilisant les high pick-and-rolls avec les Suns, on imaginait aisément Mike D’Antoni reproduire ça avec cette équipe. Le problème, c’est que D-12 s’était persuadé qu’il avait le talent et la technique pour être un point d’ancrage offensif au poste pas…

« Dwight était à un moment de sa carrière où il voulait vraiment jouer dos au panier, alors que ce qui aurait marché avec notre équipe, ça aurait été qu’on joue des pick-and-rolls dans l’axe et qu’il roule au panier avec tous nos autres gars autour. »

Un entêtement qui reste incompréhensible à ce jour, d’autant que les défenses étaient alors en pleine évolution et qu’elles trouvaient désormais beaucoup plus facilement des parades pour stopper le jeu dos au panier. Dwight Howard aurait facilement pu s’en rendre compte s’il avait revisionné les images des finales NBA 2009 entre les Lakers et… son équipe d’Orlando.

Steve Nash n’a pourtant pas voulu faire peser toute la responsabilité de cet échec sur les épaules de D-12.

« Quand tu additionnes tout ça, je ne suis pas sûr que ça aurait vraiment pu marcher. C’était voué à l’échec. »

Le seul rayon de soleil pour les Los Angeles Lakers cette saison, la grande forme de Kobe Bryant… jusqu’au moment de sa terrible blessure au tendon d’Achille

« Kobe avait fait une super saison avant de se blesser au tendon d’Achille. Il sortait des Jeux Olympiques durant lesquels il ne bougeait pas bien, ça avait déjà été le cas durant la série contre OKC au printemps précédent et puis il est arrivé pour la saison et c’était comme s’il avait rajeuni de dix ans. Il était dans une forme physique incroyable avant de se blesser, mais il jouait super bien, il était à un très, très haut niveau.

Mais c’était vraiment les pièces qui n’allaient pas les unes avec les autres. C’était comme essayer d’apprendre de nouveaux tours à des vieux chiens. »

C'est clairement une recette qui ne prend jamais...