Zach LaVine devient grand, les Spurs à l’ancienne : Les 5 enseignements de la semaine

Zach LaVine devient grand, les Spurs à l’ancienne : Les 5 enseignements de la semaine

De Zach LaVine aux San Antonio Spurs en passant par la défense de Larry Nance Jr, nos cinq enseignements d'une semaine de basket NBA.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse

L’évolution de Zach LaVine

Je fais partie de ceux qui ont du mal à imaginer Zach LaVine avoir un impact dans une équipe qui gagne. Mais je suis petit à petit, tout doucement, en train de changer de point de vue. Ou en tout cas, l’idée de le voir en tant que deuxième playmaker dans une franchise ambitieuse commence à piquer ma curiosité.

Parce que le joueur de 25 ans maîtrise tellement ses pouvoirs qu’il se retrouve enfin en mesure d’impacter l’issue d’une rencontre et plus seulement de faire des chiffres. Les statistiques méritent tout de même d’être mises en avant : 27 points, 49% aux tirs, 38% à trois-points, 86% aux lancers-francs, 4,8 rebonds et 5,3 passes. Il est en progression dans quasiment toutes les catégories par rapport à la saison dernière, qui était déjà sa meilleure en carrière.

LaVine gagne en confiance chaque année. Il est devenu l’un des attaquants les plus prolifique de la NBA et ce n’est pas seulement parce qu’il joue aux Chicago Bulls. Il pourrait faire souffrir n’importe quelle défense et planter 25 points pour n’importe quelle franchise. Parce qu’il est au sommet de ses capacités athlétiques mais il comprend aussi de mieux en mieux le jeu et s’en sert pour dominer ses adversaires. Il récite ses gammes à chaque match. Il lit ce que la défense lui donne. Agresse sur pick-and-roll. Ou dégaine de loin. Avec une variété de moves qui lui permettent de faire la différence.

L’évolution depuis ses débuts dans la ligue est affolante. Au début, c’était juste un athlète avec certes un peu d’aisance en dribbles et un certain potentiel en catch-and-shoot. Il est devenu bien plus que ça. Et ça, c’est le signe d’un joueur qui bosse vraiment dur. Son profil ne plaira pas à tout le monde mais impossible de lui enlever ça. Certains stagnent, lui progresse saison après saison.

Et justement, il y a un autre changement chez lui, peut-être encore plus important que ses points. Le natif de Los Angeles fait un peu plus d’efforts en défense et il accepte parfois de moins scorer pour aider son équipe à gagner. Les taureaux ont battu les Dallas Mavericks avec seulement 10 points de LaVine. Maladroit, il n’a pas pris plus de 10 tentatives (1 sur 10). Il ne s’est pas entêté à tirer à outrance pour se mettre dans le rythme. En postant même 10 passes et 3 interceptions au final.

Chicago est douzième de la Conférence Est avec 6 victoires et 8 défaites. Mais ce bilan est trompeur. Les Bulls ont perdu de justesse contre les Lakers ou les Clippers. Cette équipe est meilleure qu’il n’y paraît. Et c’est notamment grâce à Zach.

Orlando, S.O.S. playmaker

Il n’y a pas de magie dans ce monde. Quand une équipe NBA est démunie dans le backcourt, sans vrai créateur pour faire la différence, elle se retrouve à la peine en attaque. Orlando joue sans Markelle Fultz et, jusqu’à mercredi soir dernier, sans Evan Fournier. Sans ses deux meilleurs playmakers donc. Et ça se ressent sur le terrain. Parce qu’en leur absence, la tâche revient à Aaron Gordon et au rookie Cole Anthony. Pour un résultat bien différent.

Lors des sept premiers matches disputés avec Fultz, le Magic marquait 104,4 points sur 100 possessions. Depuis sa blessure, cette marque est tombée à 98,3. Les hommes de Steve Clifford sont les moins efficaces du championnat en attaque ! Et malgré le talent de Nikola Vucevic, machine à scorer. Le problème, c’est qu’il n’y a donc pas un joueur suffisamment fort dans la percussion, pour inciter du mouvement, libérer des espaces, etc. En fait, ça manque de punch. Avec du coup un ratio passes décisives/balles perdues là aussi très mauvais.

Aaron Gordon

Gordon est bombardé dans un rôle qu’il a du mal à assumer. 10% de ses attaques vers le cercle se terminent par un turnover. Sauf qu’il en tente beaucoup plus depuis que Fultz est out. Il est passé de 4 à 10 drives par match. Le quatrième choix de la draft 2014 a un corps taillé dans le marbre mais il n’est clairement pas programmé pour le poste de playmaker en chef. Ses lacunes sont bien plus exposées quand il doit être le premier à créer.

Anthony est un meneur de formation et il hérite soudainement de responsabilités accrues. Il essaye. Il peut même être intéressant par moment. Mais il ne bénéficie pas de cette explosivité qui pourrait aider le Magic à passer un cap. Le retour de Fournier était donc attendu impatiemment. Et à peine revenu, il a donc inscrit 24 points pour mener Orlando à la victoire.

Larry Nance coupe les lignes de passes

C’est une bonne punchline : les Cleveland Cavaliers ont tellement d’intérieurs que Larry Nance Jr est presque obligé de jouer arrière. Bon, ce n’est pas tout à fait vrai évolue de moins en moins dans un rôle de pivot fuyant. Il se développe dans le périmètre en attaque (44% à trois-points)… et en défense. Dès les premières minutes du match, il s’est distingué en volant deux ballons pour partir en contre-attaque.

Et pourtant, Nance était alors sur Kyrie Irving, un joueur plus rapide que lui en théorie. Sauf que sa mobilité lui permet de rester au contact même lors des coupes adverses. Il se déplace avec vivacité, même latéralement. Tout en coupant continuellement les lignes de passes. C’est donc sans surprise qu’il mène la NBA aux interceptions (2,5) et au nombre de ballons déviés chaque soir (4,9). Un candidat à l’un des meilleurs cinq défensifs de la ligue en fin de saison. Et un vrai bon joueur de basket.

Les Spurs perpétuent un art noble perdu

J’ai déjà évoqué les San Antonio Spurs il y a deux semaines avec le cas de Keldon Johnson. Mais il se trouve que les Texans sont vraiment sympathiques à suivre cette saison et, naturellement, je me suis à nouveau porté vers eux en branchant mon League Pass ces derniers jours.

Et c’est en regardant mes chers Portland Trail Blazers se faire allumer par un milliard de pick-and-pop conclus par LaMarcus Aldridge que je me suis souvenu que je ne voyais quasiment pas d’équipe prendre autant de tirs à mi-distance que les éperons. Après vérification, les statistiques vont dans ce sens. Les joueurs de Gregg Popovich sont deuxièmes du classement – derrière le Orlando Magic – avec déjà 263 midranges tentés, soit 48 de plus que les Los Angeles Lakers, troisièmes.

Pop ne cache jamais son dégoût pour le trois-points à outrance et il encourage ses joueurs à jouer sur leurs forces. Ça tombe bien, Aldridge mais aussi DeMar DeRozan sont des spécialistes du petit shoot à cinq ou six mètres. Un art noble. Perdu. Ils figurent tous les deux parmi les quinze joueurs les plus adroits de la NBA à mi-distance : 54% pour LMA (5ème) et 45% pour DD (13ème). Les Spurs en tant qu’équipe sont deuxièmes avec 47% de réussite.

Et c’est ce qui les sauve. Ils ne disposent pas d’un slasheur capable de dunker sur tout le monde possession après possession ni d’un grand dominant dessous. Ils ont moins de shooteurs qu’avant. Ils s’en remettent donc à cette adresse dans le « mid game », là où les défenses laissent de plus en plus de place, pour gagner des matches. Et pour l’instant, la franchise texane affiche un bilan positif (8-7) et occupe la huitième place à l’Ouest.

Victor Oladipo’s Juice

Il paraît évident que Victor Oladipo ne voulait plus jouer pour les Indiana Pacers. Parce que la franchise a fait le choix de se séparer d’un très bon joueur en expédiant son ancien All-Star aux Houston Rockets dans le cadre du transfert de James Harden. Les débuts du deuxième choix de la draft 2013 avec la franchise texane confirment qu’Oladipo revient plutôt bien.

Ce n’est pas parfait, loin de là, notamment en termes d’adresse extérieure, mais il montre déjà de l’envie. De l’agressivité. Avec beaucoup de drives et une complicité naissante avec Christian Wood sur pick-and-roll. Après deux matches, il est déjà à 27 points et plus de 7 passes. Alors qu’il tient peut-être juste à maintenir sa valeur au plus haut en espérant être envoyé ailleurs. Mais ça fait plaisir de le revoir percutant.

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