Antoine Pimmelpar Antoine Pimmel  

La "Hype" autour de Lonzo Ball est de plus en plus dingue. Il faut dire que le nouveau meneur des Lakers est vraiment doué.

LaVar Ball a réussi son pari. En parlant constamment de son fils et en multipliant les provocations et les sorties médiatiques plus grotesques les unes que les autres, il a fait de son aîné un phénomène avant même que celui-ci ne foule un parquet NBA. Les méthodes du père peuvent être appréciées ou non, il faut reconnaître que la planète basket restait en haleine en attendant les grands débuts de Lonzo Ball. Et une fois en action, balle en main, le deuxième choix des Los Angeles Lakers n’a pas déçu.

Franchement, cela faisait combien de temps que les premiers pas d’un rookie avaient été aussi épiés ? Autant analysés ? C’est sans doute le débutant qui débarque dans la ligue avec le plus de pression sur ses épaules depuis LeBron James en 2003. D’abord parce que son père, repris par les médias, a créé une « hype » incroyable autour de lui. Ensuite parce qu’il a été drafté par une franchise mythique comme les Los Angeles Lakers. Organisation aujourd’hui dirigée par l’une de ses plus glorieuses légendes, Magic Johnson. Ce même Magic à qui est comparé Lonzo. Ce même Magic que Lonzo espère dépasser un jour, selon les propos de LaVar. Il a maintenant plus de pression que n’importe quel rookie passé par les Lakers. Pas même ce… même Magic, justement. Ni Kobe Bryant, sélectionné plus bas et moins attendu à sa sortie du lycée.

Originaire de Los Angeles, c’était écrit que le jeune Ball porterait un joueur les couleurs mauves et or. Soit une charge de plus pour lui. Surtout depuis que son paternel a promis que c’est bien lui qui ramènerait l’équipe vers les sommets. Les Californiens sont justement enfin en position de se relever après trois saisons ratées.

Le challenge est donc immense pour Lonzo Ball. Il était, sans aucune contestation possible, la principale attraction de cette Summer League. Encore plus que Markelle Fultz, premier choix de la draft performant mais rapidement blessé. Encore plus que Jayson Tatum, star estivale des Boston Celtics qui a impressionné son monde. C’est bien Zo qui a fait remplir la salle d’habitude désertée du Nevada. Lui qui a créé la sensation à Las Vegas. Et là, personne ne parle encore de performances. Simplement des faits. Les célébrités – LeBron James, Floyd Mayweather – se sont pressées pour voir ses matches.

Il n’a pas encore joué un match officiel mais il déplace déjà les foules. Et les fait lever ! Des applaudissements à chaque action réussie. Chaque passe ou chaque panier. Car sur le terrain, là où la balle orange rend son ultime verdict, il n’a pas bégayé. Au plus d’être le joueur le plus plébiscité, Ball était aussi tout simplement l’un des meilleurs basketteurs de l’été. Il a démarré très timidement. Mais il s’est sacrément bien rattrapé par la suite. Des triple-doubles, des passes lumineuses, un game à 36 points. Et des Lakers qualifiés pour la finale de la Summer League. Riez, mais à l’échelle de la franchise c’est déjà une sacrée victoire.

Lonzo Ball a confirmé tout le bien qui était dit à son sujet avant la draft. C’est un passeur unique. Un incroyable playmaker capable de distribuer des caviars grâce à sa vision du jeu hors du commun. Il est grand et il voit par-dessus tout le monde. Comme MJ, alias Magic Johnson. Il a le sens de la passe. Du timing. Du spectacle.

Avec ses cartons estivaux, le voilà encore plus attendu. Si seulement c’est possible. Les fans des Lakers sont pressés de le revoir à l’œuvre en saison régulière. Ses adversaires sont eux déterminés à faire taire la « hype ». Car, attention, les lacunes étaient elles aussi au rendez-vous. Comme annoncé, Ball a du mal à se montrer aussi adroit en NBA qu’il ne l’était en NCAA. La faute à une mécanique de tir vraiment particulière – dans le mauvais sens du terme. Son manque d’explosivité lui a joué des tours. S’il peine à se défaire de ses adversaires directs en Summer League, comment va-t-il scorer balle en main en NBA ? Ce sont des questions légitimes.

Le phénomène prend tellement d’ampleur que certains suivent le rythme de LaVar et imaginent Lonzo mener les Angelenos en playoffs. Ce serait aller un peu trop vite en besogne. Le gamin a du talent, beaucoup de talent. Mais les attentes commencent à devenir démesurées. C’est d’ailleurs peut-être le signe qu’il est vraiment prometteur...

Lonzo Ball claque 36 points en Summer League