Plus qu’un ROY, Ben Simmons est-t-il déjà un All-Star ?

Plus qu’un ROY, Ben Simmons est-t-il déjà un All-Star ?

Oui, on sait. La saison est encore longue. Mais ce que fait Ben Simmons actuellement, c’est vraiment très fort.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Avec la fuite des superstars vers l’Ouest, la course au All-Star Game semble plus ouverte que jamais pour tous les habituels recalés de dernière minute à l’Est. Ces Josh Smith du monde, ces joueurs forts mais souvent oubliés par le vote du public ou les coaches. Les douzièmes et treizièmes meilleurs basketteurs de leur Conférence. Sauf que désormais, il y a de la place et nombreux sont les candidats à leur première étoile. Les Bradley Beal, Myles Turner, Nikola Vucevic, etc. A cette liste peut peut-être déjà s’ajouter Ben Simmons. Le prodige australien n’a que huit matches NBA dans les jambes depuis qu’il a été drafté en première position en 2016. Mais quels matches ! Le jeune homme n’a pas encore fait le moindre faux-pas. Il a enchaîné les prestations de qualité sans jamais se trouer complètement (trois matches à moins de 45% de réussite). Avec déjà quatre double-doubles auxquels s’ajoutent un triple-double. Un véritable départ canon. Après huit rencontres, le voilà qui pointe donc à 18,5 points, 53% aux tirs, 9,6 rebonds et 7,9 passes en presque 35 minutes. Des statistiques dignes – encore toute fraîche, seulement deux semaines de compétition – dignes des meilleurs joueurs de la ligue. Et évidemment celles d’un All-Star. Il a rejoint Oscar Robertson parmi les désormais deux seuls joueurs à avoir compilé plus de 100 pts, 50 rbds et 40 pds après six matches. Même LeBron James, idole et mentor, n’avait pas frappé aussi fort à son arrivée en NBA ! Les deux joueurs présentent d’ailleurs quelques similitudes dans leur jeu. A LIRE AUSSI : Ben Simmons, des flashs de LeBron James tous les soirs Comme son camarade Joel Embiid, le natif de Melbourne fait ce que ce sont censés faire les plus grands de ce monde : il banalise l’extraordinaire. Cela fait donc deux semaines que la NBA a repris – et tout le monde vient le rabâcher à la moindre analyse un peu hâtive – mais ce n’est déjà plus surprenant de voir le rookie caler des 18-9-7 par ci, 21-13-9 par-là. C’est du Ben Simmons. Le côté « all-around » du bonhomme était déjà bien documenté. En fait, nous n’aurions même pas dû être aussi surpris. Après tout, il claquait déjà 19,2 points, 11,8 rebonds et 4,8 passes à l’université. Mais, par définition, ce n’était que la NCAA. Surtout qu’après sa sévère blessure au pied l’année dernière, nous ne savions pas vraiment en quel état de forme nous allions le retrouver au coup d’envoi de la saison. Visiblement, tout va bien. https://twitter.com/TylerRickyTynes/status/925898363735871490?ref_src=twsrc%5Etfw&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.theringer.com%2Fnba%2F2017%2F11%2F1%2F16596656%2Fnba-icymi-171101

Ben Simmons, pur meneur de 2,08 mètres

Comme toujours, son impact dépasse le cadre des chiffres. Les stats, elles donnent quelques points de repère. Mais elles ne reflètent pas complètement la maturité d’un jeune joueur qui dirige le jeu comme un meneur qui a déjà passé au moins trois ou quatre saisons dans la ligue. Parce que oui, Ben Simmons joue vraiment au poste un. Et vu sa taille (2,08 m), c’est quand même sacrément fort. Même s’il est vrai que cela s’inscrit dans la logique de l’évolution que connaît actuellement la NBA. C’est tout de même intéressant de constater les facilités de l’Australien sur cette position. Il est calme, il est patient et il est altruiste. Des ingrédients essentiels pour tout bon gestionnaire. Il ne se précipite pas vers le cercle comme un taré, une erreur répandue chez les jeunes meneurs athlétiques à la vitesse supersonique. Lui est tout en contrôle. C’est fluide. C’est maîtrisé. Et ça finit presque toujours par faire mal à l’adversaire. Car avec ses centimètres et sa puissance, il a les armes pour conclure de près, même après avoir absorbé le contact. Agresseur du panier – 98 de ses 115 tirs ont été pris dans la raquette – il excelle à moins de trois mètres de l’arceau (61% de réussite).

Un shoot pour devenir incontournable en NBA

Quand les défenseurs se resserrent sur lui, il se sert de ses instincts et de sa vision du jeu pour servir un coéquipier démarqué. Ça, c’est peut-être d’ailleurs l’une des principales ressemblances avec LeBron James. Comme le quadruple MVP, le shoot n’est pas son point fort. Mais Simmons s’essaye de plus en plus. Il n’est par exemple pas mauvais à mi-distance, notamment en tête de raquette. Il y a déjà converti six de ses douze tentatives. C’est important pour un meneur d’être adroit de cette zone du terrain. Les défenses NBA laissent souvent cette espace ouvert (modernisation oblige, le cercle et la ligne à trois-points nettement plus surveillés). Principalement après un pick-and-roll, quand le pivot adverse contient la pénétration sans vraiment empêcher le tir à cinq-six mètres pendant que le meneur adverse essaye de contourner l’écran pour revenir sur le porteur de balle. [caption id="attachment_405067" align="alignnone" width="946"] La défense des Hawks passe sous l'écran de Dario Saric. Ben Simmons fait mouche à mi-distance.[/caption] Chris Paul excelle à cette distance. Ben Simmons doit parfaire son tir dans cette zone avant d’éventuellement étendre son shoot. « Je pense que je peux faire encore plus. Beaucoup plus. Ce sera vraiment fun dans quelques années », promet déjà le jeune homme. Pour l’instant, il est exactement ce que les plus optimistes annonçaient à son sujet lors de la draft : une superstar en devenir et un joueur déjà prêt à assumer des responsabilités en NBA. L’échantillon est petit mais les promesses sont réelles. A ce rythme, le All-Star Game dès sa première saison ne serait que la suite logique.
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