Cade Cunningham, le crack qui échappait aux Pistons depuis plus de 25 ans

Cade Cunningham, le crack qui échappait aux Pistons depuis plus de 25 ans

Cade Cunningham est une superstar en puissance. Le genre de joueur qui peut changer le destin d'une franchise comme les Detroit Pistons.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Les défaites s’empilent comme des briques de Lego dans le Michigan. Déjà 9 de suite pour les Detroit Pistons, bons derniers à l’Est avec seulement 4 victoires en 23 matches. Le plus mauvais bilan du championnat. L’équipe est catastrophique mais comment pouvait-il en être autrement avec autant de jeunes joueurs alignés ensemble sur le terrain ? Mais derrière ces résultats immondes se cache une vraie lueur d’espoir : Cade Cunningham.

Sa présence, sa progression et surtout ses performances très encourageantes sont plus importantes que les victoires ou les défaites à ce stade du processus de reconstruction de l’organisation. Parce qu’il est théoriquement ce joueur qui peut tout changer à l’avenir, quitte à terminer sa première saison chez les professionnels avec 65 défaites. C’est la responsabilité qui accompagne traditionnellement les premiers choix de la draft.

Cade Cunningham, ROY et franchise player en puissance

Cade Cunningham

Encore faut-il être en mesure d’assumer ce glorieux statut. S’il est trop tôt pour en juger, les premiers signes parlent en faveur du jeune homme. Ses prestations récentes rappellent pourquoi les Pistons ont misé leur futur sur lui. Elles rappellent pourquoi il faisait office de superstar de la promotion. Il prouve match après match qu’il méritait toute cette « hype. »

En se montrant de plus en plus fort dans le jeu, de plus en plus à l’aise aussi. Et, forcément, les chiffres suivent. Il pointe par exemple à 16,9 points, 41% aux tirs, 35% à trois-points, 7,5 rebonds et 5,6 passes sur les 11 derniers matches. Des moyennes très flatteuses pour un joueur de 20 ans. N’importe quel débutant qui aligne une telle ligne de stats sur l’ensemble d’une saison sera considéré comme un potentiel très bon.

Cade Cunningham décroche un record capillotracté mais révélateur

Mais ce n’est même pas ça le plus impressionnant. C’est l’attitude. La maturité dont il fait preuve sur le parquet. Il ressemble vraiment fortement à un « franchise player » en devenir. Peut-être encore plus – les fans des Cleveland Cavaliers et des Toronto Raptors n’apprécieront pas – qu’Evan Mobley et Scottie Barnes. Bon, c’est encore trop prématuré pour avoir une discussion honnête sur le sujet mais, en structurant une pensée autour des signaux, il est possible d’envisager que Cade Cunningham devienne le plus brillant des trois sur le plan purement individuel.

Attention, les deux autres seront aussi très forts. Il est cependant difficile de faire tourner une attaque autour d’un intérieur dans la NBA moderne. Mobley est un crack, une star et un joueur majeur qui fera gagner son équipe. Barnes a peut-être plus le profil pour devenir une première option offensive de premier plan. Mais il est moins talentueux (ce n’est pas une tare !) que le maestro des Pistons.

D’ailleurs, en maintenant ce rythme et en continuant sa montée en puissance, Cunningham ne devrait pas tarder à s’affirmer purement et simplement comme le favori pour le trophée de ROY. Il est désormais deuxième aux points – 14,9 – juste derrière Barnes (15,1 – Mobley est quatrième avec 14) et à la passe. Ses deux concurrents sont premiers et deuxièmes aux rebonds. La lutte promet d’être serrée. Mais il a déjà rattrapé son retard après avoir manqué le début de la saison tout en se remettant d’une blessure sur ses premiers matches.

Superstar de demain

Cade Cunningham

C’est ça le plus fort, ce n’est que le début pour lui. Bon, pour les autres aussi cela dit. Le natif du Texas donne l’impression qu’il apprend lors de chacune de ses sorties sur le terrain. L’évolution est visible, même si elle est loin d’être terminée.

« Il essaye encore de comprendre comment ça marche. Je l’ai vu se poser des questions et se demander s’il devait passer ou attaquer. Il n’avait pas à faire ça à la fac, où il pouvait se contenter d’être agressif tout le temps. C’est nouveau pour lui », confie Chauncey Billups, ancienne légende des Pistons qui entraîne désormais les Trail Blazers.

« J’aime tout chez lui. C’est un gagnant avec plein de talents différents. Il peut tout faire. Je pense qu’il va devenir un excellent joueur. »

Sa polyvalence ressort. Et couplée à un meneur de 2 mètres costaud et long, elle donne une dimension unique à son profil. Un « all-around player / playmaker / slasheur. » Sacré mix. Avec deux points faibles très prononcés. Le tir à trois-points et les balles perdues. Mais ce sont justement deux aspects qui peuvent être corrigés peut-être un peu plus facilement que d’autres. L’adresse commence même à venir. Il tourne à 35% derrière l’arc depuis son 1 sur 21 pour entamer la saison.

Quant aux pertes de balles, elles sont aussi les conséquences de son inexpérience. Le tempo va finir par se ralentir. Et à ce moment-là, en analysant mieux les défenses, le meneur sera plus facilement à même de faire la différence tout en gagnant en efficacité. Surtout que ses coéquipiers suivent déjà son exemple.

« J’ai le sentiment que ma voix est écoutée dans le vestiaire », remarque par exemple l’intéressé. « J’ai le sentiment d’être respecté. »

C’est un excellent début. Gagner, perdre… pour l’instant, peu importe. Avoir une superstar dans ses rangs est l’assurance de pouvoir remonter la pente à un moment ou à un autre. Et pour les Pistons, c’est un luxe. Il n’avait sans doute pas drafté un joueur de cette envergure depuis… Grant Hill en 1994.

« J’adore le jeu de Cade. Je pense que ce sera un joueur très, très difficile à arrêter pendant très, très longtemps », conclut Kevin Durant.

Amen.

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