Luka Doncic est-il un James Harden 2.0 ?

Luka Doncic est-il un James Harden 2.0 ?

En NBA, où les comparaisons sont omniprésentes, le rapprochement est tentant. Luka Doncic est-il aux Mavericks ce que James Harden était aux Rockets avant lui ?

Benjamin MoubechePar Benjamin Moubeche  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse

Nous n’avons jamais vu un joueur comme Luka Doncic dans l’histoire de la NBA. Son mélange de technicité, d’intelligence de jeu et, surtout, de précocité le distingue des presque 5 000 athlètes qui ont foulé les parquets de la ligue depuis sa création. Il est unique.

Toutefois, plus le temps passe, plus les comparaisons s’affinent. Elles ne portent plus seulement sur le profil individuel du Slovène, mais aussi sur son rôle aux Mavericks. De plus en plus associé à James Harden, le "Wonder Boy" est-il vraiment incomparable ?

La star autour de laquelle tournent les Mavericks

Après quatre années très abouties en NBA, dont trois en tant que All-Star, on ne présente plus Luka Doncic. Meneur de 2m01, scoreur d’élite, créateur sensationnel… on comprend du premier coup d’œil pourquoi le natif de Ljubljana se fait appeler "Luka Magic". Mais son rôle, lui, est en constante évolution.

Cette saison, la star de Dallas affiche des moyennes astronomiques de 34 points, 9 rebonds et 8,1 passes par match. Le tout à 50,3% au tir et comme l’un des joueurs les plus efficaces de la ligue au scoring, avec 1,22 point par possession. Il incarne, sous tous les aspects, l’expression "Franchise Player".

On pourrait qualifier le système prôné par Jason Kidd d’héliocentrique. Aux Mavericks, Doncic est le soleil autour duquel gravite le reste de l’effectif. Placé au cœur du jeu, il décide de tout pour lui et ses coéquipiers.

Son évolution et le départ de Jalen Brunson aux Knicks ont poussé ce modèle à son paroxysme. Les Mavs donnent parfois la sensation de ne vivre qu’à travers leur meneur, que les joueurs qui l’entourent ne sont que des outils mis à sa disposition. Une impression confirmée par les statistiques, en l’occurrence son Usage Rate de 38,5% d’après Basketball Reference. Près de 40% des actions de son équipe finissent donc entre ses mains.

Déjà leader de la ligue en la matière sur les deux dernières saisons, Doncic repousse encore ses limites. Il atteint des sommets que seulement trois autres joueurs ont côtoyés avant lui : Russell Westbrook, Kobe Bryant et James Harden, avec lequel le parallèle paraît de plus en plus pertinent.

Luka Doncic rassure les fans des Mavericks sur son avenir

Luka Doncic, le James Harden des Mavericks ?

Le système de Dallas avec Doncic rappelle nettement celui de Houston avec Harden. Les deux extérieurs sont des spécialistes techniques, qui évoluent balle en main pour scorer en toute situation ou distribuer le jeu. Dans leur style et leur rôle, la comparaison est évidente.

"La façon dont [Doncic] joue, la façon dont jouait James (Harden) et la façon dont jouait cette équipe des Rockets font qu’il y a beaucoup de similitudes entre eux", constatait ainsi Draymond Green, au mois de mai.

"Luka et James exercent une pression similaire sur chaque possession, ils peuvent créer un tir facile pour leurs coéquipiers ou pour eux-mêmes", confirmait Steve Kerr, au même moment.

En attaque, il n’y a pas de doute. Cœur et poumons de leur équipe respective, le jeune Slovène a aujourd’hui pris la place que le barbu occupait hier. Ils se différencient toutefois sur plusieurs points.

En matière de scoring, les deux joueurs sont fantastiques, parmi les meilleurs de la ligue. Cependant, Harden reste tout de même au-dessus dans les chiffres, s'élevant à un niveau All-Time. Proportionnellement à leur volume de tirs, il est également beaucoup plus concentré sur le tir extérieur, domaine dans lequel il est plus efficace.

La star des Mavericks, avec des tirs très variés, se repose beaucoup sur son jeu à mi-distance. Une différence majeure dans leur style, qui change tout une fois les playoffs venus. En postseason, le mid-range reprend en effet ses droits et certains joueurs trop stéréotypés observent une claire baisse de régime.

Au-delà de ce point, les deux gardent la balle en permanence et mènent leurs coéquipiers à la baguette. Mais Doncic reste un meilleur passeur que son ancien voisin texan. Beaucoup plus rigoureux, il perd moins de ballons (9,6% de turnovers cette année), ce qui a souvent été reproché à Harden (13,5% sur sa saison MVP).

Dans la qualité des passes, surtout, l’écart se creuse. Le prodige de Dallas surprend à chaque match par la créativité de ses caviars. Il dispose également d’une capacité unique à transformer un drive ou une feinte de tir en une passe terriblement précise.

Défensivement, leur manque d’investissement les rapproche une fois de plus. C’est précisément ce point qui pousse Luka Doncic à refuser cette comparaison. "El Matador" essaie de s’éloigner d’Harden en défense, pour plutôt ressembler à LeBron James qui, dans ses meilleures années, impactait les deux côtés du terrain. D’après Jason Kidd, son coach, c’est en tout cas ce vers quoi il tend.

Sur ce plan, le 3e choix de la Draft 2018 a encore beaucoup de chemin à faire. Cependant, sa volonté est déjà un bon signe. Peut-être que cette partie de son jeu évoluera avec le temps et avec les changements d’effectif.

Luka Doncic et James Harden se distinguent ainsi sur plusieurs points importants, qui mèneront assurément le Slovène vers d’autres horizons. Surtout, à seulement 23 ans, il dispose d’une énorme avance. Nous sommes encore certainement loin de la version finale. Il est trop tôt pour le ranger dans une case aussi catégorique que "James Harden 2.0".

Sans Luka Doncic, les Mavericks sont complètement perdus

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