On débriefe AIR et WHITE MEN CAN’T JUMP (avec des spoilers)

On débriefe AIR et WHITE MEN CAN’T JUMP (avec des spoilers)

Notre avis 100% objectif et plein de mauvaise foi.

HangtimeMarsPar HangtimeMars | Publié  | BasketSession.com / HOOP CULTURE / Culture

Vu le temps un peu pourri de ces dernières semaines, on a eu plein de temps pour regarder deux films qui nous intéressent en premier lieu : Air et le remake de White Men Can't Jump. Si vous ne les avez pas encore vu, il est encore temps pour vous de quitter cette page, sinon à la manière d'un CQFR, voici ce qu'on en a (objectivement) pensé :

AIR

Ben Affleck et Matt Damon nous plongent dans l'année 1984 et la négociation de la signature de Michael Jordan chez Nike. On suit avec délectation les aventures de Sonny Vaccaro, persuadé que MJ est LA seule et unique superstar dont Nike a besoin pour dynamiser sa division basketball. On vous la fait courte : malgré les réticences de Phil Knight, CEO de Nike, et surtout du joueur, le contrat sera signé grâce à Madame Jordan mère qui foutra à coups de pieds au c.. son fils dans l'avion pour Beaverton - Oregon. La légende Air Jordan est née.

On a aimé :

  • déjà le grain de l'image, volontairement vieilli pour donner une impression de documentaire d'époque. Du coup les décors et les costumes sont parfaitement mis en avant. Même la Porsche du patron est présente dans son coloris "Grape" (qui inspirera de futurs colorways sur certaines Jordan)
  • la B.O géniale, avec en plus un "Money For Nothing" de Dire Straits en générique. Tout est bon, rien à jeter.
  • le générique de ce Air, justement, un best of de 1984, qui a dû couter une blinde à la production, vu qu'on y voit un paquet d'extraits de films, pubs et séries comme Ghostbusters, l'Agence Tous Risques (coucou Mr T), ou encore K2000.
  • le fait de ne pas voir Jordan une seule fois de face, histoire d'éviter l'erreur maintes fois faite de tenter d'incarner le GOAT, ce qui n'est jamais heureux. On voit sa silhouette de dos, et respect à la doublure d'avoir su capter la démarche féline du bonhomme. Les réalisateurs montrent parfaitement son côté déjà inaccessible et charismatique, même s'il n'a pas foulé un seul parquet NBA.
  • l'insertion d'images de Jordan en action à travers sa carrière pour illustrer la vision de Vaccaro et de Mme Jordan, surtout quand elle prophétise que son fils gagnera des titres et sera MVP des finales. La confiance c'est de famille.
  • le discours de Matt Damon pendant la réunion de présentation de la Air Jordan 1. Entre le moment où il explique à Jordan chaque étape de sa future carrière, avec les bons et les mauvais moments à venir, et la phrase "une chaussure est juste une chaussure jusqu'à ce que quelqu'un l'enfile", on a eu des frissons pendant 3 minutes.
  • le personnage de Peter Moore, designer de la chaussure, mi-génie, mi-savant fou. Quand il lève le voile sur la silhouette de la Air Jordan 1, on a eu des frissons pendant 1 minute.
  • le personnage de David Falk (joué par Chris Messina), l'agent de Jordan, qui insulte Vaccaro parce qu'il s'est rendu chez les Jordan sans passer par lui, et qui est finalement à l'origine du slogan "Air Jordan".
  • Ben Affleck et ses bouclettes en Phil Knight, sorte de gourou à la fois zen et totalement flippé, obsédé par le running, ses leggins rose fluo. Sa tronche quand on lui annonce qu'il va payer des amendes à chaque match à cause des couleurs de la chaussure est délicieuse
  • Chris Tucker qui interprète Howard White et joue la carte "brother" auprès de James Jordan. Toujours aussi fort le Chris.
  • Jason Bateman en Rob Strasser, alors chargé du marketing chez Nike, à la fois dépassé par les évènements et transcendé par l'enjeu.
  • Viola Davis en Doloris Jordan, qui aura à elle seule modifié le cours de l'histoire, notamment en négociant un pourcentage des ventes pour son fils, ce qui ne s'était encore jamais fait.

On n'a pas aimé :

  • le fait d'apprendre que John Stockton a failli prendre la place de MJ tellement les éxécutifs de Nike pensaient qu'il serait impossible d'approcher le rookie des Bulls. Une "Air Stock", ca fait pas super kiffer.
  • les chaussures en osier de Vaccaro. Même en 1984, il y avait de beaux modèles avec le swoosh, bordel !
  • ne pas voir le processus de création du logo Wings par Peter Moore, même si un bel hommage lui est rendu à la fin
  • que les gars d'adidas ne posent sur la table que quelques pauvres paires de Top Ten pour convaincre un MJ pourtant acquis à leur cause
  • sinon on chipote parce qu'il n'y a vraiment pas grand chose à jeter

Le Mook REVERSE spécial JORDAN est fin prêt !

WHITE MEN CAN'T JUMP

Le remake du génial film de Ron Shelton sorti en 1992 avec Wesley Snipes et Woody Harrelson, remplacés par Sinqua Walls et le rappeur Jack Harlow qui tentent de se refaire une santé financière en participant à des tournois de rue. Sinqua campe Kamal Allen, ancienne gloire du lycée ayant tout perdu suite à une bagarre, et Harlow joue Jeremy, menteur compulsif, ancien de Gonzaga qui rêve de NBA malgré un genou en vrac. S'attaquer à un tel monument de la culture basket (c'est un des rare film réussi sur notre sport avec He Got Game) et des 90s pouvait être casse gueule, et des gueules, on a eu envie d'en casser après le visionnage. Notre rédac chef Théo Haumesser nous a précisé : "dites ce que vous voulez sur le film tant vous n'insultez pas des mamans" (ce qui serait mal vu une veille de fête des mères), alors en avant.

On a aimé :

  • les paires de sneakers qui s'enchainent aux pieds des joueurs tout au long du film. Les gars sont tous en galère financière mais sortent de leurs sacs toutes les dernières nouveautés performance. Respect à eux. A noter que Jack Harlow reste lui fidèle à New Balance tout au long du film.
  • voir Teyena Taylor faire la badass.
  • voir Laura Harrier jouer la fiancée de Jack Harlow et lui tirer la tronche dès qu'il touche un ballon alors qu'elle était encore Madame Klay Thomson il y a quelques temps.

On n'a pas aimé (ca va être long)

  • que tout le charme naif et brut de l'original ait été aseptisé avec des personnages aussi creux qu'autocentrés, toujours leurs portables à la main. Un film TikTok.
  • Harlow est à Harrelson ce que Joséphine Ange Gardien est à The Last Of Us. Il est là parce qu'il a marqué deux paniers lors d'un celebrity game de All Star Weekend et parce qu'il pèse lourd sur Instagram. Tellement transparent à l'écran que quand il parle on sursaute parce qu'on l'avait même pas remarqué.
  • Les scènes de tournoi sont épuisantes à regarder. Les couleurs des tenues et des terrains (c'est quoi ces ballons jaunes verts ??) semblent être sorties toutes droit de Space Jam 2 ou d'une robe Desigual. Mal de tête garanti.
  • La musique... quelle musique ? Une bouillie hiphop-trap-drill digne des pires playlists proposée par votre plateforme de streaming, genre "titres rap qui font le buzz" ou par votre pote de bureau qui vous le promet : "du rap frérot ca fait 20 ans que j'en écoute alors check ça c'est du louuuuuuurd"
  • 1h50 de placements de produits : toutes les marques sont montrées, citées, mises en avant jusqu'à épuisement. A part Galak, tout y est passé.
  • voir Teyena Taylor faire la badass.
  • voir Laura Harrier jouer la fiancée de Jack Harlow et lui tirer la tronche dès qu'il touche un ballon alors qu'elle était encore Madame Klay Thomson il y a quelques temps.
  • Harlow est montré comme vegan, chantre de la méditation et du bien être. Les multiples scènes façon Karaté Kid où lui et son compère cherchent la paix intérieure nous ont donné envie de nous arracher un bras pour avoir un truc à jeter sur la télé.
  • la rédemption, la mort du père qui s'éteint au moment où son fils rentre le tir gagnant, le loser qui n'écoute pas sa femme et finalement a bien réfléchi et demande pardon parce qu'il a été nul, ca touche autant la cible que Max Struss dans le Game 1 des finales.
  • les multiples tentatives de blagues sur "le blanc" et "les noirs", complètement foirées.
  • la personne qui a été en charge du doublage son, avec des "SWISH" parfaits à chaque panier, et des "CRAC" sur chaque blessure, est priée de se rendre au commissariat le plus proche pour se livrer aux forces de l'ordre. Rendez-nous les chaines à la place des filets !
  • Snipes et Harrelson étaient de vrais arnaqueurs dans l'âme. Dans cette nouvelle version, les acteurs sont aussi gangsta que Morant et Dillon faisant les soldes dans une armurerie.
  • Le jeune prospect du lycée, qui arrête le basket avant la fac parce que grillé dans une bagarre, qui gagne un tournoi de 3x3 à LA, puis signe en Chine, et qui se retrouve avec un contrat d'une semaine aux Lakers, c'est trop pour nous. Allez bisous.

 

Bien évidemment, tout cela n'est que notre humble avis, alors dites nous à votre tour ce que vous avez pensé de Air et White Men Can't Jump.

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