Pourquoi NOLA est déjà un prétendant au titre

Pourquoi NOLA est déjà un prétendant au titre

Les Pelicans ne veulent pas être uniquement une équipe de saison régulière et ils ont bien raison.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

On vous le disait en début de saison, les New Orleans Pelicans n'ont aucune intention d'être patients. Ils sont prêts à jouer les premiers rôles dans la Conférence Ouest et à faire du bruit en playoffs lorsque le moment sera venu. Après un départ assez calme, pour ne pas dire poussif, les voilà sur un rythme de croisière et une dynamique nettement plus conformes à ce que les plus optimistes envisageaient.

La barre des 30 matches n'est pas encore atteinte, mais le moment est déjà venu de se demander si les Pels sont seulement une sympathique équipe de saison régulière capable de passer un tour en post-saison, ou un groupe capable de rafler la mise dès cette année. On a notre petite idée sur la question. Voici quelques raisons pour lesquelles il ne faut absolument pas prendre NOLA à la légère.

Peur de personne

Cela peut-être très symbolique, surtout en l'absence de Devin Booker, mais le fait dominer deux fois un contender comme Phoenix en 48 heures n'a rien d'anodin. Un peu plus tôt, New Orleans avait aussi dominé Denver - lors du fameux Alvarado Game - preuve si besoin que les autres grosses cylindrées de l'Ouest ne leur font absolument pas peur. Il faut aussi dire que pour le moment aucune équipe ne s'est vraiment positionnée en rouleau compresseur à la Boston/Milwaukee de ce côté-ci du pays.

Phoenix a baissé de pied, Memphis récupère petit à petit ses forces vives, Denver est encore un peu irrégulier, Golden State a pris beaucoup de retard à l'allumage et les Clippers ne savent toujours pas s'ils peuvent compter deux matches de suite sur Kawhi Leonard... Le fait que la concurrence soit moins impitoyable que prévu dans le Far West est un atout important pour les Pelicans, sûrs de leur force mais pourtant eux non plus pas au complet.

Brandon Ingram n'a pas joué depuis le 26 novembre et sa blessure à l'orteil. L'équipe tourne bien sans lui, mais elle pourrait prendre une dimension encore supérieure à son retour, lui qui était sur les bases de l'une de ses meilleures saisons en NBA, notamment en termes d'adresse extérieure (46.7%).

Le niveau de Zion est incroyable

Forcément, tout le monde attendait de voir ce que donnerait la version allégée et sans blessure de Zion Williamson cette saison. Après avoir fait preuve de prudence en le laissant couper quelques matches pour se soigner lors des premières semaines, Willie Green peut compter pleinement sur lui aujourd'hui. Et bon sang, quel plaisir de le voir en pleine possession de ses moyens ! Zion n'est pas tout seul dans cette équipe, loin de là. Mais son énergie et son envie de donner tort aux sceptiques est contagieuse et l'un des moteurs principaux des Pelicans.

Sa forme récente rappelle que l'on parle d'un joueur qui était All-Star avant sa blessure au pied et sa saison blanche, et dont l'efficacité était sans comparaison possible au sein de la ligue. Sur les 6 derniers matches, ses statistiques individuelles sont édifiantes :

  • 33 points, 10 rebonds et 5 passes à 80% contre Toronto
  • 30 points, 15 rebonds et 8 passes à 64% contre San Antonio
  • 25 points, 6 rebonds et 4 passes à 53% contre Denver
  • 29 points, 10 rebonds et 5 passes à 68% contre Detroit
  • 35 points, 7 rebonds et 4 passes à 76% contre Phoenix
  • 35 points, 8 rebonds et 3 passes à 66%, à nouveau face à Phoenix

Il ne s'agit pas de performances individuelles isolées ou de one-man show. Zion affiche aussi des progrès en défense, en termes de playmaking et dans l'expression de son leadership. Avec le niveau qu'il affiche en ce moment et qui a grandement contribué aux 7 victoires consécutives des Pelicans, il ne fait aucun doute que l'ancien Dukie sera de nouveau All-Star en février. Avec le bilan de New Orleans, il va aussi falloir se demander si ce que réalise Zion Williamson ne peut pas aussi être considéré comme un argument solide dans la course au MVP...

Zion Williamson provoque un début d’embrouille en claquant un 360

Dyson Daniels, quelle plus-value !

David Griffin et son staff avaient déjà visé incroyablement juste avec Herb Jones l'an dernier en le récupérant au 2e tour avec le 32e pick. Rebelotte cette année avec Dyson Daniels. Le jeune Australien, sélectionné avec le 8e pick après une année au sein de la Team Ignite en G-League, apporte déjà des choses formidables sur le plan défensif, avec une intelligence et une maturité invraisemblables. Willie Green est capable d'aligner des cinq variés et assez indécents en termes d'agressivité défensive lorsque Daniels, Green et Alvarado, qui a d'ailleurs plus à proposer que son amusant signature move.

Pour en revenir à Dyson Daniels, il ne se passe pas un match sans qu'il ne propose des séquences assez incroyables en termes de justesse défensive. Pour un joueur avec aussi peu de matches NBA au compteur, comme Jones l'an dernier, c'est à peine croyable à quel point il switche avec aisance et fait le geste juste face à quelques uns des meilleurs attaquants de cette ligue.

Depuis le début du mois de décembre, Dyson Daniels a aussi sorti deux matches à 9 et 8 passes décisives, preuve que le playmaking ne lui est pas étranger. On devrait gentiment le retrouver dans l'une des All-Rookie Teams dans quelques mois, lui qui a intégré le cinq récemment.

Un équilibre collectif épatant

A cette heure, les Pelicans ont la troisième attaque la plus prolifique de la ligue, tout en ayant la 8e défense la moins perméable. Sans avoir autant de spécialistes que certaines équipes, New Orleans a aussi la 10e adresse à 3 points, 6e à l'adresse globale, 7e au nombre de rebonds par match, n°2 aux interceptions et 9e aux nombres de lancers obtenus. Les Pels ont peu de points faibles et ont un équilibre global dont peu d'autres teams peuvent jouir. C'est aussi ce qu'il faut pour espérer voyager loin en NBA.

En sortant des considérations statistiques, on peut aussi noter que l'atmosphère qui semble régner dans le groupe est excellente. Il n'y a aucun problème apparent d'ego, CJ McCollum servant de leader dans le vestiaire pour manager tout ce petit monde tout en étant encore une fois l'un des meilleurs joueurs de la ligue à ne pas avoir encore connu l'honneur d'une sélection au All-Star Game. Zion Williamson n'est pas une star qui tire la couverture à elle, Brandon Ingram semble bien accepter d'être une option offensive secondaire et les role players paraissent épanouis.

Le fait de voir des jeunes comme Trey Murphy, Herb Jones, Dyson Daniels apporter autant est aussi un indicateur positif pour un groupe où seuls trois joueurs ont atteint la trentaine : Jonas Valanciunas, CJ McCollum et Garrett Temple.

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