Dans une ambiance électrique à Detroit, les San Antonio Spurs ont répondu au défi physique imposé par les Detroit Pistons. Bousculé, ciblé dès les premières minutes, souvent envoyé au sol, Victor Wembanyama a terminé avec 21 points, 17 rebonds et 6 contres, dont quatre dans le quatrième quart-temps. Une ligne statistique solide dans un match au parfum de playoffs, où chaque possession ressemblait à un combat.
Après la rencontre, le Français est revenu longuement sur l’intensité imposée par les Pistons et sur la manière dont il a vécu cette confrontation. L'interview est vraiment intéressante (comme souvent avec Victor), donc on a trouvé bon, pour une fois, de vous la proposer en intégralité.
On a vu les Pistons jouer très physique avec toi ce soir. Est-ce que c’était l’un des matches les plus durs que tu aies connus ces dernières années ?
Victor Wembanyama : « Je pense que ça fait clairement partie du top 5 des matches les plus physiques que j’ai joués. Mais si on regarde l’ensemble de la saison et ce qui arrive ensuite, c’est probablement l’équipe la plus capable de jouer de cette manière. Ils attaquent le rebond, ils forcent des tirs difficiles, ils cherchent constamment le contact. Et je pense que c’est aussi pour ça qu’ils en sont là aujourd’hui. »
Detroit a en effet multiplié les prises à deux, les coups d’épaule au rebond et les aides rapides dans la peinture. L’objectif était clair : le sortir de son rythme, l’user, le frustrer.
Tu es tombé dès les premières minutes après un contact avec Cade Cunningham, et on avait l’impression que tu passais ton temps à te relever. Est-ce que tu te dis quelque chose dans ces moments-là ?
VW : « Oui, parfois je pense que je tombe trop. Mais parfois, il faut tomber, parce que sinon on gaspille de l’énergie à vouloir rester debout à tout prix. Sur l’action avec Cade par exemple, juste avant, j’ai essayé d’être physique, de tenir malgré les fautes, mais là ça n'a pas payé. Parfois, accepter le contact, tomber et obtenir la faute, ça permet de sanctionner l’action. Donc ce n’est pas toujours mauvais de tomber. Mais je pense quand même que je tombe trop. »
Cette lucidité illustre son apprentissage permanent. Wembanyama ne subit pas le défi physique, il l’analyse. Il ajuste. Il comprend quand absorber le choc et quand transformer le contact en avantage.
Detroit avait ciblé Wembanyama, il a répondu en patron
Est-ce que les matches très physiques contre Houston plus tôt dans la saison t’ont aidé à te préparer à ce genre d’ambiance ?
VW : « Oui, et inversement aussi. Comme je l’ai dit, je pense que cette équipe est la plus capable de jouer de cette façon, mais Houston n’est pas loin derrière, tout comme d’autres équipes. »
On avait presque l’impression d’un match de playoffs. Tu n’as pas encore connu les playoffs, et beaucoup de joueurs de l’équipe non plus. Est-ce que tu es content de vivre ce genre d’expérience ?
VW : « Oui, clairement. »
C’était une soirée compliquée au tir, mais est-ce que c’est l’un de tes matches les plus satisfaisants défensivement ? Six contres, beaucoup de rebonds face à une équipe très solide.
VW : « Oui, c'est sûr. La deuxième mi-temps a été très satisfaisante défensivement. Et oui, c’était une soirée difficile au tir. Mais c’est ce qu’ils font. S’ils ne veulent pas que tu marques, ils ne te laissent pas marquer. C’est pour ça que je parlais de progression, parce que tout le monde était connecté ce soir. En deuxième mi-temps, des deux côtés du terrain, mais même sur l’ensemble du match offensivement, tout le monde était connecté, et ça se voit dans les stats.
On a six joueurs qui ont pris plus de dix tirs. Tout le monde a pu manger ce soir. Parce qu’on était connectés et parce qu’on s’est battus contre ce "mur" toute la rencontre. On a essayé d’en faire un vrai match de basket, de marquer des points, et la seule manière d’y arriver, c’est de partager le ballon. »
Maladroit (6/16 au tir), mais dominant défensivement, Wembanyama a accepté le défi. Il a protégé le cercle, sécurisé le rebond et laissé le jeu venir à lui quand la défense se refermait. Detroit a tenté de l’user physiquement, il a répondu par la constance, la lecture et l’impact collectif. Mieux, il a compris comment un collectif, même jeune et inexpérimenté, pouvait réussir de grandes choses s'il était parfaitement connecté.
Allez, dernier petit plaisir pour conclure, voici les highlights de Victor dans le quatrième quart temps, avec notamment ses 4 contres incroyables :
