Al Horford est le meilleur joueur de Boston en ce moment

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Mais certainement pas le plus médiatisé. Une habitude pour l’un des All-Stars les plus discrets de toute la NBA.

Al Horford ne sera jamais vraiment populaire en NBA. Pas le style du bonhomme, autant le joueur que l’homme (les deux étant évidemment très souvent indissociables). Tel est le fardeau quand un basketteur prend les commandes d’une franchise aussi peu populaire que celle des Atlanta Hawks pendant plus de dix ans avant d’accepter un rôle plus ingrat, moins central, aux Boston Celtics.

Contrairement aux autres superstars de la ligue, le Dominicain ne se distingue pas pour ses paniers au buzzer, ses dunks spectaculaires ou ses crossovers. Sur le terrain, il excelle dans tous les petits détails (bon, sauf les rebonds). Les écrans musclés pour crée des espaces à ses coéquipiers, la positionnement au bon endroit au bon moment, l’attention de son défenseur qu’il capte en restant derrière l’arc, étirant là encore le jeu du même coup, les passes depuis la tête de raquette, etc. Mais il sait aussi scorer quand son équipe a besoin d’un surplus offensif.

C’était le cas cette nuit. Il fallait plus qu’un homme – ici, Kyrie Irving (24 points et 7 passes) – pour venir à bout de Giannis Antetokounmpo (28 points, 10 rebonds, 7 passes) et des Milwaukee Bucks. Surtout avec les jeunes Jaylen Brown et Jayson Tatum moins en réussite que lors de leurs précédentes sorties. C’est donc Horford qui s’y est collé pour combler les brèches en attaque. Et avec une sacrée efficacité ! Il a terminé avec 27 points à 11/14 aux tirs et un impeccable 4/5 derrière la ligne à trois-points.

« Il a été excellent des deux côtés du terrain », notait Brad Stevens. « Il a défendu sur Giannis pendant une grande partie de la nuit et il a évidemment des trois-points importants. »

Ah, la défense. Vous voyez, le premier élément qui nous est venu en tête, c’est le scoring. Les 27 points. C’est presque toujours ce qui marque le plus. Et c’est pour çà qu’Al Horford n’est pas un joueur plus souvent cité parmi les plus forts du championnat. Parce que mettre des paniers n’est pas sa qualité première, même s’il est capable de le faire. En soit, il n’a pas non plus éteint Giannis. C’est impossible. Mais il l’a limité à 28 points – et vu les performances du Grec en ce moment c’est déjà bien – à 10/21 aux tirs. C’est la première fois de la saison que la star des Bucks descend sous la barre des 50%.

Al Horford, c'est Mr Propre

Au final, c’est quand il claque un match comme ça, à 20-25 pions, que tout le monde se souvient qu’Horford est un All-Star. Mais si vous avez vu les premiers matches des Celtics, vous avez peut-être remarqué à quel point il est indispensable. Et encore, des fois, ça se ne se voit même pas tant l’engouement d’un match ou les performances individuelles des Kyrie, des Tatum ou des Brown peut nous écarter de l’esprit les petites tâches accomplies action après action par le pivot. Mais après le match, vous remarquerez toujours que le gars a apporté son lot de rebonds (enfin, cette saison c’est le cas), de passes, etc. Surtout, il a toujours un différentiel positif ! Toujours ! Même quand Boston perd. Ses statistiques témoignent de sa solidité : 15,8 points, 51% aux tirs, 45% à trois-points, 8,8 rebonds, 4,4 passes et +5,4 en 33 minutes.

Plus avancé encore comme chiffre : quand Al Horford n’est pas sur le parquet, les Celtics ont un Net Rating négatif (plus de points encaissés que marqués) sur 100 possessions. Tous les autres joueurs ont un différentiel positif. En d’autres termes : il n’y a que quand l’intérieur sort que c’est le bordel. Dès qu’il est là, tout va bien. Alors, OK, il n’est peut-être pas le « plus fort » ou le « plus talentueux ». Mais il est clairement le plus important.