Avec Anthony Davis, les Lakers peuvent rêver du titre

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Le transfert d’Anthony Davis aux Los Angeles Lakers fait déjà de la formation californienne l’un des grands favoris au titre dès la prochaine saison NBA.

La NBA ne prend décidément jamais de vacances. Quarante-huit heures après le sacre des Toronto Raptors, l’exercice 2019-2020 a été lancé en grande pompe avec le transfert retentissant d’Anthony Davis aux Los Angeles. L’aboutissement de cinq mois de bras de fer entre le joueur, son agent Rich Paul et les New Orleans Pelicans. Une conclusion inévitable depuis que l’intérieur All-Star avait manifesté en février dernier son envie pressante de quitter la franchise qui l’avait drafté en première position en 2012.

Il a donc obtenu gain de cause. Pour s’attacher ses services, les Angelenos ont cédé Lonzo Ball et Brandon Ingram, tous les deux draftés en deuxième position respectivement en 2017 et 2016, le précieux Josh Hart et une ribambelle de picks. Dont le quatrième choix de la cuvée 2019. Un pick protégé top-8 en 2021 (non protégé en 2022 si les Pelicans ne le récupèrent pas en 2021), un autre non protégé en 2024 et le droit d’échanger leur tour de draft en 2023.

C’est le prix à payer pour un basketteur de ce talent. A.D. a eu ce qu’il voulait. LeBron James aussi. Le King a désormais une autre superstar à ses côtés. Les Lakers sont excités, les Pelicans soulagés et probablement contents également. Le nombre de picks lâchés dans le deal montre deux choses : 1) les Californiens ne voulaient absolument pas se séparer de Kyle Kuzma et ils ont ajouté des assets à l’échange pour le conserver 2) ils sont persuadés que Davis va prolonger à L.A. en 2020. Ça a du sens. Il a annoncé dès le départ qu’il voulait jouer pour les Lakers. Il signera donc, sauf catastrophe, un nouveau contrat maximum l’été prochain.

Anthony Davis, 26 ans, sera donc lié, a priori, à l’organisation jusqu’en 2024 ou 2025. Pile dans son « Prime ». Pour la franchise, ça revient à avoir de fortes chances d’être un candidat sérieux au titre – ou au minimum aux playoffs – jusqu’en 2025. Les picks échangés ne seront donc pas bien placés. Ça permet de relativiser ce transfert.

Anthony Davis, un deuxième top-8 player à L.A.

Parce que c’est un joueur monstrueux que les Angelenos viennent de récupérer. Son image de marque a pris un peu de plomb dans l’aile depuis qu’il a demandé à quitter les Pelicans. Soudainement, son niveau de jeu est parfois laissé de côté. C’était exactement la même chose avec Kawhi Leonard quand il a voulu quitter les San Antonio Spurs. Aujourd’hui, il est considéré comme l’un des deux meilleurs joueurs de la planète. Davis est certainement dans le top-6, voire mieux. Et il peut le prouver dans les mois à venir.

C'est quand même un joueur qui pèse près de 28 points et 12 rebonds depuis plusieurs saisons alors qu'il est encore jeune. Il a eu quelques bons coéquipiers à ses côtés mais jamais du niveau de James. Et malgré ça, il a quand même mené ses Pelicans au second tour au sein d'une Conférence Ouest très relevée depuis plusieurs années. C'est un excellent attaquant, fort de près, adroit à mi-distance et en progression à trois-points. Ses combinaisons avec LeBron en pick-and-roll et pick-pop vont faire des ravages. C'est aussi un excellent défenseur avec des atouts physiques hors du commun.

Son état de santé est souvent souligné – à raison il est vrai ! Il est très souvent blessé. Mais hormis la saison passée – tronquée par sa demande de transfert – il avait disputé 75 matches lors des deux exercices précédents. Il y a du mieux. Moins de dix matches manqués deux années de suite. Surtout, il a toujours répondu présent sans se blesser quand il a participé aux playoffs (seulement deux fois, il est vrai, avec tout de même une demi-finale de Conférence à la clé).

Aux Lakers, Anthony Davis va pouvoir s’économiser. LeBron James aussi. Chacun pourra être mis au repos de temps en temps en cours de saison et laisser l’autre prendre le relais. C’est ainsi que les Raptors ont gardé Kawhi Leonard au frais pour les playoffs. On a vu le résultat. Jouer moins de match, c’est automatiquement moins de chances de se fatiguer et de se blesser. Pour être à 100% à partir d’avril, quand ça compte vraiment.

Et les Californiens peuvent rêver grands en playoffs. La ligue est plus ouverte que lors des saisons passées, quand les Golden State Warriors dominaient le championnat. Ils ont été détrônés il y a quelques jours et font désormais face à un été chamboulé. Klay Thompson et Kevin Durant sont tous les deux libres. Et même s’ils restent, ce qui semble déjà quasiment acquis pour Thompson, ils ne reviendront pas avant plusieurs mois. L’arrière All-Star peut éventuellement viser un retour en février ou mars. Et encore, c’est si jamais les Dubs ne prennent pas la décision de lui faire faire une saison blanche. Pour KD, c’est exactement ce qui l’attend.

Warriors à terre, NBA ouverte

Les Warriors n’auront certainement pas la même force de frappe. La Conférence Ouest est donc plus ouverte que jamais et ça peut profiter aux Lakers. Un départ de Kawhi Leonard de Toronto – imaginons aux Clippers – pourrait déstabiliser le champion en titre qui aurait alors du mal à conserver son trophée. En attendant les décisions de chacun cet été, Los Angeles est la seule équipe à compter deux des six ou huit meilleurs joueurs du monde ! C’est très souvent ce qui fait la différence : avoir les individualités les plus talentueuses.

Encore faut-il les entourer, c’est vrai. Les Lakers ne pourront pas signer Kemba Walker, à la recherche du maximum en juillet. Ils n’auront « que » 23 millions de disponibles en plus d’une exception. Environ 27 millions au total. Puis des contrats au minimum. Mais tant mieux. Cette somme est largement suffisante pour aller signer des shooteurs et des défenseurs pour compléter l’effectif. Il y en a plein sur le marché. C’est avec des basketteurs polyvalents, teigneux et adroits que se construisent les candidats au titre.

On pense à des Malcolm Brogdon (plus cher), Patrick Beverley, J.J. Redick, Wayne Ellington, etc. Les joueurs de devoir sont généralement intéressés à l’idée de jouer pour un candidat au titre. Surtout quand il y a LeBron James et Anthony Davis dans l’équipe. Les Lakers ne seront peut-être pas les favoris absolus pour 2020. Ils repartent avec un nouveau coach et un roster sans doute changé sans sa quasi-intégralité. Mais ils peuvent clairement viser grand dès maintenant.