Affaire Ed O’Bannon : les joueurs NCAA un jour rémunérés ?

L'ex-Bruin de UCLA, Ed O'Bannon, continue sa croisade contre la NCAA et ses règles d'amateurisme : les joueurs universitaires seront-ils rémunérés un jour ?

Benoît JametPar Benoît Jamet  | Publié  | BasketSession.com / NEWS / NCAA
Affaire Ed O’Bannon : les joueurs NCAA un jour rémunérés ?
On vous en avait parlé en juin dernier. Ed O'Bannon, l'ex-joueur de UCLA mais aussi de quelques clubs européens (dont Limoges, pendant une semaine), tente actuellement d'intenter un procès à la NCAA pour que soit reconnu le droit des joueurs universitaires à une rémunération.

Avancée mais restructuration de la plainte

Un premier jugement du juge (la première étape légale obligatoire) avait été accueilli amèrement par les supporters de cette cause puisque si Claudia Wilken (la-dite juge) avait autorisé aux plaignants le droit de se constituer en "Class-action" (action de groupe), elle avait également affirmé qu'Ed O'Bannon et consorts ne pouvaient aucunement attaquer la NCAA en faveur des dizaines de milliers anciens joueurs universitaires pour leur faire obtenir réparations sur d'éventuels revenus sur les retransmissions télé, les jeux videos ou les produits dérivés, du temps où ils jouaient en NCAA. Par contre, et c'est l'analyste légal de Sports Illustrated qui le rapporte, la juge n'empêche aucunement ces mêmes joueurs de porter l'affaire en justice eux-mêmes de leur côté. Et c'est bien la route qui semble se dessiner puisque l'on doit maintenant s'attendre à un "Jour du Jugement" (Day of Reckoning, en anglais biblique) avec des dizaines, voire des centaines, d'anciens joueurs portant plainte en même temps devant divers tribunaux américains avec, basiquement, les mêmes revendications. L'un des avantages de cette méthode, c'est qu'elle ne reposerait plus seulement sur la seule plainte d'Ed O'Bannon et donc représenterait un danger multiple pour la NCAA. Elle permettra aussi de recentrer cette plainte collective autour de joueurs plus connus. En effet, l'un des arguments retenus par la juge fut que certains joueurs obscurs n'auraient, de toute facon, touché aucun revenu, même si les athlètes avaient été rémunérés. Les rosters de jeux vidéos étant moins conséquents que les "vrais", ils ne seraient tout simplement pas apparus dans les jeux. Autre conséquence, la juge a également rappelé que certains joueurs universitaires avaient, de fait, bénéficié de cette règle de l'amateurisme car, si la NCAA avait dû payer ses athlètes, certains d'entre-eux seraient restés plus longtemps et auraient donc pris la place de joueurs plus jeunes qui ont pu, avec la règle actuelle, accéder à des bourses universitaires. Ce "Jour du Jugement" n'est pas encore pour tout de suite néanmoins puisque la saison des "Bowls" en football américain universitaire va commencer, ainsi que les vacances, et que cela n'est donc pas vraiment propice à ces plaintes en masse.

Un syndicat des joueurs universitaires?

Cest bien cette idée d'un syndicat des joueurs universitaires qui semble courir et sur laquelle quelques bureaux d'étude et de Relations Publiques ont deja planché. Néanmoins, encore d'après McCann de Sports Illustrated, trois obstacles sont toujours sur la route d'une rémunération des joueurs universitaires : - Le Premier Amendement Américain donne le droit aux médias de retransmettre des événements "live" sans avoir à compenser financièrement les acteurs de cet événement. Ce qui est vrai pour les actualités, ou la couverture d'un meeting politique, ne l'est pas forcément pour une compétition sportive, génératrice de business, et dont le caractère "live" est obligatoirement organisé par l'institution. C'est cet argument que présentera Ed O'Bannon et son équipe d'avocats sur ce point. - Les grandes chaînes américaines ont déjà payé pour les droits des compétitions universitaires (parfois à grand frais) et ne semblent pas décidées à payer, en plus, les athlètes. Ces derniers seraient prêts, d'après les informations qui circulent, à ce que leur rémunérations viennent de la part des sponsors mais ce syndicat pourrait aussi surtout être un atout de poids en faveur d'un éventuel boycott des joueurs, si rien ne leur était versé. - D'après des témoignages, dont celui de Kenneth Starr (l'ancien procureur qui voulait faire tomber Bill Clinton et qui est maintenant Président de l'Université de Baylor au Texas), la rémunération des athlètes pourraient amener les donateurs ("boosters") à revoir la somme qu'ils envoient pour supporter ces universités et la vie universitaire puisqu'ils verraient alors cet argent comme allant directement dans la poche des ces athlètes-étudiants, et non plus dans les programmes de la fac à laquelle ils sont attachés. O'Bannon et son équipe ont réfuté cet argument puisque leur volonté est plutôt de créer un fonds qui paiera ce qui est dû aux athlètes une fois leurs carrière terminée, et qui pourrait leur assurer l'accès à des soins ou à des assurances-santé plus tard dans leur vie. On le voit, de nombreux arguments risquent encore d'animer le débat mais c'est bien le futur de la NCAA qui est train de se jouer en ce moment dans les cours de justice américaines.
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