[Technique] Comment améliorer ses lancers ?

Frédéric YangPar Frédéric Yang Publié

Talon d’Achille de nombreux joueurs, le lancer franc est un tir à part dans le basket. Nous allons donc vous donner des astuces pour vous améliorer.

Talon d’Achille de nombreux joueurs professionnels, le lancer franc est un tir à part dans le basket. C'est pourquoi il nécessite un travail minutieux et particulier pour être totalement maîtrisé. Nous allons donc vous donner des astuces pour vous améliorer dans cet exercice.

Il y a un domaine dans lequel les joueurs amateurs et professionnels ne sont pas forcément très différents : la réussite aux lancers francs. Et oui, aussi simple que cela puisse paraître, ce tir sans défense, à 4,60 m, face au cercle, demeure parfois le talon d’Achille de professionnels aguerris. Et pas forcément de mauvais shooteurs dans le jeu. L’exemple le plus célèbre étant l’ancien ailier des Spurs Bruce Bowen, qui lors de la saison 2002/2003 tournait à 44, 1% à trois points, 48, 8% à 2 points et seulement 40,4% aux lancers francs.

Pourquoi autant d’échecs aux lancers francs ?

1) Aspect psychologique

Quand on parle de lancers francs, il est important de parler de l’aspect psychologique de cette phase de jeu, de ce tir. Comme un penalty au foot, le lancer franc est censé être une façon facile de marquer, puisque le joueur se retrouve face au cercle et sans défense pour inscrire un tir. Psychologiquement, le fait de rater un tir "facile" impacte la confiance du joueur à cause de la peur du ridicule (celle de manquer un panier tout fait). Ce sentiment est d’autant plus fort si un lancer franc est manqué alors que le match est serré.

Donc pour résumer, un échec amène souvent un autre échec aux lancers francs, surtout si on n’est pas préparé mentalement et psychologiquement. Voilà ce qui pourrait expliquer la faible réussite de Bruce Bowen dans cet exercice lors de la saison 2002/2003.

2) Cette ligne de frustration

Autre point important à préciser, et d'ailleurs souligné par l’un des plus grands shooteurs de l’histoire du basket Ray Allen : un lancer franc est quasiment toujours consécutif à une faute donc à un contact physique (excepté les fautes techniques). Le joueur qui se retrouve sur la ligne de lancer franc se retrouve donc généralement essoufflé, parfois agacé. Il peut aussi souffrir à un endroit particulier à cause du contact qui a provoqué la faute. Si bien que Ray Allen appelle la ligne de lancer franc : la ligne de frustration. Car le joueur qui s’y retrouve est généralement frustré.

Ray Allen

Dans le foot, une fameuse formule indique “que le joueur qui a subi la faute ne doit jamais se faire justice en tirant lui-même le penalty qui suit”. Pourquoi ? À cause de la frustration que peut générer la faute et d’un manque de concentration pour transformer le penalty. C’est exactement la même idée pour le lancer franc sauf que le joueur de basket ne peut pas y échapper à moins de devoir sortir sur blessure.

3) Un tir sans rythme

Autre point crucial pouvant expliquer autant d’échecs aux lancers francs : le fait qu’il s’agit d’un tir sans rythme. Or, pour qu’un shooteur soit efficace, avoir du rythme avant d'exécuter un tir est primordial. D’ailleurs, dans le jeu, chaque tir, même un catch and shoot sans déplacement au préalable, est pris avec du rythme. Le lancer franc est donc un tir complètement à part dans le basket et il faut donc se préparer ou s’entraîner spécifiquement dans cet exercice pour être efficace.

Comment booster sa réussite aux lancers francs

1) Connaître ses propres particularités

Quand il s’agit de tirer, chaque joueur à ses propres particularités dues à des caractéristiques physiques mais aussi à des préférences motrices.
Ainsi certains shooteurs ont des signes bien distinctifs aux lancers francs. Dirk Nowitzki croise ses genoux quand il tire un lancer franc. Steve Nash écartait ses pieds au-delà de largeur des épaules aux lancers. L’ancien meneur Nick Van Exel tirait quasiment un mètre derrière la ligne de lancer franc car il était plus à l’aise en tirant de plus loin.

Pour être bon aux lancers francs, il faut donc trouver les particularités qui vous permettront d’être plus à l’aise au moment de tirer. Fléchir les jambes ou non. Trouver son positionnement idéal face au cercle. Dribbler ou non avant de tirer. Par exemple, rien ne vous empêche de faire un tir en suspension au lancer franc, du moment que vous ne franchissez pas la ligne.

2) Déterminer les défauts de son tir

Un tir manqué peut s'expliquer mentalement mais aussi et surtout techniquement. Quand vous ratez vos lancers francs, vos tirs sont-ils trop courts ? Trop longs ? Trop sur la droite ? Trop sur la gauche ?

S’ils sont trop court, c’est que vous n’avez pas généré assez de force au moment du tir soit parce que vous n’avez pas assez fléchi vos genoux pour tirer soit parce que vous ne le faites pas du tout et vous comptez uniquement sur la force de vos bras pour marquer sur lancer. Dans les deux cas, si ça arrive régulièrement, vous devriez considérer à fléchir davantage vos genoux et lâcher le ballon dans le bon momentum.

Dwight Howard

S’ils sont trop long, c’est que vous avez mis trop de vitesse de rotation au ballon, que votre tir n’est pas assez courbé ou que vous générez globalement trop de force pour un tir à mi-distance. Dans ce cas, il vous suffit juste d’ajuster votre tir en ralentissant votre geste et/ou en retravaillant légèrement la courbe de votre ballon. Ou si c’est trop difficile, vous pouvez reculer de quelques pas comme Nick Van Exel.

S’ils sont trop à droite ou à gauche, c’est souvent consécutif à un mauvais alignement soit du corps, soit de la main du tir, soit de la main qui tient le ballon, soit des coudes, etc. Retravailler les fondamentaux du tir sont nécessaires si vous vous trouvez dans ce cas.

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