133 Charlotte Hornets CHA
109 Washington Wizards WAS
96 Toronto Raptors TOR
91 Detroit Pistons DET
95 Brooklyn Nets BKN
100 San Antonio Spurs SAS
94 Atlanta Hawks ATL
93 New Orleans Pelicans NOP
112 Chicago Bulls CHI
119 Golden State Warriors GSW
114 Oklahoma City Thunder OKC
90 Los Angeles Lakers LAL
101 Milwaukee Bucks MIL
106 Miami Heat MIA
105 Memphis Grizzlies MEM
99 New York Knicks NYK
105 Sacramento Kings SAC
120 Utah Jazz UTA
109 Los Angeles Clippers LAC
104 Denver Nuggets DEN

Bad Buzz City : Pourquoi le crash des Hornets est surprenant

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

La défaite des Charlotte Hornets contre les Dallas Mavericks cette nuit est à l’image de leur saison : incompréhensible, fade et décevante.

Carbonisé par la vingtaine de minutes qu’il venait de disputer la veille, Dirk Nowitzki a quand même trouvé le moyen, à 39 ans, de passer 23 minutes sur le parquet cette nuit. Le temps d’y inscrire 19 pions et de jouer plus dur que tous ses adversaire sauf un. Le constat s’applique à l’ensemble des membres des Dallas Mavericks : en back-to-back et après fait le trajet en avion du Texas à la Caroline du Nord, les hommes de Rick Carlisle ont affiché plus d’envie et de fraîcheur que les Charlotte Hornets, pourtant laissés au repos depuis cinq jours.

C’est problématique. Mais finalement symptomatique du début de saison catastrophique des frelons. Pompon sur le logo, ils évoluaient à domicile. Contre l’une des plus mauvaises équipes de la ligue. Et ils ont perdu. Ils ont perdu malgré les 41 points de Kemba Walker. Une performance majuscule de gâchée. Une de plus. Plus globalement, c’est le talent du meneur All-Star qui est bousillé au sein d’une formation tellement fade. Et pourtant, les Charlotte Hornets avaient de vrais arguments crédibles sur le papier. Surtout à l’Est.

Kemba Walker, une star sous-estimée

A chaque organisation son chef de file. La franchise peut compter sur Walker, un artilleur de qualité. OK, il ne sera jamais la première, ni même la deuxième option d’un candidat au titre. Mais l’ancien champion NCAA (avec UConn) a les atouts nécessaires pour briller dans la NBA actuelle. Il est vif, efficace sur pick-and-roll et sa zone de tir s’étend au moins un bon mètre derrière la ligne à trois-points. Ses statistiques sont légèrement en baisse par rapport à la saison dernière – 21,8 points (contre 23,2) à 42% et 34% (44 et 40) pour 5,8 passes (5,5). Mais ce sont tout de même là les standards d’un meneur plus que solide dans cette ligue.

Sans compter sur le fait que ces chiffres, surtout les pourcentages, sont faussés par le fait que Kemba est le seul attaquant dangereux des Hornets. Il est donc constamment esseulé par la défense adverse. Serré de près. Entourez-le de joueurs plus performants et ses prestations paraîtraient sans doute bien plus intéressantes. Tout ça pour dire que Charlotte dispose tout de même d’un alpha dog crédible pour construire une équipe de playoffs (encore une fois, surtout à l’Est).

Des vétérans rodés aux batailles NBA

Le supporting cast, parlons-en. Il n’est certainement pas flamboyant mais il est loin d’être dégueulasse. Marvin Williams, Nicolas Batum… ces gars-là sont censés vivre les meilleures saisons de leur carrière. Ils sont dans la force de l’âge mais ne sont pas cramés. Ils connaissent les rouages de la ligue, les vices, les attitudes à adopter et toutes les petites choses qui font d’une équipe une machine capable de gagner des matches. A coté de ça, il y a quelques jeunes. Pas les plus prometteurs, certes. Mais eux aussi ont acquis suffisamment d’expérience pour ne pas être largués tout en profitant de leur énergie pour faire la différence. Les Cody Zeller, Michael Kidd-Gilchrist, Frank Kaminsky, Jeremy Lamb

Rien de bien bandant. Mais a priori un groupe suffisamment solide pour taper un peu plus haut que la dixième place actuellement occupée par les Charlotte Hornets à l’Est. Sauf que voilà, tous ces joueurs – hormis peut-être Lamb – évolue un ou deux crans en-dessous de leur niveau attendu. Disons, qu’au mieux, cette équipe pouvait viser la quatrième place s’ils avaient évolué un ou deux crans au-dessus justement. Dans l’idéal, elle luttait pour la septième ou huitième place.

Même Dwight Howard sort une saison solide !

D12 le pivot All-Star nous a quittés depuis sa première saison avec les Houston Rockets. Trois années de galère et de jérémiades plus tard, Howard montre à nouveau un visage conquérant. Il n’est plus un lieutenant crédible. Ce n’est même pas vraiment une option offensive. Il ne vaut pas non plus son contrat maximum (qui espère en 2019). Mais il a déjà casé deux rencontres à plus de 20 points et 20 rebonds depuis le début de la saison. Ses 15 points et 12 rebonds cumulés constituent ses meilleures moyennes depuis trois ans.

C’est donc d’autant plus étrange que Charlotte ne parvienne même pas à surfer sur la vague d’un joueur de 32 balais pas rajeuni mais presque. A se demander ce qui ne tourne pas rond.

Steve Clifford est reconnu comme un bon coach

L’actuel tacticien à la tête de l’équipe était encore considéré parmi les candidats au trophée de coach de l’année quand il a mené les Hornets à 48 victoires en 2016 ! A deux succès de la barre symbolique des 50 succès. Difficile de croire que la même franchise a sombré dans l’ennui complet depuis. Steve Clifford est descendu sous la barre des 50% en carrière depuis. Mais il a toujours la réputation d’être un coach solide. Pourtant, il ne restera sans doute pas longtemps en poste si la propriété de Michael Jordan ne relève pas rapidement la tête…

La défense, tradition des Charlotte Hornets

Selon l’adage, la défense fait gagner des titres. Elle permet aux formations démunies de nombreux talents offensifs de prendre le dessus sur leurs adversaires. Elle aide à voyager au sein de ce championnat où le rythme est infernal avec des déplacements permanents. Avoir une vraie bonne défense, c’est quasiment l’assurance de participer aux playoffs. Cela tombe bien, c’est – normalement – le point fort des Hornets. Ils se sont classés trois fois dans le top dix des meilleurs franchises NBA dans ce domaine depuis l’arrivée sur le banc de Clifford. Une culture que le coach a souhaité transmettre à ses joueurs. Cette année encore, ils ne sont pas loin du premier tiers (onzième). Sauf que ce n’est plus suffisant pour palier les énormes lacunes offensives du groupe.

Mais en y réfléchissant bien, si ce début de saison est évidemment décevant, est-il vraiment aussi surprenant que ça ? Inattendu, probablement. Choquant ? Non. Les Charlotte Hornets ont l’une des équipes qui a le moins de saveur possible. Tout est moyennasse. Voire un peu en-dessous. Les stats de Dwight Howard masquent le fait qu’il est has-been et elles cachent ses erreurs ainsi que sa mauvaise manie de demander la balle au poste bas (sans qu’il y soit suffisamment efficace). Les cartons de Kemba Walker déguisent – à peine – le manque d’ingéniosité, de modernité et de talent des Hornets en attaque. Batum est un couteau suisse très peu aiguisé car ralenti par des blessures. Clifford a lui aussi été hospitalisé. Tous les ingrédients pour une saison a priori bonne mais finalement ratée. Peut-être qu’il serait temps que Michael Jordan accepte de démanteler son effectif et de reconstruire de zéro.