127 PHI
108 CHI
112 WAS
113 MIA
128 POR
119 LAL

Comment les Rockets peuvent limiter la casse

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Attention, spoiler : les Golden State Warriors vont gifler les Houston Rockets pour aller chercher un troisième titre en quatre ans. Mais attendant, quatre points de réflexion pour que James Harden et ses partenaires évitent l’humiliation.

Quatre solutions pour les Houston Rockets

En se mettant à défendre

Sans blague. Pour gagner un match de basket, il faut défendre. Une notion étrangère à Mike D’Antoni pendant des années et que James Harden a complètement effacé de son vocabulaire avant de comprendre qu’il fallait qu’il se bouge un minimum de ce côté du parquet pour être élu MVP. Bref, on se moque, on se fend la poire mais les Houston Rockets formaient l’une des meilleures équipes de la ligue en défense cette saison. Simplement pas cette nuit.

119 points, c’est beaucoup mais ce n’est finalement pas tant que ça contre une équipe des Golden State Warriors qui allument toutes les franchises du championnat. Ce n’est donc pas tant le nombre de points encaissés. Plutôt la manière, bordel. Les Texans ont laissé les Californiens prendre 31 tirs non contestés. Une recette qui peut fonctionner contre les Charlotte Hornets, les Memphis Grizzlies ou les Minnesota Timberwolves. Mais pas contre un club qui peut compter sur trois des basketteurs les plus adroits de la planète.

31 tirs ouverts et 23 réussites pour les champions en titre. Klay Thompson – 6 tirs primés en 15 en tentatives cette nuit – a lui-même avoué qu’il avait rarement bénéficié d’autant d’espaces pour shooter lors d’un match de playoffs. L’arrière All-Star était tout seul, sans aucun vis-à-vis à moins de deux mètres, au moment de planter le panier à trois-points le plus important de la partie ! Du grand n’importe quoi.

Switcher sur les écrans, c’est bien. C’est surtout censé aider une défense à constamment garder un corps actif entre le porteur de balle et le cercle. Les Rockets doivent faire plus d’efforts pour rester devant leur attaquant et ainsi contester les tirs. Jouer pour gagner, quoi.

En perdant moins la balle

Merci, Captain Obvious. 16 balles perdues, c’est trop. Une triste contre-performance pour Houston qui n’avait pas encore concédé autant de TO depuis le début des playoffs. Mais ces ballons rendus à l’adversaire son d’autant plus pénalisants pour une équipe comme celle de Mike D’Antoni. Le jeu offensif repose essentiellement sur les isolations de James Harden. Un homme seul, quatre plots et donc beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup (oui vraiment beaucoup), beaucoup, beaucoup de dribbles. Un plan de jeu qui pousse à ne pas trop gâcher les possessions.

Surtout contre des Warriors aussi rapides et efficaces en contre-attaque. Ils ont inscrit 17 points sur les 16 ballons perdus par les Rockets. De quoi expliquer aussi l’écart final (+13). Les joueurs texans sont arrêtés sur chaque action, trop occupés à regarder Harden dribbler (beaucoup, beaucoup, beaucoup) et doivent soudainement mettre les gaz pour revenir en défense si jamais le barbu se foire. Moins de flow, moins de droit à l’erreur.

En bougeant un peu plus

Balles perdues, toujours. Les Houston Rockets ont violé trois fois l’horloge des 24 secondes. Vraiment beaucoup trop à ce niveau. C’est bien sympa d’aligner deux superbes playmakers sur le terrain. Mais ce n’est donc pas l’assurance d’un basket en mouvement. Pas du tout même. Rappel : la stratégie offensive de D’Antoni repose essentiellement sur l’isolation. Harden a joué plus de un-contre-un cette saison que n’importe quelle FRANCHISE de la ligue.

C’est bien trop statique pour inquiéter une défense des Warriors bien en place avec trois excellents défenseurs : Thompson, Kevin Durant et Draymond Green. Trois, comme le nombre d’attaquants capables de mettre dedans du côté des Rox. Harden, Chris Paul et Eric Gordon. Les autres sont des joueurs immobiles qui attendent d’être servis à la petite cuillère.

« Nous sommes juste là à attendre que Chris et James prennent des décisions. C’est ce que nous avons fait toute la saison donc c’est peut-être un peu dur de changer maintenant. Peut-être que nous devrions faire un peu plus d’écrans à l’opposé pour créer du mouvement et libérer des gars », notait un Clint Capela lucide… et presque défaitiste.

Le Suisse n’a pas tort mais comme il le dit lui-même : les Rockets peuvent-ils vraiment encore changer ? Ils se sont construits dans l’optique de battre les Warriors et c’est maintenant, après le Game 1 des finales de Conférence, qu’ils se rendent compte que leur système offensif ne fonctionne probablement pas contre la meilleure équipe de la ligue ? Et ben il est temps de changer ça. Quelques écrans entre joueurs ne portant pas le ballon, des coupes, du mouvement, du passing game… ah, non, pardon. Ça, c’est le jeu des hommes de Steve Kerr.

En poussant Draymond Green à faire des fautes

Le DPOY en titre est l'âme défensive d'Oakland. C'est aussi le patron du groupe et un membre moteur de la machine implacable des Warriors. Son tempérament est presque autant une faiblesse qu'une force pour les siens. Ses coups de chaud réveillent ses coéquipiers. Mais c'est se laissant emporter dans ses émotions que l'intérieur All-Star peut parfois pénaliser son club. Il faut le pousser à la faute. Et à faire des fautes, surtout. Afin que Green soit vite rapatrié sur le banc.Pour ça, autant fixer des picks-and-roll impliquant Capela et Harden. En cas de changement, Dray se retrouverait sur le barbu, l'atout numéro un pour provoquer des fautes et obtenir des lancers-francs.

Warriors en 5 ou 6.