Dallas Mavericks, le meilleur rapport qualité/prix

Les Dallas Mavericks prouvent que l'on peut être performant avec un effectif défiant toute logique. Tous les paris tentés par les Texans l'été dernier s'avèrent payant aujourd'hui. Explications.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Dallas Mavericks, le meilleur rapport qualité/prix
Après le titre décroché par les Dallas Mavericks face au Miami Heat en 2011, Mark Cuban a voulu anticiper la reconstruction de la franchise. Il a laissé filer un par un les éléments indispensables du sacre (Tyson Chandler, Jason Kidd, etc) pour ne conserver que son Hall Of Famer, Dirk Nowitzki. Les dirigeants se sont contentés d’offrir des contrats d’un un à droite, à gauche en espérant mettre la main sur une superstar capable de prendre la relève du grand blond lorsque ce dernier raccrochera ses sneakers pour de bon. Deron Williams a préféré rester aux Nets. Dwight Howard les a snobés en rejoignant les voisins des Rockets. Alors les Mavericks ont pris une autre voie, moins conventionnelle. Ils ont innové. A l’heure où les franchises NBA misent essentiellement sur les statistiques analytiques et où les contrats sont de plus en plus courts, les dirigeants ont offert 25 millions sur trois ans à Monta Ellis – aucune franchise hormis les Milwaukee Bucks n’était prête à miser autant sur lui – et 29 millions sur quatre ans à José Calderon. S’en sont suivies d’autres acquisitions que nous allons détailler par la suite. Il est difficile de trouver un mot pour décrire l’effectif des Dallas Mavericks. Il est composé de joueurs atypiques, de parias… et pourtant ça marche.

La revanche de Monta Ellis

On a déjà écrit plusieurs fois à ce sujet pendant la saison régulière, Monta Ellis s’est métamorphosé à Dallas. Gros consommateur de ballons et de tickets shoot à Golden State et Milwaukee, l’arrière de petite taille (on l’oublie mais Monta Ellis mesure seulement 1,91 m, il est sous-dimensionné pour son poste) s’est parfaitement intégré dans le système de Rick Carlisle. Il apporte son agressivité en attaque mais, et c’est un mais très important, sans en faire trop. Comme si Ellis avait appris à jouer intelligemment en arrivant aux Mavericks. Il lit de mieux en mieux le jeu sur les pick&roll. Il attaque le cercle avec violence quand il voit une brèche dans la défense et ressort la gonfle pour un coéquipier démarqué sous la pression adverse. Le spécialiste du « Monta basketball », son style de jeu décrié par une majeure partie des observateurs et des dirigeants NBA avant le début de la saison, ne sera jamais une superstar mais il remplit à la perfection son rôle de lieutenant de luxe, électron libre des Mavericks.
[superquote pos="d"]"Les gens doutaient de nous en début de saison, voilà où nous en sommes" Monta Ellis[/superquote]« Les gens doutaient avant le début de la saison. Coaches, coéquipiers… nous nous sommes serrés les coudes. Et voilà où nous en sommes aujourd’hui. On a relevé un challenge très compliqué et nous avons prouvé que tant que nous pratiquons notre basket, nous sommes capables de battre n’importe quelle équipe », expliquait Monta Ellis après la victoire cette nuit.
Ellis a même dépassé son rôle de lieutenant lors du deuxième match face aux Spurs. Il a inscrit 21 points tout en agressant en permanence de San Antonio, qui a fini par briser. Monta Ellis était un paria, un risque. Il est désormais l’un des principaux artisans d’une franchise qui surprend la ligue.

Vince Carter et Shawn Marion, les papys font de la résistance

Il y a dix ans, Vince Carter et Shawn Marion étaient des All-Star. Le premier nommé a fait les beaux jours (et les malheurs) des Toronto Raptors et des New Jersey Nets quand le second noircissait la feuille de statistiques comme personne aux Phoenix Suns. Mais nous ne sommes plus en 2002. La ligue a changé et Marion comme Carter ont pris de l’âge. Mais contrairement à d’autres stars du début du siècle, les deux vétérans ont su s’adapter et changer leur rôle. Qui aurait cru, dix ans en arrière, qu’Allen Iverson et Tracy McGrady seraient déjà à la retraite quand Vince Carter occuperait un rôle important en sortie de banc dans une équipe taillée pour les playoffs ? Qui aurait cru que le dunkeur spectaculaire se convertirait en joker offensif de luxe, capable de laisser son ego de côté pour apporter son impact sur une vingtaine de minutes ? Le passage de Vince Carter à Dallas contribue même à embellir sa carrière… Si McGrady et Iverson sont sortis par la petite porte, « Vinsanity » s’offre lui une fin de parcours digne de ce nom. Ah oui, petite précision, il touche seulement 3 millions de dollars par saison. Shawn Marion, lui, n’est pas remplaçant, il occupe toujours un rôle dans le cinq. Et il est à l’image du roster des Dallas Mavericks : étrange. C’est Dirk Nowitzki qui le dit.
[superquote pos="d"]"Shawn est le joueur le plu étrange que j'ai connu" Dirk Nowitzki[/superquote]« C’est le joueur le plus étrange que j’ai connu. »
« Matrix » n’a plus les mêmes jambes. A Phoenix, il était considéré comme l’un des joueurs les plus athlétiques de la ligue et cumulait près de 20 points et 10 rebonds par match. Mais le vétéran demeure une valeur sûre. Il est capable de défendre sur Kawhi Leonard puis sur Tony Parker d’une possession à l’autre. Il a mis la pression sur les arrières des Spurs et a provoqué de nombreux TO cette nuit (24 balles perdues pour les joueurs de Gregg Popovich, l’équivalent de 356 TO pour n’importe quelle autre équipe NBA). Shawn Marion a des longs bras et il très mobile mais il apporte aussi son impact physique et sa science du placement et de l’anticipation. Marion est un joueur unique. Unique comme sa gestuelle de tir affreuse. Et pourtant il a encore planté ses 20 points hier soir…

Devin Harris, la signature venue de nulle part

L’été dernier, les Dallas Mavericks ont voulu faire revenir un ancien de la maison. Devin Harris, un combo-guard prometteur dans le Texas il y a quelques années (membre des Mavs lors de la finale perdue en 2006, All-Star à New Jersey), a été recruté en deux temps… Il a signé avant de se blesser. La franchise a annulé son contrat pour finalement lui offrir le minimum vétéran. Harris tourne à 18 points et 5,5 passes sur les deux premiers matches. Les Spurs n’ont pas encore trouvé la solution pour le freiner et il apporte son énergie et son scoring en sortie de banc. C’est lui – avec les autres remplaçants des Mavericks – qui a mené la révolution de Dallas dans le deuxième QT la nuit dernière. Agressif, le joueur de 31 ans a mis la pression sur la défense de San Antonio. De créer des brèches et offrir des paniers faciles derrière l’arc pour Vince Carter et Monta Ellis. Le tout pour un million de dollars la saison.

DeJuan Blair et Brandan Wright, les guerriers des Dallas Mavericks

Si la ligne arrière de Dallas pose de gros problèmes aux Spurs, les intérieurs atypiques des Mavs ne sont pas en reste. La rotation dans la raquette est assez folle. Derrière Samuel Dalembert – qui peut rendre de vrais services dans un bon soir – on retrouve DeJuan Blair et Brandan Wright. Le premier touche… 900 000 dollars cette saison et il mesure 2,01 m (avec des talons alors). Un pivot de 2,01 m… qui apporte une vraie présence physique à l’intérieur. LE TOUT POUR MOINS D’UN MILLION DE DOLLARS ? Un coup de génie. Blair s’est battu comme un lion dans la raquette cette nuit. Après la rencontre, Rick Carlisle a souligné l’impact physique, l’attitude « d’homme » de son joueur. Petit mais costaud. Brandan Wright culmine lui à 2,06 m. Autant dire que c’est petit pour un pivot, même au sein d’une ligue orientée « small ball ». Petit paradoxe d’ailleurs, malgré leur cinq de petite taille, les Mavericks ne jouent pas « small ball » lorsque Blair et Wright sont sur le parquet. Aucun des deux intérieurs ne s’écarte du cercle à la manière d’un Ryan Anderson par exemple. Comme quoi on peut aligner des intérieurs de petite taille sans pour autant étirer le jeu. En revanche, ils excellent tous les deux sur pick&roll et leurs qualités athlétiques mettent à mal les Spurs. L’effectif des Dallas Mavericks n’est pas taillé pour le titre NBA. Et les Spurs sont encore favoris, même si Dirk Nowitzki et ses coéquipiers ont repris l’avantage du terrain. Mais Rick Carlisle a prouvé qu’il était capable de faire des miracles avec les joueurs mis à sa disposition. La franchise est allée à contre-courant, autant en coulisses lors du choix des joueurs que sur le parquet dans le style de jeu pratiqué. Mais ça fonctionne. Et c’est ça le plus fou…
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