Danny Green, le maillon faible des Spurs ?

Attendu au tournant après la signature de son nouveau contrat, Danny Green est à la peine depuis le début de la saison. Focus sur un titulaire des Spurs en quête de repères.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Danny Green, le maillon faible des Spurs ?
A 28 ans, Danny Green est arrivé à un nouveau tournant dans sa carrière. L'ancien joueur de l'ombre devenu un titulaire a part entière au sein de l'une des meilleures équipes de la NBA a vu son travail récompensé lorsque les San Antonio Spurs lui ont offert un nouveau contrat l'été dernier. 40 millions sur quatre saisons plus précisément. Le natif de l'état de New York avait la possibilité de signer pour un montant plus élevé en rejoignant une autre franchise mais il a choisi la stabilité en prolongeant dans le Texas. Une nouvelle rémunération plus importante s'accompagne de nouvelles responsabilités. Le salaire à huit chiffres proposés par les dirigeants texans témoigne de la confiance des Spurs envers un joueur clé du système de Gregg Popovich. Les éperons préparent déjà l'après 'Big Three' à l'approche des départs à la retraite de Tim Duncan et Manu Ginobili. Green, titulaire à San Antonio lors des quatre dernières saisons, est amené à prendre une nouvelle dimension. Il est même attendu comme la "troisième option" des Spurs derrière Kawhi Leonard et LaMarcus Aldridge. Pourquoi Danny Green est important aux Spurs  [caption id="attachment_162719" align="alignleft" width="318"] Danny Green convertit seulement 31% de ses tentatives derrière l'arc contre 41% en carrière.[/caption] De ce point de vue, l'arrière déçoit depuis le début de la saison. Non seulement il n'a pas encore passé le cap espéré mais il est surtout à la peine. Peu tranchant, maladroit, il traverse une période délicate à titre individuel alors que son équipe carbure au sein de la Conférence Ouest (les Spurs sont deuxièmes avec 25 victoires et 5 défaites). Danny Green est finalement devenu le "maillon faible" du cinq majeur de San Antonio. Le mot est fort mais il se traduit dans les chiffres. L'ancien pensionnaire de North Carolina affiche des statistiques nettement moins flatteuses que la saison précédente. Il tourne à 7,1 points à 35% aux tirs et 31% à trois-points depuis le coup d'envoi de la saison contre 11,7 points à 43% aux tirs et 42% derrière l'arc l'an passé.
"C'est un nouveau système et une nouvelle équipe donc on joue différemment. Je ne fais pas la même chose que par le passé et je n'ai pas non plus les mêmes tirs", explique l'intéressé au San Antonio Express News.
[superquote pos="d"]"C'est un nouveau système et une nouvelle équipe donc on joue différemment. Je ne fais pas la même chose que par le passé et je n'ai pas non plus les mêmes tirs."[/superquote]Les Spurs restent les Spurs et l'équipe s'appuie toujours sur son collectif bien huilé pour prendre le dessus sur ses adversaires. Mais l'avènement de Kawhi Leonard en tant que première option offensive à temps complet et l'arrivée de LaMarcus Aldridge marquent une évolution du jeu texan. Si Tim Duncan et Tony Parker, plus expérimentés, se sont rapidement adaptés à leur nouveau rôle respectif, Green est le joueur du cinq majeur qui accuse le coup, d'où le terme de "maillon faible". Même s'il n'est pas un All-Star en puissance ni même l'un des patrons de San Antonio, sa baisse de régime peut avoir un impact sur les résultats de son équipe. Les joueurs de Gregg Popovich sont déjà bien lancés - ils restent sur sept succès consécutifs - mais ils ne seront à pleine puissance que lorsque leur sniper aura retrouvé la mire. Danny Green n'est pas l'une de ses fortes individualités capables de surélever son niveau de jeu dans n'importe quelle situation. Il existe d'abord dans le prisme du collectif, il brille lorsque son équipe brille et, en conséquence, contribue lui aussi au rayonnement de ses coéquipiers. C'est le jeu de passes des Texans qui lui permet de disposer de tir ouvert de la même façon que son adresse extérieure offre plus d'espaces aux autres joueurs présents sur le parquet. Il est bon lorsque les Spurs sont bons - à l'exception de cette saison - mais il se doit d'être plus performant pour que les Spurs soient grands. Et ils en auront bien besoin pour espérer battre les Golden State Warriors. Les champions en titre ne laissent pas la moindre marge d'erreur à leurs adversaires. Seule une équipe capable d'exploiter l'intégralité de son potentiel a une chance d'éliminer les Californiens (au complet évidemment) sur une série au meilleur des sept matches. Simple retard à l'allumage ou problème durable ?  [caption id="attachment_160001" align="alignright" width="318"] Danny Green pourrait monter en puissance à partir de février, lorsque les Spurs évolueront à plein régime.[/caption] Coach Popovich l'a déjà signalé et les années précédentes font office de jurisprudence : les éperons ne tournent pas encore à plein régime et ils devraient monter en puissance à partir du mois de février, une fois le All-Star Game passé. On peut espérer un développement pour Danny Green. En attendant, il ne se cherche pas d'excuses pour autant. Il n'accorde pas une grande importance à la pression liée à son nouveau contrat. Green est simplement en délicatesse avec son shoot extérieur et il préfère se concentrer sur les autres secteurs du jeu.
"C'est une longue saison et je suis sûr que l'on va finir par trouver une solution. Si ce n'est pas le cas, il faudra changer quelque chose. Je m'applique à bien défendre et à gagner des matches."
Les statistiques avancées ne parlent pas en sa faveur pour l'instant. Elles pointent du doigt son apport en attaque comme en défense, deux secteurs dans lesquels sa formation se porte mieux lorsqu'il est sur le banc. Gregg Popovich a même été contraint de lancer le rookie Jonathon Simmons dans le cinq en début de seconde période lors d'un match contre les Los Angeles Lakers récemment. Mais Danny Green se porte un peu mieux depuis que les Spurs enchaînent les victoires. Ses pourcentages sont en hausse sur les sept derniers matches (46% aux tirs et 37% à trois-points) et il a été incisif contre Minnesota hier soir. Le shooteur a planté trois tirs primés (11 points à 4/6 au total) en 22 minutes de jeu. Une prestation encourageante au sein d'une saison pour l'instant assez terne. Il sera intéressant de garder un œil sur les performances de Green, notamment lorsque l'enjeu et l'intensité des rencontres grimperont de plusieurs crans.
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