Quelle NBA sans la blessure de Derrick Rose ?

Quelle NBA sans la blessure de Derrick Rose ?

Tim Thibodeau, ancien coach des Chicago Bulls, est persuadé que la franchise de l’Illinois aurait décroché une bague si Derrick Rose ne s’était pas blessé gravement aux genoux.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Six titres pour les Chicago Bulls entre 1991 et 1998. Et depuis… plus rien ? La franchise mythique de l’Illinois se morfond dans le bas de tableau de la Conférence Est. Hormis une courte période au cours de laquelle les supporteurs des taureaux se sont remis à rêver. Une lueur d’espoir venue d’un prodige local. Derrick Rose. Sous l’impulsion du meneur originaire de la ville, l’organisation a retrouvé de sa splendeur pendant quelques années. Jusqu’à ce qu’il se blesse gravement au genou en 2012. Tout a changé ensuite.

Plus jeune MVP de l’Histoire en 2011, D-Rose était l’un des nouveaux visages de la ligue. Une superstar ultra-spectaculaire et donc ultra-populaire. Un All-Star en pleine ascension. Ses genoux ont lâché lors d’un match de playoffs, que les Bulls tenaient, contre les Sixers au premier tour. S’en sont suivis des saisons difficiles pour le jeune homme, rarement opérationnel et constamment à la recherche de son rythme. Et surtout de son niveau passé. Au point de le consumer de l’intérieur.

Chicago n’a pas réussi à franchir le cap puis l’organisation a finalement tourné la page en envoyant l’ex-chouchou du public vers New York en 2016. Le scénario fantasmagorique d’une NBA sans la blessure de Rose est l’un des plus intrigants des dernières années. Et pour Tom Thibodeau, qui a coaché l’équipe entre 2010 et 2015, l’issue est évidente.

« Nous avions le meilleur bilan de la NBA pendant deux ans et c’est ce dont je suis le plus fier. Nous avions Derrick Rose, le plus jeune MVP de l’Histoire. Notre équipe avait de grandes chances de gagner un titre mais malheureusement Derrick s’est blessé. Je pense que sans ça, nous aurions gagné un titre. »

Essayons d’y réfléchir. En 2011, avec un meneur en pleine forme, les Bulls ont été éliminés assez facilement par le Heat en finales de Conférence : 4-1. Mais c’était seulement le début. Joakim Noah, Luol Deng, Kirk Hinrich et Taj Gibson et compagnie découvraient à peine ce niveau de la compétition. En 2012, l’équipe était encore plus forte avec Richard Hamilton sur le poste deux. Kyle Korver sur le banc et Jimmy Butler qui débarquait timidement en NBA.

Les Bulls n’auraient probablement pas battu le Heat de LeBron James et Dwyane Wade cependant. Pas en 2012 et peut-être pas même en 2013. C’est à partir de 2014 que la question se pose réellement. Rose avait alors 24 ou 25 ans. Sans blessure, il aurait pu emmagasiner de l’expérience. Tout en continuant à travailler vraiment sur son jeu. Notamment son tir extérieur qui progressait saison après saison avant qu’il mette le genou à terre.

On peut l’imaginer en superstar à plus de 25 ou 26 points par match avec 6 ou 7 passes. Et il aurait été encore plus redoutable avec du pick-and-roll à outrance comme c’est le cas aujourd’hui. L’équipe des Bulls de 2015, avec Jimmy Butler et Pau Gasol, serait peut-être en mesure de sortir les Cavaliers de James. De là à battre les Warriors ensuite ? Vu le niveau de leur défense, c’est envisageable.

Derrick Rose se serait affirmé comme l’un des meilleurs joueurs de la ligue. Même en imaginant qu’il fasse évoluer son jeu, il serait sans doute resté très dépendant de ses qualités athlétiques. Il n’aurait peut-être pas eu l’impact d’un Stephen Curry au point de décrocher d’autres trophées de MVP ou plusieurs bagues. Mais un titre, c’est possible... en refaisant le monde.

Derrick Rose, plus jeune MVP de l'Histoire

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