Enfants du Bénin Debout, bien plus qu’un simple camp de basket

L'association Enfants du Bénin Debout s'apprête à organiser sa cinquième édition. Pour aider au développement du basket en Afrique, bien sûr, mais surtout pour donner de l'élan à la jeunesse locale. Entretien.

Théophile HaumesserPar Théophile Haumesser  | Publié  | BasketSession.com / HOOP CULTURE / Culture
Enfants du Bénin Debout, bien plus qu’un simple camp de basket
Plus qu’un simple camp de basket, c’est une école de la vie qu’Ahmed Taofik est en train de développer avec son association Enfants du Bénin Debout. Fin 2014, nous avions fait un point avec Ahmed dans le numéro 49 de REVERSE pour qu'il nous explique les objectifs de son association. Depuis, ce projet n'a cessé de grandir et s'apprête à mettre en place une sa cinquième édition pour laquelle elle recherche des fonds. C'est pourquoi elle a lancé une campagne de crowdfunding à laquelle vous pouvez participer ici. Un bien beau projet qu'il nous tenait à cœur de soutenir. Lisez vite l'interview ci-dessous pour en savoir plus. [caption id="attachment_394937" align="alignright" width="300"] Ahmed Taofik avec l'un des joueurs du camp.[/caption] REVERSE : Comment est née l’idée de monter ce camp de basket, Enfants du Bénin Debout ? Ahmed Taofik : Je viens du Bénin, j’ai grandi au Gabon, c’était super dur pour moi mais j’ai eu une opportunité d’aller faire mes études aux Etats-Unis. Arrivé là-bas, en voyant un peu le matériel ou les chaussures qu’ont les gars sur place, je me suis dit qu’il fallait que je profite de la chance que j’avais d’apprendre le basket aux USA pour ramener des choses au pays, comme les baskets que les mecs balançaient par exemple. C’était une façon de faire plaisir aux gamins mais aussi de leur apporter une sorte d’éducation en tant que « grand frère » en disant « Voilà, tu joues au basket, mais tu peux aussi faire d’autres choses dans ta vie – devenir avocat, docteur, etc ». Le sport, c’est comme la vie : il y a des règles qu’il faut suivre et, si tu arrives à t’astreindre à une certaine rigueur, ça peut t’amener jusqu’au bout de tes rêves. REVERSE : L’idée du camp n’est donc pas uniquement de faire émerger des basketteurs ? AT : Non, c’est surtout de donner de l’espoir aux jeunes et d’aider à les éduquer. Il y a plein de clichés sur les noirs, comme par exemple que nous soyons toujours en retard. Sur mon camp, si on commence à 8h, celui qui arrive à 8h01 est exclu. C’est juste un exemple, mais on a vraiment essayé de leur inculquer une rigueur de travail. Le vrai but, c’est de développer des hommes, des futurs citoyens. Mais bien sûr, si jamais on tombe sur un petit qui a du potentiel et qu’avec les contacts dont je dispose je me dis que je peux lui donner la même opportunité que celle que j’ai eue, je n’hésiterai pas. Quand je retourne au bled et que je croise des jeunes qui font demi-tour pour venir me saluer ou me remercier, pour la première édition du camp que j’avais faite il y a quatre ans, en me disant « Je suis à la fac maintenant » ou « Je suis devenu ingénieur », et que je vois qu’ils évoluent positivement, je me dis que tout est gagné.
"Le but, c’est que les enfants puissent se dire « J’ai plein d’atouts. Pourquoi est-ce que je ne me démerderais pas moi-même ? »."
REVERSE : Vous aviez combien de gamins cette année? AT : Pour la première édition, il y a quatre ans, j’avais pris 12 gamins, mais cette année nous en avions 50. Nike a pu me fournir des shorts, des maillots, des paires de chaussures et des ballons. Mais encore une fois, le camp de basket est surtout une façon d’attirer les jeunes, parce qu’après il y a plein d’autres choses que nous faisons autour de ça. Nous avons un programme d’éducation santé (prévention HIV, nutrition…) mais également de développement culturel. Cette année, nous avons ainsi pu faire visiter le Centre Songhaï à Porto-Novo – un modèle d’agriculture où rien ne se perd et où tout se récupère – (pour plus d’infos : songhai.org – ndlr), ainsi que le Centre Culturel Africain de Cotonou, qui met en lumière les noirs qui ont pu avoir un impact sur le monde par leurs inventions ou autre. Le but, c’est que les enfants puissent se dire « En fait, j’ai plein d’atouts. Pourquoi est-ce que je ne me démerderais pas moi-même ? ». REVERSE : La suite, c’est quoi, pérenniser ce camp ? AT : Oui, mais aussi développer la marque Enfants du Bénin Debout pour pouvoir ensuite exporter le modèle. L’idée c’est de toucher tous les démunis et tous les Africains qui ont besoin de potentiel. Mais notre association a des projets qui dépassent le cadre du basket. Notamment, on voudrait créer des aires de jeux, avec des toboggans, des balançoires etc. Ça n’existe pas au bled ! On se donne cinq ans pour ça. Ce sont des petites choses, qui ne demandent pas forcément beaucoup de moyens, mais qui changent la vie des gens.

En savoir plus sur Enfants du Bénin Debout

Pour participer à la campagne de crowdfunding c'est ici Plus d'infos sur le site de l'association https://www.youtube.com/watch?v=TBpCRdkBWYQ
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