Giannis a enterré la course pour le MVP

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

La performance magistrale de Giannis Antetokounmpo contre les Philadelphia Sixers cette nuit devrait assurer au Grec sa première couronne de MVP.

Là, franchement, à moins d’un match à 81 points (ou allez, 70) de James Harden, je ne vois vraiment pas ce qui peut empêcher Giannis Antetokounmpo d’être élu MVP. Je le pensais déjà avant, et les autres membres de la rédaction de Basket Session militaient aussi en faveur du Grec. Mais là, après cette nuit, ça me semble vraiment acquis. Parce qu’il y avait dans sa prestation d’hier soir les derniers éléments qui manquaient à son dossier de candidature déjà bien lourd. Un dossier complété avec les 45 points, 13 rebonds et 6 passes du ‘Greek Freak’ contre les Philadelphia Sixers cette nuit. C’est la performance individuelle frappante qui lui faisait éventuellement défaut.

Il avait déjà inscrit 52 points contre ces mêmes Sixers récemment. Son record en carrière. Mais les Milwaukee Bucks s’étaient inclinés. Là, cette nuit, ils ont gagné sous l’impulsion de leur superstar. Et avec la manière en plus. Privé d’un Eric Bledsoe expulsé après une altercation avec Joel Embiid, Giannis Antetokounmpo a assumé ses responsabilités en remettant les siens sur le chemin de la victoire alors qu’ils étaient menés de sept points (95-102) à seulement huit minutes de la fin du match. Le contexte et les conséquences de ce succès donnent encore plus de poids à la performance en elle-même. Parce qu’avec ce succès, les Bucks sont désormais assurés de finir avec le meilleur bilan de la ligue et donc d’avoir l’avantage du terrain tout au long des playoffs. Aussi loin qu’ils iront.

Et Giannis est évidemment le meilleur joueur de la meilleure équipe de la saison. La définition première du MVP pendant des années, même si cette notion perd du poids depuis 2017 et les triples-doubles historiques de Russell Westbrook. En parlant d’Histoire, ce n’était plus arrivé qu’un joueur finisse avec au moins 45 points, 10 rebonds et 5 passes sans le moindre ballon perdu depuis Michael Jordan en 1989. C’est ce qu’a fait Antetokounmpo cette nuit. Parce que oui, sa saison est tout aussi historique que celle d’Harden selon certains points de vue. 27-12-5 de moyenne, il n’y a que quatre joueurs qui l’ont fait avant lui : Oscar Robertson, Elgin Baylor, Wilt Chamberlain et Kareem Abdul-Jabbar.

C’est aussi le premier à caler 45 points, 10 rebonds, 5 passes, 5 blocks et 3 paniers à trois-points sur un match. Bon, ces compilations de statistiques ne veulent jamais dire grand-chose parce qu’il suffit d’ajouter ou d’enlever une unité quelque part pour obtenir un match inédit comme la ligue aime tant vendre sur ses réseaux sociaux. Mais ça fait aussi souvent les affaires d’Harden. Pour une fois, ça va dans l’autre sens.

Parce que oui, ce qu’il faut surtout retenir ici c’est qu’il a planté 3 paniers à trois-points, pas mal pour un gars qui est réputé mauvais shooteur, sur un match important. Et encore plus, 5 blocks. Dont 4 sur Embiid ! L’illustration d’un « 2 way player », le meilleur de la ligue, qui est favori à la fois du trophée de MVP et du trophée de DPOY.

Sauf qu’il est tellement régulier que ses performances en deviennent presque banales. C’est parfois le problème des superstars qui nous habituent à des exploits insensés – Westbrook va par exemple finir sa troisième saison de suite en triple-double – au point où nous ne sommes mêmes plus impressionnés. Il y a une certaine monotonie paradoxalement ennuyante pour Antetokounmpo. C’était cette nuit son 42ème match avec au moins 25 points et 10 rebonds. C’est énorme. Mais tout le monde s’en cogne dès qu’Harden claque 50 points et 11 passes décisives un soir. Et c’est de bonne guerre. Il manquait donc à Giannis une rencontre référence pour marquer les esprits. Il l’a donc fait cette nuit, à quelques jours du vote pour le MVP. Il ne pouvait rêver meilleur timing.