L’Oracle mérite une meilleure fin

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Golden State Warriors ont peut-être joué le dernier match de leur Histoire à l'Oracle Arena. Une triste défaite... à moins qu'ils n'y reviennent pour le Game 6.

Alors que le Game 4 des finales NBA était presque plié, un « Ô Canada » a été entonné dans les tribunes. Puis des « Let’s go Raptors ». Les supporters de Toronto, dont certains ont parcouru les 4000 bornes qui séparent l’Ontario du Nord de la Californie, se sont fait entendre à Oakland. L’Oracle, ce n’est plus ce que c’était. « Embourgeoisé » par cinq années de domination des Golden State Warriors et une hausse des prix des tickets qui a accompagné les exploits de Stephen Curry et ses camarades saison après saison. Ce changement d’ambiance, même Andre Iguodala l’a pointé du doigt en piquant sa franchise sur le sujet. « Mon meilleur souvenir de playoffs dans cette salle ? La toute première série. C’était top. On n’avait pas encore surtaxé les fans donc c’était bien. »

La foule, moins populaire, est aussi moins bruyante. Au point où Klay Thompson avait été contraint de demander « plus d’énergie » dans la salle. Cette même foule qui a quitté en masse l’Arena avant même la fin de la partie vendredi soir. Alors que c’était potentiellement le dernier match de l’Histoire de la franchise dans cette enceinte mythique. Ce serait une fin bien triste, avec une nouvelle défaite contre Kawhi Leonard et ses partenaires.

Sauf que ce n’est justement pas fini. Les joueurs des deux camps insisteront là-dessus. Ceux de Toronto parce qu’ils ne veulent pas se relâcher et célébrer un titre qu’ils n’ont pas encore gagné. Ceux de Golden State parce qu’ils sont en mission et ont intérêt à se persuader que remonter une situation aussi complexe – 1-3 avant un prochain match à l’extérieur – est possible. Ils en savent quelque chose.

La salle historique des Golden State Warriors

On peut supposer qu’une équipe menée 1-3 et déjà doublement sacrée par le passé n’a pas besoin de se chercher des sources de motivation supplémentaires pour gagner le Game 5 au Canada. C’est « Win or Go Home ». Mais même le succès devient routinier et on a vu depuis le début des finales (et même tout au long de la saison) que les Dubs étaient usés. Mentalement. Physiquement. Ce run historique de cinq finales consécutives – une première depuis les Celtics des années 60 – les a épuisés. Alors s’ils ont besoin d’une raison en plus de le faire, ils peuvent repenser à l’Oracle Arena. C'est d'ailleurs sur cet aspect que Steve Kerr a joué en cours d'exercice en rappelant à ses troupes qu'ils disputaient leurs dernières sorties « chez eux ».

Cette salle est légendaire et elle a un rapport très particulier avec les joueurs de sa franchise. Bien plus que d’autres publics en NBA. Comme le mettait en lumière The Undefeated dans un excellent reportage, l’atmosphère y est différente. C’est (c’était…) la salle du peuple. Noir, jaune, blanc, peu importe la couleur de peau… un facteur malheureusement si souvent important aux Etats-Unis. Les habitants d’Oakland se mélangeaient à la salle, quelles que soient leurs origines. Pour chérir leurs Warriors.

Gagner le Game 5 et revenir à l’Oracle pour le Game 6, Curry et compagnie le doivent à leur public. Pour un dernier match. Une dernière ambiance de feu. C’est une page de l’Histoire de l’organisation qui va se tourner avec le départ pour le Chase Center de San Francisco. La fin de quelque chose de grand. Un peu le symbole de cette dynastie sur le point de s’éteindre. Partir sur un dernier titre serait grandiose.

L'âme de l'Oracle Arena