A Milwaukee, on croit toujours en Jabari ?

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Jabari Parker est restricted free-agent cet été. Les Milwaukee Bucks doivent se pencher sur son cas après quatre années de déceptions liées aux blessures ?

Jabari Parker a été drafté en NBA il y a quatre ans presque jour pour jour. Fantastique au lycée, excellent à la fac, le Dukie n'a en revanche pas connu le même succès en NBA. Alors qu'il va devenir restricted free-agent dans quelques jours, Parker est l'un des joueurs les plus intrigants du moment.

Que vaut-il vraiment ? Son niveau réel est-il simplement voilé par les graves blessures au genou rencontrées en décembre 2014 et février 2017 ? Quel est son positionnement optimal sur le terrain ? Milwaukee, marché peu attractif pour les gros poissons en fin de contrat, peut-il se permettre de laisser filer un joueur avec son potentiel supposé ? Autant de questions que vont devoir se poser les Bucks et les courtisans qui ne manqueront pas de tenter le coup. Car il y aura bien au moins une équipe pour mettre la pression sur Milwaukee et brandir un contrat juteux à l'ailier de 23 ans. Mark Bartelstein, son agent, est l'un des plus réputés de la profession et sa spécialité est justement de maximiser les deals signés par ses clients. Un paramètre à surveiller au moment de l'ouverture des discussions.

L'équipe désormais coachée par Mike Budenholzer a plusieurs problématiques à gérer, mais une occupe forcément les esprits en priorité : tout faire pour que Giannis Antetokounmpo ait envie de passer les prochaines années dans le Wisconsin. Si l'équipe est un tant soit peu compétitive, les chances des Bucks sont réelles, tant le "Greek Freak" ne semble pas attiré par les gros marchés pour le moment. Mais cela implique de renforcer l'effectif ou de sécuriser les atouts qui y figurent déjà. On sait que Khris Middleton en est un, son excellent premier tour de playoffs contre les Celtics l'a rappelé. Quid de Jabari Parker, bien moins à l'aise face à Boston ?

Des ailiers qui ne savent que scorer, il y en a un paquet

Ce dernier est pour le moment bloqué entre les promesses offensives affichées au poste 4 et les limites entrevues. Fort logiquement, on a pu noter une baisse de ses qualités athlétiques après deux ruptures des ligaments croisés du genou. Depuis son retour, on ne l'a pas non plus vu particulièrement inspiré en défense - c'est un euphémisme - l'une des lacunes qui l'accompagnent depuis ses débuts. Des ailiers capables de tourner à 15 ou 20 points de moyenne par match sans autre forme de production, la ligue en regorge et Milwaukee pourra toujours en dégoter un à moindre frais. C'est la capacité théorique de Parker à être un "4" moderne qui laisse penser que la direction des Bucks est prête à continuer de croire en lui.

Les 6 matches qu'il a disputés en avril avant la série face aux Celtics peuvent servir de référence à Budenholzer. Jabari Parker a tourné à 19.5 points et 8.3 rebonds de moyenne à 49.5% d'adresse globale et 45.8% à 3 points (4 tentatives par match). En post-saison, il a connu deux trous d'air lors des deux premières rencontres (2 points et 0 points), avant de se reprendre et d'être un asset intéressant au scoring (17, 16 et 17 points sur les games 3, 4 et 5) et au rebond (8 et 11 prises sur les games 5 et 6), avec un temps de jeu quasiment toujours inférieur à 30 minutes.

L'arrivée d'un nouveau coach, avec une philosophie a priori bien différente de celle de Jason Kidd et de l'intérimaire Joe Prunty, pourrait être salutaire pour Parker. Les rumeurs sur la supposée réticence d'Antetokounmpo à évoluer avec lui ont été rapidement balayées par le Grec, persuadé que "son pote Jabari et lui vont jouer dans la nouvelle salle de Milwaukee ensemble". Encore faut-il désormais qu'il y ait bien prolongation et que l'alchimie opère sur le terrain. Bien "planqué" défensivement et mis à l'abri des blessures, Jabari Parker peut être une vraie plus-value pour Mike Budenholzer ou n'importe quel autre coach qui se le verra offrir.

On sait que les Dallas Mavericks, les Sacramento Kings, les Chicago Bulls (sa ville de naissance) et le Utah Jazz (l'état où il pourra le plus facilement exercer sa foi mormone) surveillent sa situation.