Jacques Monclar : « Profitons de l’excellence ! »

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Le game 1 des Finales NBA entre les Golden State Warriors et les Cleveland Cavaliers approche. On a intercepté Jacques Monclar, qui sera évidemment sur place pour beIN Sports, avant qu'il ne décolle pour Oakland.

Comme chaque année désormais, Jacques Monclar fera vivre les Finales NBA aux spectateurs de beIN Sports sur place, au côté de Xavier Vaution et Rémi Reverchon. Après un Facebook Live avec les fans de NBA Extra mardi matin (à 10h30) en compagnie de Mary Patrux, il s'envolera pour Oakland, où se tiendra le game 1 entre Golden State et Cleveland. 

On espère tous voir une série accrochée et un peu folle comme l'an dernier, mais avec le niveau des Warriors sur le papier, ça risque d'être un peu compliqué, non ?
Jacques Monclar : Les deux premiers matches seront fondamentaux. Si Golden State les gagne, Cleveland ne sera pas champion. Le coup de l'an dernier est trop dur à refaire. Un jour une équipe remontera peut-être un 3 à 0, qui sait, mais là non... C'est vrai que contrairement à 2015 et 2016 les Warriors et Curry en particulier arrivent en pleine forme. J'avais d'ailleurs trouvé très noble le fait qu'il n'avance pas ses problèmes physiques comme excuse l'an dernier. J'aurais aimé voir les Cavs avec Andrew Bogut pour jouer "big". Si tu joues les Warriors en small ball, c'est presque mort. Popovich n'était pas si loin de trouver un antidote avec Kawhi Leonard plus deux big men, mais il n'a pas pu pousser l'expérience... Je ne dis pas que ça aurait suffi, mais ça a quand même fait tiquer Golden State.

Même si Cleveland joue "big", les Warriors ont maintenant un peu de répondant de ce côté-là aussi...
JM : Quand j'ai dit au début de la saison que JaVale McGee serait déterminant pour les Warriors, on m'a pris pour un fou. Son impact est important ! Je ne pense vraiment pas que l'on verra tant que ça des line-up avec Draymond Green en 5, KD et trois extérieurs. Tactiquement, il y a quand même des coups à tenter pour Cleveland. Dans une approche small ball, Green va se retrouver à défendre sur Tristan Thompson, qui peut le dominer par la taille. Mais s'il se retrouve à gérer Kevin Love, ce ne sera pas tout cuit non plus. Qui dit défendre sur lui, dit défendre plus loin du rebond et laisser de l'espace près du cercle.

Draymond Green, justement, est un peu un personnage central de ce troisième volet. On ne peut pas lui imputer complètement la défaite de l'an dernier, mais... 
JM : (Il coupe). Ah mais c'est complètement de sa faute et il l'a reconnu ! Il est tombé dans le piège et s'est fait prendre par la patrouille. C'est ce qui arrive quand on joue avec autant d'agressivité et les jambes fuyantes. Il sait très bien ce qu'il doit faire cette saison et il m'a l'air prêt à rattraper le coup. Par contre, on en parle comme d'un possible MVP, mais pour moi le mec qui va tenir les rênes et être décisif, donc possiblement MVP, c'est Kevin Durant. Attention aussi, si Cleveland gagne, à Kyrie Irving. Steph Curry ne va pas s'amuser. Ce gamin est né pour les gros matches et là c'est une série qui va en contenir un paquet.

"Le comportement de Steve Kerr est admirable"

La facilité avec laquelle les deux équipes se sont qualifiées fait débat. Certains sont ravis de vivre à une époque où deux équipes aussi fortes s'affrontent, alors que d'autres déplorent les superteams et la possibilité que celles-ci soient formées...
JM : Au foot les mecs se réjouissent quand c'est du Real-Barça en finale des compets, mais en basket ça râle... Je me fous pas mal de ça. Profitons de l'excellence des joueurs, des équipes et de la qualité incroyable du basket qui est proposé, bon sang ! Bien sûr que c'est génial qu'on ait le droit de voir encore une fois ces deux équipes s'affronter. Il faut saluer ça. Ce n'est pas de leur faute si Houston a pété en l'air (sic) en cours de route, si les Clippers et le Jazz ont atteint les limites que l'on prévoyait et si San Antonio, même s'ils en avaient les moyens à la base, n'a pas pu jouer le coup à fond. A l'Est, Boston a pris date et c'est intéressant. Mais je le répète, réjouissons-nous de voir des Finales comme celles-là !

On ne sait toujours pas si Steve Kerr pourra coacher son équipe. Est-ce que ça peut être un facteur déterminant ?
JM : Mike Brown sera là et il a de l'expérience, même si le staff a été pas mal renouvelé et qu'il ne reste quasiment plus que Ron Adams. Ensuite, c'est vrai que c'est évidemment mieux pour les joueurs de voir leur coach au bord du terrain. Mais il ne faut pas croire qu'il sera complètement absent de l'événement. Contre les Spurs, il était déjà intervenu à la mi-temps du game 1 et on a vu que les Warriors ont appliqué ce qu'il voulait. Il aura forcément de l'influence sur son groupe. C'est un problème de santé grave et j'ai beaucoup de respect pour la manière dont il gère ça. Son comportement est admirable, je lui tire mon chapeau.

On parle beaucoup du fait que LeBron James est en train de sortir un peu de l'ombre de Michael Jordan. Est-ce qu'il y a un enjeu de ce côté-là aussi pour lui dans ces Finales ?
JM : Honnêtement, les comparaisons individuelles entre des joueurs d'époques différentes m'importent peu. Ce que je sais, c'est que LeBron James est le meilleur joueur du monde depuis plus de 10 ans et que c'est incontestable. Si on veut se projeter sur sa postérité, avec 4 titres il serait au niveau de TP et Ginobili, un poil derrière Duncan et Kobe, puis derrière Jordan. Le plus intéressant, c'est le nom de l'équipe qui gagne, pas forcément celui de son MVP. C'est ça que je veux savoir.

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