La NBA doit arrêter de laisser James Dolan se comporter en tyran

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les New York Knicks ont été sanctionnés 50 000 dollars par la NBA après un nouveau caprice de leur propriétaire James Dolan.

R.J. Barrett, troisième choix de la draft 2019, a été présenté à la presse de Manhattan hier. Tous les journalistes du gotha de Gotham étaient présents pour l’événement. Tous ? Presque. Les membres du New York Daily News, pourtant l’un des principaux papiers de la grosse pomme, n’ont pas été autorisés au sein du Madison Square Garden. Et il est difficile de ne pas voir un rapprochement entre les critiques formulées par le NYDL envers James Dolan, le propriétaire des New York Knicks, et ce qui ressemble fortement à des représailles du milliardaire. Il n’aime pas leurs contenus et il a donc puni à sa manière les représentants de ce média. Honteux.

La NBA a réagi dans la foulée suite aux nombreuses réclamations d’autres journalistes. La ligue a infligé une amende de 50 000 dollars à l’organisation. En effet, le règlement stipule que les franchises doivent garantir un accès égal à tous les médias. Comme si ça ne suffisait pas, les Knicks se sont moqués du monde au moment de commenter la sanction. Ils ont assuré « ne pas avoir compris les règles » et pensaient que cet événement fonctionnait par « système d’invitations ».

Les nouveaux rookies sont présentés chaque année lors d’une conférence de presse mais la direction découvre seulement son mode de fonctionnement ? Bien sûr. Partant du principe que les dirigeants pensaient qu’ils avaient le droit d’inviter qui ils voulaient, ils ont invité tous les médias sauf le New York Daily News mais ce n’est pas une punition ? Bien sûr. James Dolan est sans limite. Surtout que ce n’est pas la première fois qu’il s’en prend à ce canard. Déjà en décembre, il avait refusé l’accès à un entretien de la presse avec le Président des Knicks Steve Mills.

Il avait même déclaré que c’était là un « message » pour le Daily News. Mais quel message si ce n’est celui d’un homme riche, puissant et égocentrique qui profite de son pouvoir pour imposer sa loi ? Rappelons que le propriétaire a aussi banni du Madison Square Garden de nombreux supporters qui ont osé remettre en question ses façons de faire. Dont la légende du club Charles Oakley. Ridicule.

Et que fait la NBA ? Rien. Peut-elle vraiment agir, c’est une question délicate. Il était « facile » de déloger Donald Sterling qui avait tenu des propos racistes. Virer James Dolan de ses fonctions seraient sans doute mal perçu par les autres propriétaires qui auraient sans doute peur que cela serve de jurisprudence et que ça leur retombe dessus un jour ou l’autre. C’est la salle de Dolan. Sa franchise. Si la ligue vient à lui interdire de faire ce qu’il veut avec ses propres biens, où est la limite pour les autres proprios ? Le faire partir sans qu’il y ait la trace d’un délit (harcèlement sexuel, moral, agression ou propos racistes) semble plus compliqué.

Mais Adam Silver peut au moins infliger de plus lourdes amendes à son propriétaire. Au passage, si les Knicks sont si mal en point aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Le succès d’une franchise part de tout en haut. Et James Dolan est catastrophique. Il est même l’une des principales raisons pour lesquelles une star comme Kyrie Irving semble mieux partie pour signer avec les Brooklyn Nets – alors qu’il veut jouer à New York – cet été.