James Harden en route vers le MVP ?

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

On y croyait pas après le début de saison des Rockets, mais James Harden est redevenu un candidat extrêmement sérieux à sa propre succession.

Ces dernières années, chaque vainqueur du trophée de MVP a pu s'appuyer sur un moment-clé qui a fait basculer ou a conforté l'opinion des votants.

2014 : Kevin Durant claque 51 points et le panier de la gagne à l'arrachée face aux Raptors.

2015 : Stephen Curry humilie Chris Paul.

2016 : Stephen Curry marque depuis le parking pour tuer OKC.

2017 : Russell Westbrook bat le record du nombre de triple-doubles sur une saison.

2018 : James Harden casse les chevilles de Wesley Johnson et prend plusieurs secondes pour savourer avant de marquer à 3 points.

Dans cette campagne 2019, l'instant iconique en faveur de James Harden pourrait bien être ce shoot phénoménal à 3 points en prolongation contre les Warriors la nuit dernière. Malgré la présence de Klay Thompson et Draymond Green pour lui barrer la route, l'arrière All-Star a fait mouche à une seconde du buzzer pour provoquer un silence de cathédrale à l'Oracle Arena.

Une lutte avec le Greek Freak jusqu'en avril ?

Il floppe. Il marque plus de lancers francs que de tirs. Il a le droit de marcher sans que les arbitres ne le sanctionnent. On a tout entendu sur Harden depuis le début de la saison. Les critiques sur le MVP 2018 et son style sont acceptables. Mais aujourd'hui, elles doivent faire place à la plus stricte objectivité. Le barbu en chef des Houston Rockets est sur une lancée absolument monstrueuse depuis plus d'un mois et il est en train de mettre tout le monde d'accord. S'il avait déjà haussé le ton avant que Chris Paul ne retourne à l'infirmerie, James Harden est tout simplement lancé sur un run historique en termes de production offensive.

En se concentrant uniquement sur ses cinq derniers matches, tous disputés contre des adversaires valeureux (OKC, Boston, New Orleans, Memphis et Golden State), on s'aperçoit que le meilleur scoreur de la ligue a inscrit à chaque fois au moins 41 points et s'est offert deux triple-doubles. Le volume de shoots aurait de quoi faire pâlir son ami Russell Westbrook (35 shoots contre le Thunder, par exemple) et l'adresse est un poil vacillante, mais la faculté de l'intéressé à provoquer des fautes et à aller sur la ligne (27 fois contre Memphis) est insensée. En l'état, il est impossible de défendre sur Harden sans y perdre un maximum de plumes. Sur drives, from downtown ou depuis son lieu de villégiature préféré, la fameuse ligne des lancers, il sanctionne dans les grandes largeurs.

A tel point qu'après son mois de décembre surnaturel qui a permis à Houston de presque complètement gommer son entame de saison catastrophique en termes de bilan, on peut se demander si Harden n'a pas déjà bouleversé la hiérarchie hypothétique dans la course au MVP. Jusqu'à ce fameux exploit à l'Oracle, il y avait à peu près consensus. La première place des Milwaukee Bucks au général et ses statistiques affriolantes (26.3 points, 12.6 rebonds et 6.1 passes) donnaient à Giannis Antetokounmpo une bonne tête de vainqueur à l'instant T. La folle remontée des Rockets au classement et les one-man shows de James Harden poussent à reconsidérer cette position. En tenant une cadence même un peu inférieure tout en continuant de tracter Houston vers une place plus digne de son rang, le #13 texan va vite redevenir le favori de cette MVP race. Aujourd'hui, le groupe de Mike D'Antoni n'est plus qu'à 3 victoires de la première place de la Conférence Ouest.

Ce que l'on peut déjà déduire de ce run phénoménal, c'est que James Harden est un homme de parole. Il y a quelques semaines, il avait ainsi assuré que conserver son titre de MVP était très important pour lui et qu'il y arriverait. Il y avait de quoi être sceptique au vu des difficultés des Rockets, mais la promesse de tout faire pour rester dans la discussion a été tenue. Rendez-vous en avril, puis à la fin de la saison (malheureusement les NBA Awards sont programmés après les Finales...) pour voir jusqu'où le "Bearded One" a entretenu la possibilité d'un back to back.